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Valse avec Wrondistilblegretralborilatausgavesosnoselchessou

© Photo Y.P.

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On dirait eh ben que les tableaux de maître y feraient rien qu’à tomber du mur !

On dirait que Marc Lacourt, lui, il voudrait s’échapper en rampant du plateau de jeu...
On dirait aussi que les poubelles, les pots de fleurs, les escabeaux seraient vivants...
On dirait encore que le Petit Chaperon rouge, un fier cow-boy et des monstres hideux et tout poilus seraient de la partie.

On dirait surtout que Marc Lacourt et les membres de la compagnie MA nous proposent, à nous autres, jeunes et moins jeunes spectateurs, une remarquable ode à la chose chorégraphiée.
Oui, durant presque une heure, les cinq danseurs vont enthousiasmer les petits de la maternelle jusqu’à bac +35, dans un spectacle qui va déclencher à juste titre une véritable ovation dès le premier salut !

Ce genre de spectacle qui vous galvanise, qui vous enthousiasme et qui vous réconcilie même avec ceux qui vous énervent !
Bref, un spectacle qui fait un bien fou !

© Photo Y.P.

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Ici, il est question de danser, et de dire que même si tout est fichu, il faut continuer à mettre son corps en mouvement.
Tout le monde peut et doit oser danser, tout le monde doit pouvoir se déhancher, se rouler par terre, courir comme un fou en Kway plein de ballons de baudruche, ou encore entamer un slow langoureux avec son ou sa voisine !
Même nous ? Même nous !
Même si ça fait un peu bricolage ? Même si ça fait un peu bricolage !

Nous sommes accueillis sur le plateau du Théâtre du fil de l’eau, à Pantin, par des balayeurs au sein d’un espace un peu étrange, fait de pans de murs au papier peint très année 70, aux piles de livres à même le sol, ou encore avec des gros paquets emballés.
Nous sommes fort intrigués par ce monde un peu surréaliste, fait de bric et de broc.

Mais voici que nous allons faire connaissance avec les protagonistes du spectacle.
Des hommes, des femmes, qui petit à petit, se transforment en danseurs.

Effectivement, tous sont de remarquables danseurs, chacun à sa manière. On sent une solide formation dans bien des styles, dans bien des registres.
Il est question de faire apprécier le mouvement, volontaire ou non.

© Photo Y.P.

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Volontaires, les mouvements dansés, chorégraphiés.
Involontaires, ces objets qui ne tiennent pas au mur, et chutent comme par magie.
Des objets qui tombent ou qui rejoignent les cintres. (Je vous laisse découvrir ces beaux moments poétiques.)

Au fond, il est question ici d’interroger nos imaginaires, avec les monstres plus ou moins gentils qui les peuplent.
La compagnie fait appel à nos rêves, à nos propres perceptions de la danse et du mouvement, et du rapport de notre corps à l’espace.  
On pense également à Max et les Maxi-monstres, le livre de Maurice Sendak, publié pour la première fois en 1963.

Pour autant, outre un humour omniprésent, un sentiment de douceur, de délicatesse règne en permanence. J’ai été frappé par cette impression de sérénité qui se dégage du spectacle. C’est une sensation très rapidement perceptible, et qui ne m’a pas quitté.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Et puis, le mystère de la création est mis en lumière.
Pas facile de créer sur une scène, semble nous dire le chorégraphe. On pourrait commencer par la fin, on jouerait différents actes, on utiliserait différentes couleurs, on pourrait entreprendre d’apprendre au public d’apprendre à danser.

En effet, durant le spectacle, petits et grands spectateurs vont être mis à contribution.
Tout d’abord en s’emparant des tableaux de Kandinski, Klimt, Soulages, Klein, Botticelli, et consorts. (Je ne peux pas vous assurer qu’il s’agisse des originaux, mais bon…)
Ces 
tableaux, on les tiendra à bout de bras, on les fera remonter vers le haut des tribunes, dans une véritable Ola picturale !

Et puis, nous allons devoir danser.
Les grands, un slow langoureux, les amateurs du chanteur-guitariste Domenico Modugno se régalant. (C’est au passage l’auteur de la célèbre Nel blu dipinto di blu, plus connue sous le titre Volare…)

Nous apprendrons également une chorégraphie. Si si.
Marc Lacourt est un pédagogue. Même moi qui suis à la danse ce que le marteau est à la flottaison, même moi j’ai réussi !
Et que dire de sa capacité à obtenir le silence de la part de deux-cents marmots en transe !

C’est d’ailleurs nous qui terminerons le spectacle, en totale autonomie. Mission accomplie.

Il me faut mentionner l’incroyable bande son de ce spectacle, qui nous permet de retrouver Elvis Presley, Glenn Gould et les variations Goldberg du grand Jean-Sébastien, Kim Wilde, Γιώργος Νταλάρας (si si…), Peggy March ou encore Duke Ellington ou la Candy girl de l’Orchestre de Franck Chacksfield.

Je vous conseille vivement ce spectacle à nul autre pareil.
C’est un véritable moment de grâce !


Et puis, quel bonheur de retrouver sur un plateau le rond de lumière d’un projecteur de poursuite ! C'est devenu tellement rare ! 

© Photo Y.P.

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