14 Novembre 2025
Châlons-en-Champagne. L’un des très haut-lieux du cirque en France.
La ville accueille notamment le CNAC, le Centre National des Arts du Cirque, le PALC, le Pôle national du Cirque, et le festival FURIES, auquel j’avais été invité au printemps dernier…
En 2029, Châlons-en-Champagne verra inauguré le tout premier musée européen entièrement consacré à l’univers circassien.
Voici une vue architecturale numérique du projet du cabinet Moatti-Rivière, lauréat du concours d’appel d’offres.
Depuis plusieurs années, le Musée des beaux-Arts et d’Archéologie de la ville propose des expositions consacrées au Cirque, afin de «préparer les esprits » à la venue de cette formidable richesse culturelle.
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Cette année, Le thème en est l’origine du cirque moderne, né au XVIIIème siècle, par un prisme tout à fait judicieux, à la fois équestre et militaire.
Cette exposition est conçue par Enora Gault, directrice adjointe des Musées de Châlons-en-Champagne, Pascal Jacob, auteur, directeur artistique du cirque Phénix et collectionneur, et Maryka Maymard, chercheuse, autrice et collectionneuse.
Le cheval.
La plus noble conquête de l’homme, et donc du militaire.
Au XVIIIème siècle, la race équine est omniprésente, à la fois dans les couches populaires, aristocratiques et bourgeoises de la société.
Comment lors n’être pas étonné que ce soit cet animal qui ait été le vecteur privilégié du cirque « dit » moderne.
C’est Philip Astley, (1742-1814), ex-sous-officier de cavalerie de son état, qui le tout premier va transposer les parades militaires dans un cadre de divertissement populaire. C’est au passage lui qui après plusieurs essais, concevra formellement la piste circulaire de cirque, d’un diamètre de 13,5 mètres.
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Cette exposition, structurée en trois grandes parties, propose environ trois cents œuvres.
De nombreux documents graphiques illustrent ces tout-débuts, en mettant notamment l’accent sur la dimension « sédentaire » des premiers cirques.
La France a en effet connu environ deux-cents cirques « en dur ». il en reste sept, dont le fameux cirque d’hiver, à Paris.
(Les troupes de cirque allaient alors proposer leurs spectacles pour quatre ou cinq représentations dans les villes de cirque, dans ces bâtiments dédiés à l’art circassien.)
Ces œuvres illustrent également les toutes premières traditions, les premiers répertoires des disciplines équestres, qui allaient déboucher sur l’art de la voltige et de la Haute-école.
Nous comprenons également que les premiers véritables artistes de ce cirque moderne étaient avant tout issus de l’agriculture, ou du monde de l’artisanat.
Le cirque, malgré le côté aristocratique et bourgeois de ses origines, deviendra rapidement un monde culturel issu des couches populaires de la société.
Les grandes dynasties de circassiens seront également évoquées, avec notamment un superbe bronze représentant Alexis Gruss faisant se cabrer un cheval.
Origines militaires, donc.
Avec de magnifiques vestes à brandebourgs, que l’on retrouve encore maintenant chez les Messieurs Loyal.
Les uniformes des chasseurs, hussards et autres chevau-légers napoléoniens se verront transposés sur la piste, et constitueront un marqueur identitaire circassien de première force.
Instruments de musique, également, des cuivres, des tambours, issus des fanfares militaires.
L’expo comporte également de très belles toiles, dont une de Géricault, peinte aux alentours de 1810 et intitulée originellement Officier de chasseurs de la Garde impériale chargeant.
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De prestigieuses institutions ont contribué à alimenter Panache !, comme la Cité des arts du cirque de Montréal, le musée de l’Armée, le Musée national de Versailles et du Trianon, la BNF, la Bibliothèque historique de Paris, les Musées des Beaux-Arts de Rouen et de Reims.
Des collectionneurs privés ont eux aussi contribué à la richesse de cette exposition, comme par exemple J.Y et G. Borg, la collection Paul Fratellini, Pierre-Marie Charpentier, le Cirque Trottola, Sacha Houcke, Philippe Arnault.
Vous trouverez également ainsi de sublimes photographies du célèbre Christophe Raynaud de Lage. (Et oui, je viens d’écrire un pléonasme...)
Et puis le cirque, c’est aussi quantité de métiers annexes, comme les selliers, les plumassiers, les carcassiers, j’en passe et non des moindres.
Pour évoquer ces métiers-là, l’une des toutes premières selles amazone « à trois fourches » est notamment présentée.
Ne manquez donc pas d’aller faire un tour au Musée des Beaux-Arts de Châlons-en-Champagne, afin de vous plonger dans les sources et les origines du Cirque.
C’est un voyage historique et culturel tout à fait passionnant, d’une formidable richesse.
Je rappelle notamment aux lecteurs parisiens de ce site que Châlons-en-Champagne est à seulement une heure et demi en train de la capitale.
Le Musée des Beaux-Arts se trouve à dix minutes à pieds de la gare.
Vous avez jusqu'au 16 mars prochain ! Et vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !
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