Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jean-Pierre Como et Javier Girotto en concert au Festival Jazz sous les pommiers - Coutances

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Bouleversant !

Un concert qui vous bouleverse, au cours duquel les larmes vous montent aux yeux, tellement la musique vous transporte et vous procure un sentiment de bonheur, de sérénité et de plénitude.

Jean-Pierre Como et Javier Girotto avaient donné rendez-vous aux heureux spectateurs du Festival Jazz sous les pommiers dans la magnifique cathédrale de Coutances, à l’acoustique si particulière.
Sous les croisées d’ogive, les deux musiciens devaient nous plonger dans leur monde, nous procurant des émotions ô combien intenses.

Au cous de cette heure et demie rare, les deux complices vont interpréter des titres issus de leur dernier album commun en date, ainsi que des compositions personnelles.

Parfum d’azur est un album unique.
Une rencontre de deux amis de quinze ans, enregistré l’an passé dans la magnifique salle des Dominicains, à St-Emilion.

Une musique faite pour être jouée dans des lieux ayant un rapport au sacré.
Parce que le lyrisme de cette musique-là touche à la communion et à l’élévation.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

La communion entre deux artistes, bien entendu, mais également la communion avec le public, fasciné par ces thèmes intenses et passionnants.
L’élévation, parce que les volutes des notes quasi-mystiques du piano et des saxophones alto et baryton semblent s’envoler physiquement vers les arcs de plein cintre, mais également dans nos âmes et dans nos cœurs.

Ici, il est question de dépouillement et d’épure.
On ne peut qu’être fasciné par cette musique qui va droit au but, sans passer par des « trucs » ou des « effets » tellement à la mode.
Ici, les anches et les cordes, le souffle et le toucher se mélangent dans la même ferveur.

Nous sommes pratiquement dans une dimension spirituelle, que le cadre environnemental met évidemment parfaitement en valeur.
En même temps, règnent une joie, une félicité permanente.

Oui, cette musique est avant tout joyeuse, même si des instants plus graves émaillent certains titres.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Une musique à la croisée des chemins.
« Jazz » ? « Classique » ? « Musique populaire » au sens noble du terme, avec des valses et des boléros ?
Qu’importe après tout. Ici, il est question d’un discours universel, d’une proposition artistique qui transcende les courants et les genres.

Les écritures de Jean-Pierre Como et de Javier Girotto ont ceci de commun qu’elles privilégient avant tout la mélodie.
Chaque œuvre jouée, qu’elle émane de l’un ou de l’autre, nous invite à découvrir des thèmes à la fois délicats et sophistiqués, faits d’assez courtes mais très chantantes phrases, que l’on a envie de fredonner dès les avoir écoutées.

En ce sens, en matière d’appropriation mélodique, le co-fondateur du mythique groupe Sixun se situe dans la lignée de l’un de mes héros absolus, l’immense pianiste René Urtreger, (Faut-il encore rappeler que dans Ascenseur pour l’échafaud, du grand Miles, c’était lui…) avec notamment sa Valsajeanne au refrain très joliment entêtant.

Pour autant, ses compositions relèvent d’une écriture contrapuntique sophistiquée, mais jamais pédante ou infatuée. 
Nous serons souvent dans la dimension de la fugue, dans laquelle les deux musiciens entrelacent leurs interventions, voguent et improvisent sur le thème, sur une grille harmonique toujours passionnante.

J’ai parfois pensée à Scarlatti, dans la conception d’une musique à la fois intense, profonde et surtout très réjouissante.
Avec ici et là, une bonne vieille tierce picarde...

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Un discours musical.
Les deux virtuoses, grands techniciens de leur instrument, et qui se connaissent donc bien, développent de vrais échanges.
Jouant l’un en face de l’autre, les deux musiciens se regardent, s’observent, même si leur jeu est bien rôdé, même s’ils pourraient s’en passer. Comme un besoin de communiquer en permanence.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Des virtuoses donc.
Javier Girotto est très impressionnant, dans les registres aigu du soprano et grave du baryton.
Il alterne des moments d’une grande douceur, d’une superbe suavité, avec des instants presque violents, dans les hyper aigus, avec d’intenses et brèves fulgurances.
Son corps se courbe alors , se contracte ou se détend brusquement. On sent bien la difficulté technique, dont il se joue à merveille.

(J’ai été très impressionné de le voir arriver juste avant le concert, de poser ses instruments sur la scène, et de jouer « tout naturellement » trois minutes après, directement, dans la foulée, sans échauffement ! C’était fascinant ! )

Il nous étonnera également avec une petite flûte à bec

Quant au charismatique pianiste, plus besoin de tarir d’éloges sur son toucher à la fois délicat et puissant, délié et soutenu, aux nuances si douces.
Nombre de ses silences dans le jeu rappellent certains grands compositeurs romantiques.
Pas étonnant qu’un des titres, Chopiniana, hommage au grand pianiste polonais, soit au programme.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Nous saluerons ce merveilleux concert par une standing ovation, avec des « Bravo ! » sonores qui fusent dans la nef de la cathédrale Notre Dame de Coutances !
Nous tous resterons longtemps sous le charme de ce concert unique, incontournable et merveilleux.
Bouleversant, vous dis-je !

Pour les parisiens et les franciliens, le duo franco-argentin se produira dans la magnifique salle Cortot le 3 juin prochain.
Et puis différents festivals à venir. Les dates sont sur le site du pianiste ci-dessous.
Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas ! 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article