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La dame de chez Maxim

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Ah ! Houilles ! Ses champignonnières et ses carrières !
Et ses miracles bien connus !
Tout au moins des admirateurs de Feydeau !

Voici donc un moment théâtral que j’attends chaque année avec impatience.
Oui, j’attends toujours impatiemment la restitution du travail des élèves de Philippe Person et Florence Le Corre, eux qui président à la destinée de l’école dramaturgique du Lucernaire.

Chaque année, c’est pour moi un véritable bonheur que de découvrir ces jeunes apprentis-comédiens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, mis en scène par leurs professeurs à la fois bienveillants et exigeants. (On notera au passage que l’ingé-lumières maison, Tom Bouchardon, a lui aussi participé à cette mise en scène.)

L’an passé, nous avions eu droit à un épatant Fil à la Patte. C’est encore le grand Georges qui va permettre à ces jeunes gens de nous démontrer leur déjà très grand talent !

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Cette pièce créée en 1899 est à la fois la plus longue et celle qui a connu le plus grand succès du vivant de l’auteur.
On comprend donc le défi de taille pour la petite troupe.

Ce défi est magistralement relevé.
Durant deux heures, pour notre plus grand plaisir, va régner une mécanique dramaturgique enfiévrée, à la précision tout aussi diabolique que millimétrée.

Ici, nous sommes vraiment dans tout ce qui fait qu’un Feydeau est réussi.
C’est très très drôle, c’est bouillant d’énergie, c’est d’un burlesque totalement assumé, les répliques fusent, les entrées-sorties sont fulgurantes, une énergie phénoménale est déployée pour ne nous laisser aucun moment de répit !

A leur habitude, Florence Le Corre et Philippe Person ont fait en sorte d’inculquer à leurs ouailles qu’une comédienne et/ou un comédien doit compter sur sa voix, sa diction, sa mémoire, sa compréhension des différents enjeux, mais encore et peut-être surtout et avant tout sur son corps.
Jouer la comédie, c’est avant tout mettre en espace et en mouvement son propre corps.
Ici, cette dimension corporelle est toujours aussi bien mise en avant.

Le burlesque, donc. Tex Avery ou Chuck Jones (celui de Bip bip et le Coyote), ne sont jamais très loin.
Les situations comiques (et elles sont nombreuses) contenues dans la pièce deviennent quasiment surréalistes, déclenchant de nombreux rires de la part des spectateurs qui parfois sont tentés d’applaudir telle ou telle scène, bien avant d’attendre les saluts.
Les poursuites, les chutes, les embrassades, les portés de tel ou tel personnage, tout ceci sera jubilatoire.

Et puis la pièce nous présente un appareil révolutionnaire, le fameux « fauteuil extatique », qui permet lui aussi de mettre en place des moments figés du meilleur effet. C’est d’un drôle !

Une outrance assumée et du meilleur effet est omniprésente. Ici, il est question de maîtriser une forme de « surjeu », qui est le gage là encore d’un Feydeau réussi.
Il y a peu d’espace pour séparer cette outrance très maîtrisée et un cabotinage de mauvais aloi.
Dans ce spectacle, nous sommes vraiment dans la première proposition de la phrase précédente.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Cette pièce compte pas moins de trente personnages.
Il a donc fallu adapter la distribution, et faire jouer à certains comédiennes et comédiens plusieurs rôles. Nous ne serons évidemment jamais perdus.

De très grands moments nous attendent.

Je ne citerai pas le nom des comédiens, comme j’aime à le faire, car la troupe est mentionnée dans le dossier de presse sous le joli nom du Collectif Paradis.
Pour autant, quatre d’entre eux m’ont grandement marqué.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Tout d’abord, j’ai retrouvé l’interprète du général Irrigua l’an passé, ayant endossé cette fois-ci l’uniforme du général Petypon. Il nous gratifie d’une vieille baderne impayable ! De la très belle ouvrage !

Son neveu, Docteur de son état, est lui aussi parfait !
Quelle puissance, quel engagement, quel force comique de la part du comédien !

Et puis deux formidables comédiennes m’ont vraiment impressionné !

La dame de chez Maxim

Le personnage de La môme crevette est campé par une demoiselle gouailleuse à souhait, hilarante, totalement habitée par son rôle,

Et puis, nous avons droit à une interprétation magnifique de Gabrielle, Mme Petypont.
La comédienne est tout simplement formidable.
Ses expressions outrées, extatiques, ses regards affolés, sa démarche étonnante, tout ceci est grandiose !

Cerise sur le gâteau, le spectacle est assaisonné de nombreux running-gags visuels sonores et parfois lumineux, qui prolongent, voire anticipent les rires !

Vous l’aurez compris, il serait fort dommage de passer à côté de ce magnifique moment de théâtre.
Ne manquez pas cette nouvelle pépite de la part des étudiants du 53 de la Rue Notre-Dame des Champs, comme par hasard l’adresse de M. et Mme Petypon.

Vous avez jusqu’au 30 août, mais la salle est pleine à chaque représentation !
Ne tardez pas à aller applaudir cette très grande dame de chez Maxim !

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