Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

No more she is

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

No more she is.
Elle n’est plus…

Elle.
Une petite fille qui ne sera plus jamais là. Le destin en a décidé autrement, lui qui ose faucher une toute jeune vie.
La perte inacceptable, inhumaine, révoltante, source d’une blessure à nulle autre pareille.
Une blessure personnelle que quiconque ne peut décrire ni partager vraiment.

Lorsque vous êtes musicien, pianiste et compositeur, il n’y a pas trente six mille moyens de continuer à avancer, de tenter de refuser de se réfugier dans l’abandon et la prostration.
Chercher une force de résilience, plutôt que baisser les bras, tout en sachant que ce drame restera à jamais en vous.

Thierry Maillard a trouvé le courage et la force de s’asseoir devant les quatre-vingt huit touches de son piano, pour composer un album bouleversant.

Un album unique, rare. Le fond et la forme. Les notes, les mélodies, les harmonies, une magnifique et vibrante ode à cette existence beaucoup trop brève.

Et puis la musique permet d’aller au-delà des mots, qui deviennent dérisoires...

Un propos musical d’une profondeur bouleversante, où le mode mineur est de rigueur, avec parfois au détour d’une fin d’un titre, une tierce picarde, qui introduit comme chez Bach, un mode majeur qui vous élève.

Le pianiste a demandé à d’illustres copains de participer à l’élaboration de ces compositions magnifiques et toutes emplies d’une intense émotion.

Dès le premier titre, celui qui a donné son titre à l’album, une voix immédiatement reconnaissable.
Le grain particulier de David Lynx.
Le chanteur a composé les paroles de quatre morceaux.
Dans ce premier, il parle. Le mot. La phrase qui dit.
Parce que ce drame est universel, parce qu’il peut frapper n’importe quel couple.

Le chanteur interviendra dans les autres pièces, dans des envolées plus ou moins déchirantes, qui disent l’injustice et la révolte, mais aussi le rappel de la douceur et de la joie, les moments de rire et de bonheur..

Stéphane Belmondo a évidemment répondu présent.
Les volutes de la tompette et du buggle qui s’élèvent, à la fois douces et graves, elles aussi chargées ô combien d’émotion. Une émotion jamais « ostentatoire », mais au contraire d’une retenue admirable.

Des thèmes magnifiques nous attendent.
Une intensité qui vous remue au plus profond de vous même. Comme très rarement. L’immense sensibilité du musicien atteint ici des sommets.

Le musicien utilise également son instrument de cuivre pour imiter le babil d’un petit. Et c’est alors déchirant.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

La rythmique est assurée par deux autres amis.
Yoann Schmidt à la batterie et Thomas Bramerie à la contrebasse.
Les deux musiciens, avec le très grand talent qu’on leur connaît, dans une rigueur et un dépouillement admirables et exemplaires, permettent aux deux autres de poser leurs notes.
Leurs interventions respectives assurent un magnifique substrat rythmique où mélodies et harmonies s’installent avec d’autant plus de profondeur.

Durant la durée de ces deux disques, on ressent en permanence un ensemble, une cohésion d’autant plus forte qu’elle est avant tout précédée d’une amitié indéfectible.
Tout ceci relève d’un discours musical d’une subtilité rare, totalement en phase avec le grave propos général.

Lorsqu’on écoute les vingt quatre titres de cet album, on partage la peine et la souffrance d’un homme.
Thierry Maillard, confronté au drame absolu, nous offre une musique qui nous plonge dans un voyage intime nous rappelant que nous faisons toutes et tous partie d’une même et universelle humanité.

Cet album nous dit comme rarement l’indicible.

No more she is.
June.

-------------------------


Le concert de sortie de l’album aura lieu le 11 juin prochain, au Studio de l’Ermitage, à Paris.
Une tournée suivra, notamment en Corée, en Chine et au Japon.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article