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Kokoroko en concert au Festival Django Reinhardt

© Photo Y.P.

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Eux, je les aime. Vraiment !

Eux, ce sont huit jeunes musiciennes et musiciens de la scène londonienne, qui fabriquent un jazz résolument contemporain.
Le jazz de Kokoroko est un jazz d’aujourd’hui, fait d’un total métissage culturel, une musique s’étant approprié une grande pluralité de styles.

Un jazz foisonnant, qui montre combien l’importance des racines, des origines de chacun doit être prise en compte afin de fusionner dans une musique des plus réjouissantes.

Un jazz qui relève avant tout d’un héritage.
Celui de l’Afrobeat, ce mouvement artistique important, mélange de musique traditionnelle nigérienne, de jazz, de funk, de chant et de percussions. Un style qui s’est popularisé en Afrique de l’Ouest dans les années 70.

Eux, ils ont cette capacité à mettre en œuvre tout ceci, pour produire cette musique riche, solaire et foisonnante, rendant un hommage appuyé aux grands aînés que sont Fela Kuti, Ebo Taylor ou encore Tony Allen.

Parfois, un minimalisme réjouissant prend le pas sur la fusion, et l’on pense bien entendu au dub de Solange, voire d’un autre grand aîné, Sun ra.

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Durant une heure et demie, nous allons être pris dans ce tourbillon de grooves variés et plus intéressants les uns que les autres, de précision rythmique et mélodique, de talent, de virtuosité.
Et puis de joie, de bonheur et de bonne humeur. Sur scène, on s’amuse et on prend au pied de la lettre le verbe « jouer ».

Le groupe était hier emmené par deux musiciennes, chanteuses et surtout « soufflantes ». (Habituellement, une troisième demoiselle, Cassie Kinoshi est au saxophone ténor. Elle n’était pas sur scène hier, réduisant ainsi le collectif à sept membres.)

Hier, donc, Sheila Maurice-Grey, à la trompette et au bugle, ainsi que Richie Seivwright au trombone occupent le devant de la scène.
Et de quelle façon !

Les deux artistes sont impressionnantes. Aussi bien avec leur instrument qu’en chantant, elles assurent
brillament la ligne mélodique des compositions.
Leur articulation vocale / instrumentale est passionnante, avec des transitions tout en subtilité.

Le public savoure leurs interventions respectives, en duo ou en solo, à tour de rôle.

On ne peut qu’être impressionné par la qualité de l’écriture de ces interventions, de par leur précision, leur qualité mélodique et harmonique.
Tout ceci à l’air très simple, mais relève d’une vraie richesse musicale assise sur de nombreuses difficultés techniques, sans jamais tomber dans de dérisoires démonstrations.

La ligne rythmique est assurée par un redoutable tandem, à savoir Ayo Salawu à la batterie et Duane Atherley à la basse.
La pulsation et les rythmes de braise font qu’il est impossible de ne pas ressentir l’envie de bouger, voire de danser, comme ce sera le cas pour de très nombreux spectateurs qui passeront à l’acte.

Le bassiste est lui aussi impressionnant, par sa maîtrise à la fois rythmique et mélodique. Il parvient à créer des mélodies tout en assurant l’assise fondamentale du propos. Du grand art !

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Onome Edgeworth, à l’origine du groupe, frappe ses congas, ses bongos et ses petites percussions, donnant une couleur très personnelle à l’entreprise artistique.

Le guitariste Tobi Adenaike-Johnson contribue lui aussi à la partie rythmique tout en développement des solos remarqués, eux aussi très inspirés.

Aux claviers, Yohan Kebede ne laisse pas sa part au chat notamment grâce à ces interventions au Moog, au son clair caractéristique, avec les portamentos délicieux, ainsi qu’avec son piano électrique Fender Rhodes ou son Prophet Sequential Circuit, sur lequel il lui arrive de jouer de grands accords en nappes synthétiques.
Là encore, les spectateurs savourent comme il se doit sa prestation.

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Les titres s’enchaînent avec de grands moments, comme leur « tube » Tojo, démarrant par de jubilatoires accords aux cuivres, se poursuivant par le fameux afrobeat maison.
Le morceau est pratiquement avec
Ewa inu, un autre titre phare de l’album Could we be more, au rythme ternaire jubilatoire.

Une longue pièce, Three Piece suit remporte tous les suffrages, avec cette pulsation intense, au fond du temps, et toujours cette assise mélodique passionnante, avec l’articulation voix/cuivres mentionnée ci-dessus.

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Des titres comme My prayer relèvent également de douces balades, aux ambiances plus calmes presque éthérées, relevant d’une forme de sérénité tout à fait passionnante.
On se prend à « planer » sur ces délicates notes et ces harmonies tout en subtilité.
(Dans ce titre, le saxo de Miss Kinoshi nous manque, heureusement remplacé par le bugle et le trombone.)

Le groupe possède, ce qui ne gâche rien, un réel charisme, qui permettra de faire participer le public en chantant, à une et puis deux voix, à la tierce, pour un résultat réussi.

Les spectateurs ont apprécié comme il se doit ce concert des plus passionnants, remarquant la force et la puissance tranquilles de Kokoroko, tout en découvrant la finesse et la subtilité de ce jazz contemporain tout à fait original, novateur, où il se passe en permanence quelque chose d’intéressant.

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