Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Florian Verdier trio en concert au Tourcoing jazz festival

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Florian Verdier, ou comment le jazz parle à l’âme des enfants que nous sommes tous restés.
Ou comment composer son propre et lumineux Children’s corner !

A l’origine, Rêves d’enfants est une série de pièces courtes pour piano seul, dont un recueil est au passage disponible chez les éditions musicales Bayard-Nizet.

Le volume II devrait suivre très prochainement…

Le pianiste a eu l’excellente idée d’arranger ses compositions pour un trio piano-basse batterie, et au passage d’enregistrer un magnifique album au titre éponyme.
C’est donc cette formation qui attend les spectateurs du Magic Mirrors installé sur la grand place de Tourcoing.

Tout commence non pas avec le numéro 1, mais le Rêve N° 9. (Toutes les pièces sont en effet différenciées par un numéro, exceptées les plus récentes.)

Et nous d’être embarqués dans un épatant voyage musical où le jazz, le classique, la pop vont être invités, au profit de compositions très élaborées sous couvert d’une apparente simplicité.

Ici, tout repose sur des ostinatos, des petites ritournelles qu’il est impossible de ne pas fredonner pendant que le pianiste joue, sur lesquelles viennent se greffer le bassiste Marc Davidovits et le batteur Christophe Gratien.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Au fur et à mesure de la découverte de ces pièces, comment ne pas se poser cette question : Si Ravel, Debussy, Satie vivaient aujourd’hui, ne serait-ce pas cette musique qu’ils joueraient ? 
(Je rappelle au passage que chez les deux premiers compositeurs, on trouve déjà des accords de neuvième, et que dans la Gymnopédie N°1, dès le premier accord, on trouve une septième, sur une base cadence modale et de Sol lydien... Et je referme ma parenthèse...)

En effet, les influences de ces maîtres français du piano sont en permanence
présentes.
Florian Verdier a évidemment dû les étudier intensément, pour parvenir à nous proposer ces morceaux où se mêlent lyrisme, poésie et virtuosité.

Le charme est immédiat. Les lignes mélodiques, avec des modulations jazzistiques savantes, des cassures de rythme réjouissantes, tout ceci enchante le public, qui ne boude pas son plaisir.

Le pianiste est un grand technicien de l’instrument.
Pour autant, la virtuosité n’est jamais avancée au détriment du propos musical. Il est hors de question de jouer vite pour jouer vite.

Bien au contraire, le jeu précis, concis est toujours au service d’un discours très construit, qui relève d’une connaissance approfondie d’influences modales propres aux « jazzeux ».

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Le trio « assure grave », pour reprendre une expression galvaudée.
La cohésion est totale, on sent l’envie, le besoin, le plaisir de jouer ensemble.
Les progressions dans chaque titre sont remarquables.
Leur construction est à chaque fois remarquable de cohérence.

Ce sera notamment le cas pour le Rêve N°11, avec un groove 4/4 implacable assuré par la rythmique qui joue au fond du temps.
Marc Davidovits nous régale d’un solo très maîtrisé, dans un esprit jazz-fusion très présent. Lui a dû étudier nombre de solos d’un certain Jaco Pastorius. 

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Debussy, Ravel mais aussi Satie.
Le r
êve N°12 est une « valse un peu étrange, presque en forme de cauchemar », selon les mots mêmes de son auteur qui nous la présente avec ces mots.
On comprend dès les premières mesures, l’influence du grand Erik, dans une composition qui relève presque d’un surréalisme du meilleur aloi.
Une musique sur laquelle on peut penser à toutes sortes d’images, toutes sortes de paysages intérieurs, propres à chacun.


La pop, écrivais-je un peu plus haut.
En voici une belle influence, dans le
rêve N°16, sous-titré Complètement spatial.
Une très jolie ballade, propre à la méditation, en orbite que nous sommes sur les harmonies délicieusement complexes du titre.
Moi, j’ai pensé au Space oddity de David Bowie.
No
us ressentons le même sentiment de plénitude. C’est très beau !

Christophe Gratien ne laissera pas sa part au chat. Derrière ses cymbales et ses fûts, lui aussi nous démontrera son talent de bien belle manière.
Le groove est profond, au fond du temps, les solos sont impressionnants de maîtrise technique. 

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

Dans le dernier rêve, ce sera le N° 21, nous voici aux côtés d’un Super héros très vintage !
Un autre détour par une ballade dans un premier temps aux allures pop-rock (on pense à certains accords de Toto, dans Hold the line.
Florian Verdier joue la mélodie itérative à la main gauche. Tout au long du titre, les nombreux contrastes et nuances harmoniques nous procurent beaucoup d’émotions.
De la très belle ouvrage !

Ce concert est de ceux qui
vous laissent un merveilleux sentiment de bonheur.
Un concert qui passe beaucoup trop vite, malgré le rappel non prévu des musiciens !
Un formidable moment musical.

Ce ne sont pas les élèves du Collège Charles-Péguy
de Tourcoing qui me contrediront, eux qui écoutaient bouche bée en prenant des notes ce jazz qui leur parlait vraiment 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article