Jean Piat, pièces d'identité

Publié le par Yves POEY

Jean Piat, pièces d'identité

Ils sont venus, ils sont tous là.
Il les a convoqués, ils ont répondu à l'appel, les Cyrano, Don César, Bois d'Enghien, Figaro, sans oublier les Cléante, Lagardère et Robert d'Artois.

Pendant une heure délicieuse, Jean Piat, l'un des monstres sacrés de la scène française, revisite sa carrière, en livre mille et une anecdotes plus savoureuses les unes que les autres.
Bien entendu, son monologue est entrecoupé de morceaux de bravoure théâtraux, des tirades éternelles, mais aussi une fable de La Fontaine, ainsi que des poèmes.
Et c'est dans ces moments-là que véritablement l'on comprend la nécessité qu'a ce fringant jeune homme de dire des textes.

Ah ! Cette voix reconnaissable entre mille, et qui n'a rien perdu de son intensité !
Il faut l'entendre, Piat, passer du registre du murmure à celui de l'envolée lyrique tonitruante, le tout mis en valeur par l'exceptionnelle acoustique des Bouffes Parisiens.
Il faut écouter cette jouissance à dire les mots, à les articuler, les prononcer, en détacher les syllabes, les phonèmes...
Il faut se rendre compte de cette volupté à prendre à bras le corps un texte, comme un sculpteur son morceau de marbre, comme le peintre sa toile vierge, pour en tirer la substantifique moelle !
C'est un vrai bonheur, qui n'est plus donné tous les jours.

Jean Piat n'a rien perdu de sa faconde, de sa verve, de son énergie, de son amour du texte.
Il le dit lui-même : "je joue pour ne pas m'ennuyer, parce que j'en ai besoin".
Ce besoin, le public le ressent tout au long de cette heure merveilleuse.
Ah ! Au fait ! j'allais oublier.
Jean Piat le dit lui-même au début du spectacle : il est né en 1924.
Je vous laisse calculer.

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