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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Halka

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Sur la plage pas du tout abandonnée...
Tanger.


Les senteurs vespérales et délicates du jasmin, des orangers, des lauriers-fleurs dans les jardins du palais Mendoub...
Le parfum iodé de l'océan atlantique.


Et la plage, donc...
Sur cette plage, des acrobates.
Des familles d'acrobates, se transmettant leur art de générations en générations. Un art provenant de la tradition guerrière, une acrobatie devenue un art circassien.


Les artistes du Groupe Acrobatique de Tanger sont issus de cette tradition-là.
La famille Hammich constitue la base de ce groupe constitué de douze acrobates, deux jeunes femmes et dix hommes, ainsi que deux musiciens.

Les costumes traditionnels se mêlent aux tenues contemporaines de tous les jours, comme pour souligner la transmission de la tradition, le présent ne reniant nullement le passé.

Le Groupe Acrobatique de Tanger, on le connaît en France depuis 2004, lorsque Aurélien Bory nous le fit découvrir dans le spectacle Taoub. Depuis, ils en sont à leur quatrième spectacle.


Ces quatorze-là nous proposent aujourd'hui un spectacle à couper le souffle !
Une heure d'époustouflantes figures acrobatiques, avec de multiples saltos à la limite du concevable, des pyramides humaines à trois et quatre étages, des portés stupéfiants défiant presque les lois de la physique.
Les artistes sont vraiment impressionnants de maîtrise technique, de virtuosité, d'énergie, de force et de puissance.

La scène d'ouverture avec les fachas, ces ceintures de tissus enroulées autour de la taille des apprentis-circassiens, cette scène-là est époustouflante !

Mais le côté physique ne constitue nullement le seul intérêt du spectacle.

C'est également un spectacle très chorégraphié, avec notamment des tableaux utilisant des djefnas, ces bassines de métal à la fois utilisées pour la lessive et comme instrument de fête dans les mariages.
Leur utilisation détournée est prétexte à des moments très étonnants et passionnants.

Un spectacle graphique également.
Le sable.

Ce sable de la plage arrivé des cintres sur le plateau du théâtre, qui laisse des traces calligraphiées sur la scène, sous les pieds des artistes, rappelant évidemment la merveilleuse délicatesse de l'écriture arabe.

La musique est très présente.
Tradition et modernité là aussi : la darbouka, le qanbus (l'instrument à cordes avec une caisse tendue de peau animale), le nay (la flûte arabe), le bendir (le tambourin) se mêlent aux loops rythmiques et aux samples pré-enregistrés.
Le chant tient également une place importante, avec notamment une douce complainte interprétée par une jeune artiste. Une chanson qui parle du soleil, de la lune, des sources de lumière, cette lumière si importante.

Et puis c'est un spectacle où l'humour tient une place privilégiée.
Les acrobaties sont accompagnées de facéties, certains membres du groupe étant également de vrais artistes burlesques.
On rit beaucoup, entre deux frissons.

Durant cette heure qui passe beaucoup trop vite, règne un intense sentiment festif.
La fête, la joie, le plaisir de s'exprimer par le corps, de jouer pour le public, la vraie prise de risques physiques aussi, tout ceci règne en permanence.
Sans oublier l'esprit de troupe, l'esprit de famille, omniprésents.

C'est un spectacle fascinant à découvrir en famille !
Ou bien en classe, comme les élèves du collège André-Malraux de Montereau-Fault-Yonne, dont les yeux brillaient à la sortie de la représentation !

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Il reste quelques places à la Scène Nationale de Sénart, pour les jours à venir. (Le lien se trouve juste en dessous du papier.)
Si vous résidez dans les environs, ou si vous pouvez vous déplacer, n'hésitez pas !
Venez découvrir ce prodigieux spectacle !

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