27 Janvier 2026
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Brigitte Fossey, la diseuse de grande aventure !
Mais quelle bonne idée a eu Mademoiselle Fossey d’adapter et de lire pour nous cet immense roman inscrit au patrimoine littéraire de l’Humanité qu’est Moby Dick !
Herman Melville, celui qui a à la fois levé l’ancre et l’encre !
Lui, la mer, il la connaît !
Dès 1840, il s’est enrôlé sur l’Acushnet, un trois-mâts en partance pour la pêche à la baleine.
Cette lutte entre les hommes et les grands mammifères, il peut en parler en toute connaissance de cause.
Ce qu’il fera une dizaine d’années plus tard, puisque son chef-d’œuvre sera publié à Londres en 1851.
Pour la petite histoire, il faudra attendre chez nous 1939 et l’insistance de Jean Giono pour que le roman soit traduit en Français.
Brigitte Fossey a choisi la traduction la plus récente, celle de Henriette Guex-Rolle, chez Garnier-Flammarion pour passer au gueuloir au sens flaubertien les mots de Melville.
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Elle a évidemment perçu la dimension shakespearienne qui émane de cette magnifique traduction, rendant pleinement hommage à l’œuvre initiale.
Oui, Melville nous raconte a folie d’un homme, l’obsession « hamletienne » qui s’est emparée du terrible Capitaine Achab, face à ce cachalot blanc qui lui a déjà prélevé une part de lui-même, à savoir sa jambe.
La voix !
Celle reconnaissable entre toutes de Brigite Fossey !
Une voix qui nous cueille, en nous apostrophant d’emblée dans un prologue très drôlatique. La voix inimitable de celle qui est apparue comme par magie sous la douche lumineuse d’un projecteur, et qui nous enchante dès les premiers mots.
Durant une heure et quart, la comédienne va nous lire son adaptation du livre.
Trois actes, pratiquement.
Tout d’abord, les intentions de l’auteur, s’embarquant pour donner un sens à sa vie.
Ensuite, les éléments que sont la mer, le ciel, face à la psychologie d’un homme tourmenté.
Enfin, ce sera la chasse à la baleine, ces trois jours infernaux de lutte impitoyable, avec la dramatique issue que nous connaissons tous…
Et nous de retrouver tous ces moments phares, ceux que nous attendions tous de pied ferme : la description du harponneur Queequeg par le narrateur Ismaël, la mise en lumière d’Achab, celle du cachalot géant, le passage du Horn, et bien entendu ces trois jours terribles de chasse impitoyable.
Mais quel bonheur de ressentir sous la voix de la comédienne toutes les émotions, les frissons, les tensions de cette histoire extraordinaire !
Les mots de Melville prennent vie, les mots animent les personnages, les mots décrivent, renseignent, dépeignent et illustrent.
Brigitte Fossey nous fait vivre de façon haletante cette terrible confrontation homme/animal, nous sommes entièrement plongés (sans mauvais jeu de mot) dans le récit, qu’elle rend on ne peu plus vivant et passionnant.
Elle vibre, elle s’anime, elle s’enflamme, elle crie.
Mais avec le même talent, elle nous émeut énormément avec des passages plus intimistes. Elle nous entraîne dans la tête de ce Capitaine, nous décrivant sa psychologie de façon troublante.
Elle investit le petit plateau du Petit Poche avec beaucoup de réussite. Elle utilise la petite estrade à très bon escient. Rien de statique, bien au contraire !
Un grand drap blanc qui a connu des jours meilleurs lui servira de seul accessoire. Ce sera une voile, une béquille, mais aussi le terrible animal.
Un matelot (bien connu des habitués du Poche-Montparnasse) lui servira de second, casquette de marin vissées sur la tête, et ce dans une figuration très habile.
Jacques Rouveyrollis a signé les lumières du spectacle, autre gage de qualité et de réussite.
Une jolie et subtile projection video nous emmènera sur les flots plus ou moins bleus.
Durant le spectacle, à plusieurs reprises, la comédienne s’adressera au public de façon spirituelle et drôle, rompant ainsi sa narration.
A chaque fois, l’effet est très réussi. Nous sommes à la fois étonnés et amusés par sa façon de nous apostropher. Et je n’en dis pas plus pour vous laisser la surprise !
Il faut noter également de petits intermèdes tirés de la Symphonie fantastique de Hector Berlioz, dont un très beau spectacle nous rappelle en ce moment même au Théâtre de La Flèchela genèse musicale et humaine.
Au bout de cette heure et quart d’une lecture théâtrale ô combien maîtrisée, je n’avais qu’une seule envie, à part celle d’écrire cette critique, celle de relire ce chef-d’œuvre.
C'est bien simple, Brigitte Fossey nous donne une leçon d’interprétation.
Holà Matelots ! Carguez les voiles, larguez les ris et souquez ferme !
Le Poche-Montparnasse se trouve à tribord.
Descendez en bordée pour assister à cette adaptation et cette lecture très réussies de Moby Dick !
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MOBY DICK * Théâtre de Poche Montparnasse
Moby Dick c'est la quête acharnée d'une baleine blanche par un marin à qui elle a arraché la jambe. C'est le destin d'un homme mû par un fol instinct de
https://www.theatredepoche-montparnasse.com/spectacle/moby-dick/