26 Septembre 2025
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Ah ! S’asseoir sur un banc,
Un quart d’heure avec elle…
Tout avait mal commencé. Sur ce banc, voici que se retrouvent totalement par hasard Catherine et Vincent.
Lors de cette rencontre, le courant passe mal. Ceci est un doux euphémisme…
Le hasard fait qu’il se retrouvent le lendemain sur ce même banc à lames de bois vertes.
Les deux font connaissance, et par la même occasion, nous aussi.
Lui a cinquante-sept ans, elle en a beaucoup moins.
Les deux sont soit en couple, soit marié au moins devant M. le Maire…
Malgré ces différences, au fur et à mesure de pauses-déjeuner, Catherine et Vincent vont tisser des liens de moins en moins ambigus.
Jusqu’à ce que…
Anne Giafferi a écrit une délicieuse et épatante comédie romantique.
Une comédie qui m’a fait penser aux films de Frank Capra ou Blake Edwards, dans lesquels nous éprouvons une réelle empathie pour leurs héros.
Elle va nous parler de l’évolution d’un sentiment naissant entre deux personnages.
Ce sentiment qui se transforme, cette évolution de la relation et de l’attirance entre deux êtres humains, tout ceci constitue la substantifique moelle de la pièce.
Je vais être clair : ce sujet n’est pas nouveau, beaucoup d’auteurs l’ont fait leur.
D’ailleurs, au tout début de la pièce, mais vraiment au tout début seulement, on pourrait se demander si l’on ne va pas verser dans la caricature ou le pathos du plus mauvais aloi.
Et puis, trois parti-pris nous rassurent immédiatement.
Le texte, le traitement du propos, ainsi que le choix de la distribution.
Anne Giafferi met elle-même en scène son texte.
Ce texte est à la fois tout en pudeur et d’une vraie drôlerie.
Pudeur et retenue. Qu’on ne s’attende pas à une sorte de roman « Harlequin ».
Que nenni ! Ici, l’auteure a su éviter de faire pleurer dans les chaumières.
Tout est exposé de manière très juste, très fines. Nous tombons immédiatement sous le charme des personnages, et l’empathie évoquée un peu plus haut fonctionne à plein régime.
Et puis, nous allons rire.
Le texte est émaillé de situations comiques, de formules très réjouissantes et de répliques épatantes. (Celle sur l’inflation m’a beaucoup plus… Et non, vous n’en saurez pas plus…)
De belles scènes de comédie nous attendent, dont celle concernant un certain vêtement.
Mademoiselle Giafferi a particulièrement réussi à « illustrer » visuellement son histoire par l’évolution de la distance séparant les deux personnages.
Je vous conseille de vous focaliser en assistant au spectacle sur cette distance. Un remarquable travail de placement des comédiennes et des comédiens !
Et puis, la distribution, donc !
Isabelle Carré et Bernard Campan incarnent Catherine et Vincent.
C’est peu de dire que les deux se connaissent très bien, professionnellement parlant.
Au moins trois pièces à partager l’affiche, et puis surtout le magnifique film de Zabou Breitman, Se souvenir des belles choses.
Les deux artistes vont nous faire adhérer immédiatement à la proposition.
Leur engagement, leur prise à bras le corps de ces deux rôles forcent une nouvelle fois le respect.
Grâce à eux, on croit tout à fait à ce rapprochement à la fois fortuit et irrésistible.
Le duo fonctionne comme à chaque fois à la perfection, misant sur les différences existant entre les deux, et puis de plus en plus, sur ce qui va les rassembler.
Leur progression commune est très réussie.
Ils nous font rire, également.
Les répliques fusent, chacun démontrant à se manière sa vis comica.
Avec ses ruptures, ses mimiques, sa façon de mettre en place une situation comique, Bernard Campan fait fonctionner nos zygomatiques à plein régime.
Hélène Babu, avec elle aussi la force comique qu’on lui connaît, incarne la femme de Vincent.
Elle donne à son personnage pince sans rire, un peu taciturne, une très belle couleur dramatique.
Son autre personnage est également fort réjouissant !
En compagnon dépressif de Catherine, Stanislas Stanic ne donne pas lui non plus sa part au chat.
Anne Giafferi a eu une autre idée pour nous parler de l’évolution du sentiment amoureux. Elle a imaginé devant ce banc, dans ce parc, une rencontre (presque muette) entre deux jeunes gens du même âge qui vont faire connaissance pour affirmer leur amour à la fin de la pièce.
Un très beau parti-pris.
Kelly Gowry et Antoine Suarez campent ces deux personnages, participant eux aussi à la réussite de cette entreprise artistique.
Vous l’aurez compris, je me garderai bien d’évoquer le dénouement de la pièce...
Je vous conseille ce spectacle délicat, d’une grande finesse, qui allie en permanence pudeur et drôlerie.
On sort de la Renaissance avec le sentiment d’avoir passé un très beau moment de théâtre, intelligent et maîtrisé de bout en bout.
Et Françoise Hardy de chanter pour nous...
Le premier bonheur du jour
C'est un ruban de soleil
Qui s'enroule sur ta main
Et caresse mon épaule......
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Un pas de côté - Théâtre de la Renaissance
Aux premiers jours du printemps, Catherine et Vincent font connaissance en déjeunant sur le même banc public. Tous les deux sont mariés mais ils prennent l'habitude de s'y retrouver, de parler, ...
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