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Sandra Nkaké en concert au Tourcoing jazz festival

© Photo Y.P.

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Elle et Elles !

Sandra Nkaké, dans une sorte de célébration vaudoue de braise et de feu, rend un magnifique hommage aux femmes qui ont su dire non, aux femmes militantes de la cause, aux femmes courageuses qui refusent la fatalité, la soumission et le patriarcat !
« Des femmes qui on résonné en nous », précisera-t-elle !

Au cours de ce concert intense, la chanteuse franco-camerounaise reprend à son compte des chansons de femmes autrices-compositrices, pour se les approprier de la plus belle des façons, à tel point que parfois, on se demandera si sa version n’est pas plus intense et signifiante que les originaux.

A ses côtés, deux musiciens talentueux, apportant leur part essentielle dans une alchimie de tous les instants.
Paul Colomb au violoncelle et le flûtiste Jî Dru colorent cette entreprise artistique, avec élégance, délicatesse et puissance.

© Photo Y.P.

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Tout commence par des murmures.
Le trio entre sur le plateau, comme une incantation.
La parole des femmes humiliées, violentées, soumises par les hommes ?
Dans la salle, le silence est assourdissant. Nous sommes immédiatement saisis par la force de cette entrée en matière !

Caught a long wind, une chanson de la canadienne Leslie Feist, enregistrée en 2011.
La voix de Sandra Nkaké ! Une voix chaude, profonde, charpentée, souvent rauque !
Une voix de lutte et de combat, aux notes puissantes, et aux finales très souvent percutantes.

Les arrangements, que l’on doit au trio dans son entièreté, sont d’une précision et d’une beauté qui forcent le respect.
L’articulation violoncelle-flûte-guitare fonctionne à la perfection. Un équilibre formel tout en subtilité règne en permanence.

© Photo Y.P.

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Le palette de jeu des musiciens est on ne peut plus complète.
L’arco ou les pizz du violoncelle, les traits de flûte, l’over-blowing multiphonique utilisés à bon escient, les doux arpèges de guitare jouée par la chanteuse créent une délicieuse polyphonie mettant en permanence en valeur la voix !
Des passages très verticaux, où les trois musiciens sont en parfaite homorythmie, alternent avec des moments beaucoup plus fournis et denses.

De remarquables solos croisés nous démontrent le talent des artistes sur le plateau.
Freedom. Un appel à la révolte et la liberté, avec une impression de grands espaces renforcée par l’utilisation des harmoniques du violoncelle. Un moment d’une grande solennité.

« Au commencement était le rythme, celui de la personne qui nous porte ! Autorisons-nous à... » nous dira Sandra Nkaké, qui nous embarque dans son voyage artistique et militant, convaincue et convaincante !
L’intro des Trois feuilles, donne encore plein d’espace, notamment grâce à l’introduction jouant sur les caisses de résonance de la guitare et du violoncelle. C’est très beau.

Sandra Nkaké reprend Nuit Forêt, de Laura Cahen, en enrichissant la progression et la rythmique de la chanson, nous plongeant littéralement dans le mystère des arbres.
En chantant le Français, elle cherche également à rendre compréhensible par tous le message !

© Photo Y.P.

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She Walks alone.
Voici que la chanteuse s’empare d’un bâton imposant, se transformant alors en une sorte de sorcière-prêtresse, avec des lumières rouge sang.
Elle s’en servira notamment pour marquer la mesure.
« Etre soi coûte que coûte,
Etre soi, quoi qu’il en coute 
», assène-t-elle, dans une sorte de psalmodie incantatoire.

© Photo Y.P.

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Paul Colomb nous ravit avec une magnifique introduction, visitant tous les registres techniques de son instrument, un bourdon grave, des arpèges tempétueux, de magnifiques notes suraigues.
Jî Dru lui nous proposera un moment assez déjanté, décalé, donnant naissance à un riff violoncelle flûte, sur lequel Sandra Nkaké ajoute une pulsation au bâton, scandant chaque temps.
L’ambiance est survoltée !

Elle joue avec le public, proposant de chanter avec elle des motifs de plus en plus compliqués, notamment ceux de la chanson de Duke Ellington Take the A train, qu’elle entremêle de façon très drôle au célèbre jingle à quatre notes de la SNCF.
Le flûtiste ne donne pas sa part au chat, qui s’élance dans un beat-boxing réjouissant.

« Qui a décidé que la moitié de l’humanité devait être effacée, battue, violée ? »’demandera Mademoiselle Nkaké ?
En cette fin de set, avant les rappels, le discours militant est encore présent, nécessaire et salutaire.

Une version bouleversante de Cherokee Louise, de Joni Mitchell constituera le premier moment du rappel.
L’histoire d’une enfant martyrisée par sa famille. « Chanter son nom comme un mantra ! », voilà ce à quoi nous sommes invités.

Nous nous quitterons en faisant battre notre tambour.
Faire battre son tambour, une magnifique chanson d’Emily Loizeau, que les deux artistes ont déjà chantée ensemble.

Une véritable ovation ô combien méritée sera réservée aux trois artistes.
Ce concert mémorable, bouleversant, inspirant est de ceux qui vous marquent drablement.
Le message du fond et la réussite de la forme auront impressionné tous ceux qui ont eu la chance d’assister à ce magnifique moment musical et humain !

© Photo Y.P.

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