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Ballaké Sissoko et Piers Faccini en concert au Tourcoing jazz festival

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

© Photo Y.P.

22 + 6 + 6 + 2 = 1 !

22 cordes d’une kora.
6 cordes d’une guitare Martin®.
6 cordes d’une guitare électrique Guild®.
2 casquettes (pas ®).

Le tout pour un concert magnifique, une bulle dans le temps ralenti, qui nous propulse dans un monde de poésie, de délicatesse et de sérénité.
Un concert qui fait beaucoup de bien, par les temps qui courent.

C’est ce merveilleux moment musical que nous ont offert (offrir étant le verbe qui convient) Ballaké Sissoko, assurément le plus grand joueur de Kora actuel, et le folksinger et songwriter anglais aux origines italiennes, Piers Faccini.

Les deux musiciens, amis et complices de longue date, sont venus nous présenter leur dernier album commun, Our calling, dans lequel ils nous proposent des ponts et des voyages entre leurs différentes cultures.
Un dialogue intense et passionnant, où se croisent des cheminements et des parcours musicaux à la fois uniques mais tellement complémentaires.
Ou comment abolir les frontières, les genres, les styles, de la plus belle façon qui soit.

Au fond, ici, il est question de nous mettre en relation avec un univers musical et poétique, passant outre les distances temporelles et géographiques.

Durant une heure et trente minutes, nous allons écouter des titres de cet album, ainsi que des compositions des deux musiciens, plus anciennes celles-là.

Les sons cristallins, aériens, solaires de la Kora de Ballaké Sissoko vont côtoyer en permanence ceux plus graves des deux guitares, ainsi que la voix chaude, enveloppante de Piers Faccini.
Les textes seront majoritairement en Anglais, langue maternelle du chanteur.
Une langue anglaise qu’il parvient à rendre ronde et douce.

Un répertoire de ballades intimistes dans lesquelles on se sent à l’abri du monde, en sécurité.
Une sorte de cocon musical, magnifié par ce lieu unique qu’est la salle du Magic Mirrors.
Petits vitraux colorés, lumières apaisantes, toit en forme de chapiteau circulaire, tout est réuni pour que nous nous sentions bien.

Comment ne pas une nouvelle fois être fasciné par le talent du koraïste, qui fait littéralement vivre son instrument sous ses doigts. Des accents dynamiques animent son jeu tout en finesse, qu’il double parfois de petits « ahhh ! » ou « ouaihh !» jubilatoires.

© Photo Y.P.

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Le chanteur se fond complètement dans l’univers malien, apportant dans son jeu de guitare (aux trilles évoquant la vièle monocorde rabâb) et son utilisation de l’harmonica, des couleurs elles aussi africaines.
L’idée est bien évidemment d’aller vers l’autre, et fusionner deux discours a priori étrangers l’un à l’autre.
C’est ce que Piers Faccini appelle « le folk mandingue », une formule très parlante (et très chantante!)

© Photo Y.P.

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De magnifiques moments musicaux nous attendent, basés sur les deux modes principaux de la kora, sauta et silaba.

Born on the Wind.
La louange au rossignol, cet oiseau qui passe ses hivers en Afrique. Comme un symbole…

Ninna Nanna.
Une pizzica. Une danse sur deux accords de la grande famille des tarentelles, originaire des Pouilles.
Piers Faccini termine avec une note tenue qui s’envole en un grand « 
Ah ! » dans les aigus, typique de cette musique italienne.

North and South, un titre très signifiant…

If I, un morceau enregistré à Los Angeles voici une vingtaine d’années par les deux musiciens, pour l’album Tearing Sky, avec un dialogue vocal, comme des échos, entre eux.
C’est très beau.


D’autres morceaux procèdent d’une sorte de tournerie, des ostinatos précis et réjouissants, comme Mornful Moon, Shadows are, ou encore I wanted to belong, tel un blues africain dans lequel Ballaké Sissoko frotte ses mains pour produire un rythme chaleureux.

Tout ceci relève à la fois de l’épure et d’une forme de complexité toute naturelle, au service d’un propos musical qui charme les oreilles, les cœurs et les âmes de tous les spectateurs.

Faut-il donc s’étonner qu’une standing ovation soit réservée aux deux artistes, dès les dernières notes envolées ?

Au cours du rappel, chose rare, Ballaké Sissoko prendra le micro et se manifestera très sobrement pour nous livrer une anecdote personnelle et familiale, quant à la chanson jouée, Nana Kadidja. C’est très émouvant.

Nous sortirons du Magic Mirrors sous le charme enchanteur de ces deux musiciens rares.
Vous l’aurez compris, ce concert fait partie de ceux qui resteront gravés dans les mémoires !

© Photo Y.P.

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