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Et pendant ce temps, Sigmund freudonne

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Mais quel bonheur de la retrouver !
Quel plaisir de retrouver le style, le ton, l’intelligence du propos, l’écriture, sans oublier l’humour de Trinidad !

Pour tout vous dire, ça faisait un bon bout de temps que j’attendais ces retrouvailles-là.
Après quelque deux-mille représentations de son spectacle Et pendant ce temps-là, Simone veille, comme j’espérais que la demoiselle nous propose le pendant masculin !

C’est chose faite .
Et c’est surtout chose très bien faite !

On se souvient que Mademoiselle Trinidad nous avait raconté l’histoire de la condition féminine en France depuis les années 1950 à nos jours, à travers quatre lignées de femmes sur quatre générations.

Durant une heure et demie, Trinidad va nous dire son amour des hommes.
Si si. « Mes hommes, je les aime », nous dira-t-elle sans aucune ambiguïté.
Celles et ceux qui s’attendent à une démolition en règle de la gent masculine, celles et ceux-là en seront pour leurs frais.
Le propos sera bien plus subtil et bien plus intéressant. Passionnant, même, le propos !

Elle les aime, ses hommes, Trinidad ! © Photo Y.P.

Elle les aime, ses hommes, Trinidad ! © Photo Y.P.

Ici, il sera question de nous présenter quatre mâles représentatifs, une sorte d’échantillon, comme un groupe témoin destiné à analyser en détail l’évolution de la condition masculine.
Ces hommes, le personnage de « Miss Freud » va non seulement nous les faire mieux connaître, mais va nous faire comprendre leurs failles menant à leurs caractères respectifs. 

Pour ce faire, outre des éléments sociologiques et historiques, outre des références psychanalytiques, Trinidad va une nouvelle fois utiliser le prisme de la psychogénéalogie.

La psychogénéalogie est une discipline développée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberg, selon laquelle les événements, les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par les ascendants d’un individu conditionnent ses faiblesses, ses troubles psychologiques, ses maladies voire ses comportements étranges ou inexplicables. (Merci beaucoup Wikipédia…)

Ce point de vue va se révéler tout à fait passionnant.
Les fils, leurs pères et leurs grand-pères.
Nous allons voyager dans les années 80’, 70’ et 50’ pour expliquer, à travers les relations entretenues à chaque génération, la condition humaine des quatre gaillards sus-mentionnés.

L’Histoire de France sera également invitée pour mettre en évidence des éléments ayant pu façonner le destin de ces hommes-là.

Tout ceci est véritablement très documenté, et relève d’une dimension pédagogique et didactique assumée. J’ai appris une multitude de choses...

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Voici pour le fond.
La forme sera tout aussi réussie.

Une sorte de psy-conférencière et quatre personnages très hauts en couleur, même s’ils sont principalement vêtus d’un « uniforme » noir à bretelles, vont nous intéresser au plus haut point et nous faire également beaucoup rire.

Sur un plateau composé de trois rétro-écrans, de quatre cubes, et d’un fauteuil à cour, Gil Galliot, metteur en scène bien connu des fidèles de ce site, fait vivre pour nous ce quintet, avec son art de l’occupation dramaturgique de l’espace et de la direction d’acteurs.

Sans aucun temps mort, avec beaucoup de fluidité et de parti-pris plus judicieux les uns que les autres, les cinq comédienne-comédiens enchaînent les différents tableaux avec à la fois beaucoup de finesse et de punch !

Sébastien Fouillade, Marin Langlois, Patrick Mazet, Clément Vieu (Ecouteeeez ! Mangez des pommes !)  sans oublier la Patronne, tous vont faire fonctionner nos zygomatiques à plein régime.

Certes, le texte repose sur des éléments scientifiques, statistiques et historiques.
Mais le traitement de tout ceci est très drôle.
L’auteure Trinidad est toujours aussi spirituelle, conférant à sa démonstration une verve, une tonalité, une dimension humoristique à nulles autres pareilles.

L’écriture est vive, avec des formules réjouissantes (les amateurs des concerts de Taylor Swift vont en apprendre de belles…), des jeux de mots subtils et des double-sens jubilatoires.

Des goguettes, également.
Le spectacle est musical, avec des détournements de chansons très connues, et des petites chorégraphies très réussies. Les amateurs de Boys Bands se régalent !

Vous avez aimé la version féminine, vous allez adorer le versant masculin de la quête de Trinidad, cherchant à mieux comprendre ses semblables.

Ne manquez pas d’aller l’applaudir, elle et ses petits camarades, dans ce spectacle maîtrisé de bout en bout.
C’est intelligent, c’est subtil, c’est très drôle. C’est Trinidad !

Ah non, mais moi ça va bien, hein !

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

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