13 Juin 2026
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Debout les femmes !
Quel bonheur de retrouver Fatoumata Diawara lors du Festival des Deux rivières, pour cette tournée européenne promouvant son tout nouvel album, Massa, sorti voici tout juste une semaine !
Inlassablement, la chanteuse et guitariste malienne poursuit son combat pour la dignité des femmes, des mères et des filles, celles qui de par le vaste monde n’ont toujours pas autant de droits que les hommes, tout « simplement » parce qu’elles sont femmes.
Un concert de Fatoumata Diawara, c’est évidemment un moment musical intense, mais c’est également l’expression d’un message fort. Un message humaniste de tolérance, de vivre ensemble.
De fraternité, de sororité, ces mots dont nous avons tellement besoin en ce moment.
Fatoumata Diawara, la grande prêtresse de l’Afro-pop, celle qui mêle les mots de son pays d’origine, le Mali, aux grooves puissants des guitares, de la batterie et des claviers.
Pour la première fois de sa carrière, la musicienne a délaissé les instruments traditionnels, la kora, le djembé.
C’est un vrai choix artistique. Ici, l’africanité passera uniquement par le texte et la voix.
" Massa ", en bambara, cʹest le roi des rois, la divinité qui fait et défait le destin des êtres. Il sera question, tout au long du concert, d’une certaine forme de spiritualité, que la chanteuse sait mêler à sa musique.
Tout commence avec Djanne.
Au milieu des cauris peints sur de grands pans de toile bleue, le quintet prend place, pour le tout premier titre de l’album.
Immédiatement, nous voici envoûtés par la pulsation de braise, le rythme intense et soutenu, la basse et la batterie au fond du temps, la puissance délicate de la guitare et des claviers.
Comment ne pas reconnaître la « patte » de Matthieu Chedid, - M -, le complice de l’aventure Lamomali, qui a arrangé tout l’album ?
Et puis la voici qui entre sur le plateau.
Dans une tenue à chaque fois différente, la guitare Epiphone SG qui porte son nom en bandoulière.
La voix ! Unique !
Une voix cristalline, à la tessiture importante, une voix unique et immédiatement reconnaissable.
Un grain très particulier qui vous procure bien des frissons.
Ses envolées dans les hyper aigus sont toujours aussi fascinants.
La chanteuse installe le show avec ce titre qui, dès les premières notes, vous plonge dans son monde.
Mademoiselle Diawara est toujours aussi charismatique et sait parfaitement installer son univers, dans lequel elle évoque ses ancêtres qui viennent lui rendre visite, les personnes qui ont compté pour elle, les esprits aussi, ceux que l’on convoque et l’on vénère par la transe.
Une énergie intense, positive communicative se déverse sur le public, dès les premiers titres. Il est impossible de ne pas avoir envie de bouger, de danser.
La danse, qui ancre les mots dans la terre, la latérite rouge sang ou la pelouse du festival, la danse qui vous emmène loin.
Les morceaux de l’album s’enchaînent, Sigui, Sowa, l’entêtant et délicieux Tcheba, au refrain prenant qu’on a tous envie de reprendre en chœur, même si l’on ne parle pas la langue d’origine.
Sur scène, les quatre musiciens assurent de la plus belle des façons.
La camerounais Yves William Ombe Monkama à la batterie, qui a joué notamment avec Manu Dibango et le catalan Juan Finger à la basse et à la direction musicale distillent une pulse de feu.
Une remarquable assise pour leurs camarades de jeu, le brésilien Jurandir Da Silva Santana a la guitare et Fernando Javier Tejero Velez aux claviers Norlead et Novation.
Et puis la patronne, qui est également une guitariste émérite.
Nous aurons l’occasion de nous en rendre compte, si le doute était encore permis, sur deux solos guitares de la plus belle facture, notamment sur le titre Tati Bakary.
Tout se termine avec un medley qui mêle d’anciens succès, comme le célèbre Nterini ou Nsera.
Avec quelques reprises à la sauce Diawara.
Le Higher ground de Stevie Wonder est interprété de façon presque sauvage, viscérale, organique.
Quelques notes de Imagine de Lennon côtoient une version très personnelle du No woman no cry, de Bob Marley. Le message humaniste évoqué un peu plus haut passe à la perfection !
Le Massa, nous l’allons voir. La chanteuse, masquée, interprète cet esprit divin, un esprit danseur.
Nous voici dans la transe, dans des tourbillons provoquant l’ivresse, l’abandon. Nous aussi sommes quasi hypnotisés par celle qui danse sur scène, dans une chorégraphie très impressionnante.
Les musiciens se déchaînent. Le volume sonore est alors impressionnant, avec toujours pour autant un rendu façade d’une grande précision.
Tous espérerons un rappel, qui ne viendra pas, le timing exigent du festival impliquant des changements de plateau très serrés.
Le premier grand concert de l’édition 2026 des Deux rivières aura marqué les esprit.
Fatoumata Diawara poursuivra sa tournée avec de nombreuses dates en Europe.
Ne manquez pas ce très beau moment musical, si le chemin de cette artiste unique croise le vôtre.