2 Juillet 2026
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Je l’aime tant, quand elle fait l’Anne !
Au Lucernaire, et ce jusqu’au 23 août, Anne Baquet fait du Anne Baquet.
Et c’est exactement pour ça qu’on l’adore !
Les fidèles lecteurs de ce site savent mon admiration pour Mademoiselle Baquet.
C’est en effet le troisième spectacle qu’elle nous propose ici même après avoir présenté « ABCd’airs » et « Come Bach », c’est au Paradis, la petite salle tout en haut du théâtre, qu’elle nous propose ce nouveau spectacle, un piano-voix inédit.
Ici, il sera question de nouvelles rencontres entre des auteurs et des compositeurs. Des créations et des reprises, dans les univers multiples et variés que sont le classique, la pop, le jazz ou la chanson.
Nous pénétrons dans la salle et immédiatement, notre regard est attiré par une gigantesque voile. Méfions-nous des apparences : ce grand pan de tissu pourrait bien servir à tout autre chose.
À son piano, Damien Nédonchelle pose ses premières notes. Un joyeux trille.
Et puis la voilà. Une apparition saisissante, totalement inattendue, et qui provoque un premier rire. Des rires, il y en aura beaucoup d’autres…
Et nous de retrouver le talent lyrique d’Anne Baquet. La soprano nous ravit toujours autant de son timbre assez particulier, de sa technique irréprochable, de son impressionnante tessiture. Il serait superfétatoire de rappeler ici l’incroyable parcours de la chanteuse et surtout sa capacité à appréhender tous les répertoires avec le même engagement, la même passion, et la même énergie.
Mademoiselle Baquet nous propose en effet un récital éblouissant. Elle va faire sienne les paroles d’illustres auteurs tels que François Morel, Juliette Noureddine, Franck Thomas, Jean-Jacques Sempé, Georges Moustaki, Paul McCartney, et bien d’autres. Il me faut bien entendu résister à la tentation de la liste des chansons interprétées afin de vous en laisser la surprise.
Mademoiselle Baquet nous rappelle ainsi l’importance de ce genre majeur qu’est la chanson. En trois minutes, il faut installer un univers, des personnages, un décor. Elle, elle y parvient dès les premières secondes. Elle a en effet cette capacité à faire vivre les mots parfois d’un simple regard, d’une simple note, d’un simple silence, parfois.
Chanteuse lyrique, soprano, soit.
Comédienne, clown, mime, danseuse, aussi.
Anne Baquet n’a pas son pareil pour faire fonctionner nos zygomatiques à plein régime. Elle est capable d’allier la plus parfaite des techniques vocales à des facéties burlesques par le biais de gestuelles hilarantes, de mimiques voire de grimaces jubilatoires, de regards malicieux au possible.
Quelle vis comica, quelle puissance comique ! Il faut appeler un chat un chat, la chanteuse est un vrai clown. La dimension corporelle est prépondérante dans son travail. Bon sang ne saurait mentir !
Et quelle précision !
Devant nous, se déroule une mécanique dramaturgique intense et millimétrée.
Gérard Rauber, une nouvelle fois, a réalisé un travail d’orfèvre en la matière.
Un rythme effréné et des enchainements sans aucun temps mort nous attendent.
Pour autant, nous ne sommes jamais dans un registre « de grosse cavalerie potache ». Bien au contraire !
Tout relève d’une très belle subtilité, avec des moments parfois surréalistes, parfois poétiques, parfois tendres.
Chaque fin de chanson est particulièrement travaillée, aboutissant très souvent à une chute « arrêt sur image ».
Parfois, nous sommes tellement pris par ce que nous voyons et nous entendons que nos applaudissements mettent un peu de temps à éclater.
La mise en scène de Gérard Rauber relève aussi d’une dimension verticale. Sans dévoiler plusieurs scènes, il faut insister sur la capacité d’Anne Baquet à prendre de la hauteur.
Il signe également de bien belles lumières, elles aussi très subtiles et qui constituent un parfait écrin au spectacle.
Anne Baquet n’est pas seule sur scène.
Au piano, un autre musicien virtuose, en la personne de Damien Nédonchelle.
Aussi à l’aise dans le domaine de la musique classique, baroque, que dans des moments plus jazz ou plus intimistes, le musicien nous enchante par sa technique, sa sensibilité et son éclectisme.
Au milieu du récital, il nous régale d’une magnifique impro qui sera très applaudie.
Les deux artistes s’entendent comme larrons en foire. Leurs interactions nous tirent elles aussi bien des sourires.
Il faut également noter la capacité des deux à l’autodérision, notamment lorsque la soprano se met à chanter faux. Se livrer à cet exercice lorsque l’on excelle à matière de justesse constitue une vraie prouesse.
Comme elle passe vite, cette heure et quart !
Trop vite même !
Ce spectacle est de ceux qui se dégustent avec délectation, procurant à chaque spectateur un plaisir délicat de tous les instants.
Nous sommes en permanence sous le charme de la chanteuse.
Ne manquez surtout pas d’aller applaudir le nouveau spectacle d’Anne Baquet, ce récital ébouriffant et réjouissant !
Un spectacle incontournable de l’été parisien !
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ANNE BAQUET CHANTE AU PARADIS - Lucernaire
Après avoir présenté " ABCd'airs " et " Come Bach " au Lucernaire, Anne Baquet prend le chemin du Paradis avec un nouveau piano-voix inédit. Elle pense immédiatement à de nouvelles rencontres...
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