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Le fils du dragon et du phénix

© Photo Y.P.  

© Photo Y.P.  

Bienvenue au royaume du Dragon !
Ce royaume où Drake trouvera un sens à sa vie, et surtout un lieu où sa « différence » sera reconnue, un endroit où il ne sera pas jugé en raison de son genre.

Pour l’heure, Drake, la vingtaine, vit en Afrique. Il est employé dans une librairie
Son frère aîné est venu lui poser deux questions aux lourds, mais alors très lourds sous-entendus :
- Quand vas-tu te décider à te marier ?
- Quand exerceras-tu enfin un métier d’homme ?


Ces deux questions empiétant sur sa vie affective et sentimentale seront un catalyseur qui précipitera un projet envisagé depuis quelques mois déjà : franchir le pas, émigrer, oser affronter les éléments, payer un passeur, le tout dans l’espoir de trouver un ailleurs meilleur.

Avec quelques compagnons d’infortune, il embarque sur un rafiot de fortune, et soudain, tout bascule…

Victor Babo nous propose un premier roman, où réalité et fantastique s’entremêlent.
Une quête initiatique, un road-movie où son héros sera confronté à tout une suite d’épreuves.

A partir d’une situation hélas dramatique, la négation du genre par les proches, puis le départ quasi-forcé en exil, l’auteur nous emmène dans un monde à la croisée de Georges R. Martin et Serge Brussolo.
Deux auteurs phares, l’un américain, l’autre français, en matière d’Héroïc-Fantasy.

Ici, c’est tout une mythologie, cohérente, attachante, qui attend le lecteur, avec ses déesses, des rois, ses créatures plus ou moins monstrueuses, ses artefacts magiques, ses méchants vraiment méchants, et surtout ses héros attachants dont on suit les péripéties avec un grand intérêt.

Au fond, Drake va renaître, en retrouvant à la fois ses origines, lui le déraciné, et surtout va pouvoir enfin se construire, en ayant la certitude que son identité propre sera reconnue.

Victor Babo nous plonge dans cette quête identitaire au moyen d’une écriture percutante, qui fait mouche.
Il va à l’essentiel. Pour nous passionner par cette histoire, il utilise une langue de tous les jours, une langue aux formules réjouissantes, avec des éléments humoristiques qui m’ont fait bien sourire. (La découverte d’un lupanar, par exemple…)

Il sait bien que rire permet un recul nécessaire sur la trame narrative, et que ce rire-là permet de donner également du sens au propos.

Une vraie érudition se dégage de tout ceci, avec notamment des mots empruntés aux langues arabe, hébraïque, latine ou encore bambala.
Qu’on se rassure, des notes en bas de page nous aident à comprendre le sens de ces vocables, qui donnent une dimension universelle à cette quête.

L’auteur a su également nous passionner grâce à des descriptions très précises et très vivantes.
Des descriptions géographiques réelles, comme cette scène sur les docks d’un grand port africain, (on s'y croirait...) ou bien des images fantastiques nous évoquant des palais prodigieux, des lieux magiques et des contrées plus ou moins hospitalières.

Et puis il a parfaitement réussi à faire en sorte de rendre ses personnages on ne peut plus attachants.
Le duo Drake-Petite fleur est particulièrement touchant, avec les forces et les faiblesses de chacun, avec l’évolution d’un étrange sentiment se construisant entre les deux jeunes vingtenaires.

Une dimension poétique est également présente, qui permet elle aussi d'échapper à notre réalité quotidienne.


Bien entendu, ce roman à clefs est une ode à la différence, à la tolérance, à l’amour aussi, un amour qui se construit petit à petit entre deux êtres enfin réunis.

Il est des amours que l’on trouve parce qu’on ne les a pas cherchées.

Ce roman est de ceux qui se lisent d’une traite, comme ce fut mon cas, parce qu’ils nous donnent un vision d’une humanité telle qu’on aimerait qu’elle existât vraiment.

Bien entendu, vous avez reconnu Victor Babo, notamment si vous fréquentez assidûment le Théâtre de la Colline.
Membre depuis quelques années du service d’accueil du Centre dramatique national, il a enfin décidé de franchir le pas et de prendre la plume.
Et ce, pour notre plus grand plaisir.

A quand la suite des aventures de Drake et Petite Fleur ?
A moins que vous ne nous attiriez dans un nouvel univers, Monsieur... Victor ! 

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Pendant que j’y suis, je vous rappelle que tout récemment, le 11 mars dernier, un pays africain, en l’occurrence le Sénégal, a décidé d’adopter une loi réprimant encore plus sévèrement l’homosexualité au nom de la lutte contre l’influence occidentale.

La mesure la plus emblématique de la nouvelle loi prévoit de punir les « actes contre nature » de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq ans actuellement.

On pourra lire avec intérêt l’article du Monde en date du 12 mars dernier, évoquant cette scandaleuse répression.
C’est ici :

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/03/12/le-senegal-adopte-une-loi-reprimant-plus-severement-l-homosexualite-au-nom-de-la-lutte-contre-l-influence-occidentale_6670697_3212.html
 

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