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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Blax, the Musical

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Blax is beautiful !


Welcome to the Brown Sugar Club, 110st Street, Harlem, New-York, USA.
Nous y sommes accueillis par le titre Pusherman, de Curtis Mayfield !
Le ton est immédiatement donné.

Simon Leblond, l’auteur et le metteur en scène de cette remarquable comédie musicale, Les Brown Sugar, son directeur artistique nous embarquent dans leur machine à remonter le temps.
Back to the seventies !

Pour le visuel, pattes d’eph’, coiffures afro, imposantes rouflaquettes, manteaux de fourrure, impressions panthère, petites robes en lamé et à franges à la Tina Turner.


Pour la bande-son, pédale wah-wah et cocottes à la guitare électrique, nappes de violons, rythmique d’acier basse-batterie pour le funk en fusion de James Brown, Isaac Hayes, Bobby Womack, Marvin Gay, and so on…

Ce petit bijou de spectacle musical est un hommage à la blaxploitation, ce courant cinématographique des années 70’ dans lequel des artistes afro-américains vont revendiquer de figurer en tant que héros, et non plus se contenter des seconds, voire troisièmes rôles.

Un mouvement cinématographique accompagnant évidemment le mouvement social que l’on sait, en faveur des droits de la population noire américaine.

Nous allons retrouver pour notre plus grand plaisir tous les codes de ces films, tels que Shaft, Black girl, Blacula (si si…) ou encore La panthère noire de Harlem.

Le fil conducteur de ce spectacle est simple : nous faisons la connaissance et nous suivons les aventures de quatre enfants du quartier, une zone territoriale en proie à la guerre des gangs pour la possession et la distribution de la Shining Star, la coke la plus pure jamais élaborée. (Je n’ai pas goûté, je suis du genre à faire confiance, moi...)

En guise de décor, un comptoir de bar, une scène et un podium.

En fond de scène, un mur de sunstripes et de projecteurs asservis. Grosse production technique !

Ces quatre personnages, et d’autres, plus secondaires, sont interprétés par un quatuor de haut niveau : Rachel Gardner-Smith, Myriana Hatchi, Eric Vincent et Orlando Louis vont nous enchanter.
Purement et simplement.

Sur une bande-son d’enfer (je défie quiconque de rester de marbre et de ne pas bouger en écoutant tous les titres diffusés), ces quatre artistes complets se dépensent sans compter.
Chanteurs, danseurs, comédiens, acrobates, cascadeurs (Ah ! Ces combats de kung-fu), on sent évidemment une très solide formation en matière de comédie musicale.

Des bien beaux tableaux chorégraphiés avec précision provoquent immédiatement l’adhésion du public.

Durant une heure quarante, ça va pulser, ça va groover !


De grands moments émaillent le show. Nous rions énormément, car un décalage envers tous ces codes et autre clichés existe bel et bien.

Les comédiennes et les comédiens ont une sacrée vis comica ! Les double-takes, les ruptures, les travestissements, les gestuelles et les mimiques sont épatants !

De plus, les hommages appuyés à un certain Quentin Tarantino sont jubilatoires. On pense à bien des scènes cultes, détournées pour notre plus grand plaisir.

Des dialogues percutants provoquent très souvent de grands rires dans la salle.

(Sans compter que l’on nous prodigue de très bons conseils, notamment en matière de disparition d’un cadavre sans pour autant contribuer au dérèglement climatique… l’humour noir est également présent.)

Ces quatre-là font preuve d’une grande cohésion, et d’une grande cohérence artistique. Eux aussi s’amusent, c’est évident.
Une sacrée énergie, des ondes on ne peut plus positives se dégagent de tout ceci.

Ils sont tous amplifiés, au moyen d’un micro serre-tête.
Il faut noter la grande qualité de la restitution sonore de toutes les sources, la grande précision et l’équilibre général de l’ensemble.

Un ingé-son tope en direct les bruits des coups, des tirs de pistolets, des kicks dans les combats. Tout est millimétré.
(Alors oui, hier, quelques pépins techniques ont eu lieu. Les machines ne sont que des machines et peuvent tomber en panne. Les artistes, grâce à leur talent et à leur métier ont su faire en sorte que le spectacle ne pâtisse nullement de ces quelques « pains » numériques…)

 

En tout cas et quoi qu'il en soit, on ressort du Lucernaire en en ayant pris plein les yeux et plein les oreilles !
C’est un spectacle qui fait du bien, et qui vous redonne un sacré punch !

Que vous soyez badass ou pas, quelle que soit votre marque préférée en matière de whisky, il faut venir vous replonger dans ces années plus que folles et dans ce formidable courant musical.

Who's the black private dick
That's a sex machine to all the chicks? (Shaft !)
You're damn right !

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