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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Le concert de Paris 2019

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Il avait chaussé ses souliers tricolores, le grand ordonnateur de la soirée !
14 juillet oblige !
Pour cette septième édition, co-produite par France 2 et Radio France, Stéphane Bern, smoking bleu, cheveux désormais lissés, raie à gauche, présentait le désormais traditionnel concert classique sur le Champ de Mars.


Au pied de la Tour Eiffel qui fêtait ses cent-trente printemps, nous étions quelque 500 000 spectateurs réunis, certes pour ce grand barnum médiatique, mais également pour le somptueux feu d'artifice qui devait suivre ces deux heures et demi de spectacle.


Cette année, plusieurs artistes se partageaient la vedette.


En tout premier lieu, il convient de mentionner le magnifique Orchestre National de France, et le non moins magnifique chœur de Radio France. (Les choristes adultes seront rejoints par quelques jeunes de la Maîtrise de Radio France que dirige l'excellente Sofi Jeannin).


A la tête de tout ce beau monde, le chef Alain Altinoglu, qui tirera le meilleur de tous ces grands musiciens.

 

Il faut être très clair. Ce concert, c'est avant tout une volonté des deux chaînes du service public, télé et radio, de proposer une soirée musicale à la fois populaire et de qualité !
Nous assisterons donc à deux heures de « tubes » classiques.
Il est donc hors de question de chercher dans le programme des œuvres rares ou inédites.


Des stars vont se succéder sur la scène du Champ-de-Mars.


En tout premier lieu, Roberto Alagna et son épouse à la ville comme bien souvent à la scène, la soprano Aleksandra Kurzak.


Le ténor interprétera quelques airs du répertoire, ainsi qu'une version de « La mama », de feu Charles Aznavour. A ses côtés, la guitariste virtuose Xuefei Yang. (Un peu plus tard, elle nous donnera le célèbre Concerto d'Ajanjuez.


Le célébrissime ténor interprétera également le très connu duo de La Périchole « Vous a-t-on dit souvent », avec Gaëlle Arquez. Les fans d'Offenbach, dont votre serviteur, se régalent !


Sans oublier l'air « Rachel, quand du Seigneur », tirée de l'opérette La Juive, de Fromental et Halévy.

Et puis le couple nous chantera le fameux « 
Heure exquise qui nous grise », de Franz Lehar, tirée de l'opérette La Veuve joyeuse.

Autre grand moment de la soirée, l'interprétation de « 
L'ode à la lune », de Anton Dvorak par une autre star, du violoncelle cette fois-ci, à savoir Gautier Capuçon.

Khatia Buniatishvili s'emparera des quatre-vingt huit touches du Steinway pour le 3ème mouvement du Concerto N°1 pour piano et orchestre de Tchaikovski.

Moi, j'étais surtout venu pour Jakub Josef Orlinski !

Etoile montante de la scène lyrique mondiale, le contreténor polonais a illuminé la soirée !
Il nous a donné le fameux air « Vedro con moi diletto » d'Antonio Vivaldi, tiré de son opéra Giustino.
Les notes et la voix du jeune chanteur semblaient monter au ciel, en passant par le dernier étage de la Tour Eiffel.
Une grande émotion saisit alors tous les spectateurs.

Une ovation salua la prestation de Jakub Josef Orlinski !
(Un artiste lyrique contreténor par ailleurs spécialiste de break-dance, comme devait nous le prouver un sujet pré-enregistré, diffusé par le réalisateur de la soirée, François ­Goetghebeur.)

Au cours de la soirée se succéderont la célèbre ouverture de Carmen, « 
La habanera », la danse hongroise N°5 de Brahms, « La danse du sabre » de Aram Katchaturian, le « Va pensiero » de Verdi, « Le veau d'or » du Faust de Gounod, autant d'autres « tubes » qui seront donnés pour le plus grand plaisir de tous.

Sans oublier pour terminer l'hymne européen, la célèbre « Ode à la joie », avec les quatre Aleksandra Kurzak, Gaëlle Arquez, Roberto Alagna et René Pape.

Et puis 14 juillet oblige, une Marseillaise finale, dans la version orchestrée par Hector Berlioz.
L'ordonnateur aux chaussures tricolores sus-nommé est au garde-à-vous sur la scène !

Les petits drapeaux tricolores et européens s'agitent alors frénétiquement.
J'ai pu noter au passage sur l'un des fanions bleu-blanc-rouge distribués au public une mention revendicative : « 
Des sous pour Radio-France » ! Le message est clair !

Il sera l'heure alors pour Alain Altinoglu de lancer ses musicales troupes pour une dernière œuvre « 
Also sprach Zarathustra », de Richard Strauss.
La dernière note est enchaînée avec les infra-basses qui débutent la bande-son du gigantesque feu d'artifice !
La société pyrotechnique Ruggieri peut être fière de ses employés !

On l'aura compris, oui, le service public radio-télé peut proposer un spectacle de très grande qualité, populaire et accessible par tous, qui plus est diffusé en direct dans trente-cinq pays.
Quelque quatre-cent-cinquante techniciens étaient mobilisés pour l'occasion !

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