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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Chevallier, culturellement mal-pensant

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Sonnez buccins, trompettes et olifants !
Résonnez tambours !
Que l'on sorte le gonfanon, que l'on fasse mander le connétable !
Le Chevallier arrive sur scène !


Bon ! Evidemment, une fois la musique envolée, il nous explique qu'il n'aura ni armure, ni heaume (que nous sommes priés de ne pas confondre avec un casque, nous, nous n'avons pas eu de formation...), et ceci à cause de trois mailles rouillées de la cotte du même nom.


Oui, Philippe Chevallier entre sur le plateau sans son habituel compère et complice Laspalès, qu'il ne pourra s'empêcher de « vanner » gentiment plusieurs fois dans le spectacle. Nous voici rassurés : les deux artistes ne sont apparemment pas en froid.


Pendant une heure et quarante cinq minutes (peu de stand-upers peuvent se permettre de tenir leur public pendant cent cinq minutes), le comédien va nous proposer un spectacle délicieusement désuet, volontairement suranné au second degré. Son ton docte et suffisant (lui a reçu une formation, vous dis-je), ce ton-là est irrésistible.

 

Il l'avoue lui-même, à plusieurs reprises, en employant des expressions complètement obsolètes, plus ou peu employées de nos jours. (Je vous laisse évidemment découvrir).
De toute façon, la technologie moderne et Internet, ce n'est pas pour ce type qui est en scène !


Philippe Chevallier va nous faire faire la connaissance de plusieurs personnages plus ou moins décalés, c'est un euphémisme, comme par exemple son beau-frère, citoyen du Cantal, ou encore cette sublime « pépée » (c'est son terme exact...), rencontrée dans une cage d'ascenseur, qui lui permettra au passage de clôturer brillamment le spectacle.


Le comédien nous délivrera également un élément important de sociologie médicale : l'halitose n'aura plus aucun secret pour nous.


Plusieurs volets plus politiques nous sont aussi dévoilés.
Notamment un assez long passage concernant les funérailles de François Hollande, aboutissant sur un moment vraiment drôle, ou encore une charge mais alors une vraie charge contre Madame Hidalgo, ci-devant Maire de Paris.
(Ces deux-là n'auront pas passé le réveillon du nouvel an ensemble, c'est certain...)

 

Le spectacle est remarquablement construit, les transitions sont subtiles. Nous sommes devant un comédien qui a du talent et du métier. Les calembours et autres jeux de mots tombent à la perfection, participant grandement à ce caractère volontairement un peu désuet du show.

Philippe Chevallier a de la répartie. Il joue avec le public, et sait parfaitement rebondir sur ce que lui retournent certains spectateurs, en l'occurrence, certaines spectatrices ce soir-là.

Il possède également, et c'est assez rare, une certaine forme d'autodérision lorsqu'un jeu de mots n'est pas immédiatement compris du public.

 

On l'aura compris, ceux qui viennent voir Philippe Chevallier faire du Philippe Chevallier ne sont pas déçus, et les applaudissements sont nourris à l'issue du spectacle.
Dis, Régis Laspalès, tu reviendras, quand même ? C'est vous qui voyez !

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