21 Mars 2026
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Arrrrrrrrrrrrrrrrrrrriba !
Viva la fiesta latina !
La violoncelliste et chanteuse originaire de Cuba Ana Carla Maza a purement et simplement électrisé la Salle Gaveau, avec un concert digne des plus grandes show-women actuelles, allant jusqu’à faire danser tous les mélomanes attitrés de ce lieu des plus prestigieux !
Ou quand le violoncelle classique se met au service d’un jazz et d’une world music des plus réjouissants !
La Señorita Maza venait présenter son dernier opus en date, qui sortira la semaine prochaine, le 27 mars, pour être tout à fait précis.
Cet album s’intitule Alamar, comme le quartier de la Havane où elle a vu le jour, un 14 juin. Comme Che Guevara, au passage…
C’est le cinquième en date pour cette artiste polyglotte, qui chante évidemment en Espagnol, mais aussi en Français ou en Anglais.
La fillette a commencé là-bas à apprendre la piano, avec la sœur du grand Chucho Valdes, excusez du peu. La famille avait émigré depuis le Chili.
Puis, elle a débuté l’étude du violoncelle et du chant, pour quitter l’île à l’âge de 12 ans.
Elle continuera son apprentissage de l’instrument à Paris, totalisant quinze années d’études classiques, notamment au Conservatoire national Supérieur de Musique. (Sa professeure était d’ailleurs dans la salle.)
Durant plus de deux heures d’un concert mémorable, la violoncelliste nous embarque dans un voyage en Amérique latine.
Un voyage géographique et musical, avec notamment les titres du nouvel album.
Nous allons donc être confrontés pour notre plus grand plaisir aux rythmes latinos, tels que la salsa, la rumba, le cha-cha, ou encore la bachata et la bossa-nova, la liste n’étant pas exhaustive…
Pour groover, ça va groover grave !
Le talent, l’énergie, le sens du spectacle et de la fête, mais aussi l’émotion et la nostalgie que peuvent revêtir certaines compositions, voici ce qui caractérise notamment ce que nous entendrons.
La musique d’Ana Carla Marza revêt bien des couleurs, dans une palette colorée et irisée.
Dès les premières notes, nous comprenons que la Señorita est une virtuose de l’instrument. On ne totalise pas à trente ans environ quatre cents concerts dans ving-cinq pays sans raisons.
Le jeu de la musicienne est précis, ample, délié, l’archet parcourt les quatre cordes avec douceur ou une fascinante énergie ! Il doit falloir remécher assez souvent, les crins se cassant à de nombreuses reprises.
Ses pizz sont eux aussi très précis, lorsqu’elle se charge des fondamentales des grilles mélodiques.
Elle peut jouer dans des positions assez étranges, signe d’une technique acquise irréprochable.
Elle jouait du violoncelle debout, mais ce n’est pas un détail pour nous…
Sur scène, c’est une boule d’énergie, notamment juste avant l’entracte. Elle est fascinante à jouer avec son public comme une véritable rock star.
Un public qu’elle fait chanter, qu’elle fait battre des mains, ou qu’elle invitera même pour certains à monter sur scène avec elle. On ne peut pas dire que la pratique soit courante à Gaveau...
C’est alors une véritable communion qui se met en place entre l’artiste et ses spectateurs.
Pour autant, de grands moments émouvants nous attendent, notamment lorsqu’elle nous présente sa guitariste à la chevelure flamboyante.
Elle joue du tres cubain, une petite guitare aux sons cristallins.
De très jolis duos nous attendent.
Ah ! J’allais oublier... Cette guitariste n’est autre que la maman d’Ana Carla Maza.
Deux autres musiciens jouent avec la violoncelliste.
Au piano et au clavier numérique, Mily Perez témoigne s’il en était encore besoin de l’extraordinaire vitalité de l’école pianistique cubaine.
Beaucoup de virtuosité, là aussi. Une technique irréprochable, un toucher à la fois léger et terriblement précis.
Avec le petit clavier, elle joue souvent avec la main gauche des lignes de basses, grâce à un son un peu (trop ?) sourd de son laptop.
A la batterie et aux percussions cubaines, Jay Kalo va nous enchanter, à distiller une pulsation de braise, qui donne immanquablement envie de se déhancher.
Son solo, remarquable de technique et très bien construit en terme de progression, sera ovationné.
Deux titres vont particulièrement retenir mon attention, lors de ce concert de feu.
Le premier est un tango. Un hommage à l’immense Astor Piazzola, écrit par Ana Carla Marza elle-même.
Elle en profite pour émettre un souhait : il serait souhaitable que les œuvres des compositrices fussent beaucoup plus étudiées dans les établissements d’enseignement de la musique.
Comme c’est bien vu !
Ce tango est la pièce qui de la soirée qui nous démontre le mieux les qualités musicales de la demoiselle.
On ne peut qu’être ravi par son jeu et le son qu’elle parvient à tirer de son instrument, merveilleusement restitué par son ingé-son Guillermo Ximelis.
On pense bien entendu aux envolées et aux breaks jouissifs du bandonéon, dans cette pièce exigeante, et qui tranche un peu sur le côté festif du concert.
Et puis une Habanera. C’est le premier titre du nouvel album.
La habanera, c’est cette danse, datant des années 1830, créée à La Havane, d’où son nom.
Une danse avec un ostinato rythmique rendu immortel par un certain George Bizet dans Carmen.
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Le dialogue entre la voix et l’instrument est alors poignant. Les deux instruments, vocal et à cordes, s’entremêlent dans une merveilleuse harmonie, qui nous procure bien des frissons.
Comme c’est beau !
Ce concert qui aura tout d’un show enflammé restera longtemps gravé dans les mémoires de ceux qui ont eu la chance d’y assister.
Par les temps qui courent, avoir le sentiment d’une fête totale, au cours de laquelle vous parlez à vos voisins, vous esquissez des pas de danse, vous reprenez en chœur certains motifs mélodiques, tout ceci devient de plus en plus rare, et mérite d’être apprécié à ce titre.
Le fête, vous dis-je !
Et puis, retrouver Ana Carla Maza est toujours un grand plaisir musical. Et visuel, il faut bien l’avouer !
Un très grand moment artistique !
La musicienne devait d’ailleurs nous informer qu’elle reviendra jouer à Paris le 25 mai 2027, à l’Olympia.
Qu’on se le dise !
Ana Carla Maza | Global Independent Artist, Singer & Cellist, Composer, Latin Jazz - ALAMAR
Ana Carla Maza is a global independent artist, singer, cellist and composer. With her new album ALAMAR, she presents a powerful and emotional musical journey blending contemporary Cuban music, Latin
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