5 Septembre 2026
/image%2F2036187%2F20260904%2Fob_546a5a_capture-d-e-cran-2026-09-04-a-08.png)
Ah ! M’asseoir sur un banc,
Cinq minutes avec toi,
En maillot et sandales ARENA®...
Ce banc, c’est celui qui équipe le vestiaire d’une piscine.
Ce banc, c’est celui qui va voir se dérouler une rencontre, totalement fortuite. L’une de celles que l’on n’oublie pas.
Côté jardin, Franck, la presque cinquantaine.
Côté cour, Julien, un tout jeune adulte.
Bien des choses opposent ces deux-là… Je n’irai pas jusqu’à écrire que tout les oppose, mais nous n’en sommes pas vraiment loin.
L’âge, évidemment, mais aussi le caractère, le parcours personnel de chacun de ces nageurs, mais aussi leur vision de la vie et de l’existence.
Alexandre Testagrossa a écrit un remarquable texte, de ceux que l’on a envie de lire et relire, une fois sorti du théâtre.
Durant soixante quinze minutes purement et simplement passionnantes, nous allons dans un premier temps, à partir des échanges des deux personnages, faire connaissance avec eux, repérer leurs failles, leurs blessures intimes, leurs traumatismes.
Des thèmes fondamentaux seront abordés, de manière toute délicate, tendre ou drôle, tels que la difficulté d’exprimer ses sentiments, la difficulté de communiquer, de parler.
« Pourquoi je reste à lui parler ?»
« Pourquoi je lui raconte ça ?»
Deux questions fondamentales exprimées lors d’adresses épatantes au public.
Le renoncement, les désirs plus ou moins refoulés, les occasions manquées, tout ceci est également abordé avec beaucoup de pudeur.
Tout comme la difficulté de s’engager auprès de l’Autre, que ce soit d’un point de vue humain, amical ou amoureux.
Mais surtout, surtout, nous allons nous attacher à ces deux-là, qui moi m’ont bouleversé.
Oui bouleversé, parce que nous allons assister à l’évolution de leur rencontre et de leur histoire commune.
Sans aucun pathos de mauvais aloi, sans chercher à faire pleurer dans les chaumières, bien au contraire, les deux personnages se livrent devant nous, et font bouger subtilement le curseur de leur relation.
Au fond, cette évolution, brossée à coup de petites touches d’une merveilleuse finesse, nous tient en haleine.
Une sorte de suspens règne : Franck et Julien vont-ils surmonter leurs différences, parviendront-ils à les dépasser ? Et puis surtout qu’adviendra-t-il de cette relation ?
Franck, c’est Alexandre Testagrossa en personne.
Joseph Gabison Interprète quant à lui Julien.
Les deux comédiens sont d’une vérité et d’une justesse phénoménales, et nous font véritablement aimer leurs personnages respectifs.
Oui, aimer.
Les deux comédiens nous font très rapidement nous prendre d’affection pour ces deux hommes fragiles et sensibles, chacun à leur manière.
Messieurs Testagrossa et Gabison ont parfaitement su transposer sur le plateau la distance qui sépare leur personnages.
L’importance des corps, leur rapprochement ou leur éloignement, tout ceci participe pleinement à la réussite de cette entreprise dramaturgique.
Je vous conseille de vous attacher à cette distance physique existant entre Franck et Julien.
La mise en scène repose grandement sur ce concept-là.
Ce spectacle est également l’occasion pour l’auteur de nous démontrer son amour du théâtre et du spectacle vivant, et des problématiques associées venant télescoper celles de la relation des deux hommes.
En effet, une partie importante du texte a pour sujet la mise en scène des différents sentiments qui animent Franck et Julien, par le prisme du procédé du théâtre dans le théâtre.
Le procédé est habile, et fonctionne à la perfection.
C’est donc l’occasion d’entendre une ou deux goguettes jubilatoires, et d’une étonnante version très argentine du générique d’un dessin animé mettant en scène un personnage tout rose.
(Un clin d’œil à une actualité brûlante du show-biz nous fait beaucoup rire ! )
Moi qui ne suis pas plus fan que ça des noirs-plateaux, j’ai beaucoup apprécié leur utilisation, jamais gratuite, permettant d’organiser la scène suivante avec beaucoup de précision et de pertinence.
Je suis sorti de la Folie Théâtre enthousiasmé par tant d’intelligence et de finesse.
On comprend évidemment pourquoi Le poids de l’eau a été l’un des grands succès du dernier festival OFF d’Avignon.
C’est un spectacle incontournable de ce début de saison, qu’il faut absolument découvrir !
Et Sade (la chanteuse, pas le marquis) de nous poser elle aussi une question concernant le sentiment amoureux : " Is it a crime ? "
/https%3A%2F%2Ffolietheatre.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2026%2F06%2FLE-POIDS-DE-LEAU-AFFICHE-WEB-scaled.jpg)
Le Poids de l'Eau - A La Folie Théâtre - Paris 11ème
Un spectacle de Alexandre Testagrossa, issu de notre sélection "Un sujet fort". Du 27 août 2026 au 7 novembre 2026 à 21h30 les jeudi, vendredi et samedi..