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Cécile McLorin Salvant en concert au Festival Django Reinhardt

© Photo Y.P. -

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La Grâce !
Purement et simplement la Grâce !

Ou comment une nouvelle fois captiver et hypnotiser la pelouse du Bois d’Hyver, au Festival Django Reinhardt.

Cécile McLorin Salvant, la chanteuse la plus importante du jazz contemporain.
Celle qui est capable de passer de ses compositions toutes plus passionnantes les unes que les autres à une chanson occitane du XIIème siècle, en passant par un titre de Léo Ferré.

Cécile McLorin Salvant, à la voix au timbre chaud, velouté, clair, qu’elle peut moduler dans différents registres, une voix douce ou puissante, qui procure d’intenses émotions.

Cécile McLorin Salvant, à la tessiture et à l’ambitus impressionnants magnifiés par une technique vocale sidérante aux contrastes saisissants. Aux intonations acrobatiques, et à la capacité à jongler avec des intervalles complexes.
Celle que l’on ne peut comparer à personne d’autre, tellement sa palette vocale est unique et fascinante.

© Photo Y.P. -

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Elle n’est pas venue seule, Miss Mclorin Salvant.
Trois musiciens d’exceptions jouent avec elle, avec au piano l’un des plus grands virtuoses américains actuels, Sullivan Fortner.
A la contrebasse, nous retrouvons l’excellent Yasushi Kanamura, et à la batterie, l’épatant Kyle Poole.

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Tout commence avec une reprise complètement habitée de Est-ainsi que les hommes vivent.
Ferré-Aragon.
Une reprise intense et sidérante, au moyen d’un jazz très personnel, d’entrée de jeu, et qui d’emblée attire à elle tous les spectateurs.
Un ostinato épuré de contrebasse débute le titre, sur lequel la chanteuse place les mots du poète avec une liberté totale, avec une prosodie à la fois maîtrisée et subtile à souhait.
Le piano et la batterie entrent par la suite, au deuxième couplet, pour une rythmique tout en finesse.
C’est magnifique.

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D’autres très grands moments musicaux nous attendent.
Comme par exemple cette reprise de Mista, le titre de Diane Reeves, créé en 1999.
Hey Ha ! Mista !
Can’t you see the Wonders of the Universe ?

Après un solo de batterie très remarqué, Miss McLorin Salvant reprend cette chanson de façon là encore toute personnelle, avec cette capacité à créer de « petites ritournelles », comme un ostinato vocal, à partir des paroles de la composition originale.

Là encore, c’est d’une incroyable virtuosité et d’un propos artistique tout à fait unique.
La fin suspendue du morceau nous procure bien des frissons. Elle reprendra ce procédé sur plusieurs titres.

Voici le standard I Didn’t know What Time it was, qui figurait sur son disque Dreams end Dagers, en 2017.
Chaque temps est martelé assez puissamment, avec de passer à un swing délicat. Une version délicate, subtile, raffinée !

Cécile McLorin Salvant est passionnée par la musique française médiavale jusqu’au XVIIème siècle.
C’est ainsi qu’elle nous interprète une chanson d’Antoine Boesset, Objet dont le charme si doux, un air de cour écrit en 1640.
Une passionnante écriture contrapuntique s’engage entre le piano et la contrebasse. La chanteuse pose les mots de Boesset là encore avec grâce et aisance.
Nous retenons notre souffle devant tant de beauté. Quelle émotion !

Puis, nous aurons le plaisir de découvrir une chanson occitane du XIIème siècle, écrite par Dame Almucs de Casthelnau, trobairitz née vers 1140.
Elle commence a capella en ternaire, avec Sullivan Fortner au clavier Norlead, qui imite le son des orgues portatifs forts des troubadours en vogue à l’époque médiévale.
C’est une nouvelle fois passionnant.

Le titre est enchaîné avec un moment musical chaloupé, presque créole.
Sur scène, les quatre artistes s’amusent, communiquent entre eux, le duo Fortner-Poole se lance des piques.
On sent tout le plaisir de jouer ensemble.

Et puis l’une des compositions, peut-être la plus personnelle de Mademoiselle McLorin Salvant.
Ghost song.
I will dance with the ghost of our love
I will dance with the ghost of our long lost love

Elle commence avec une envolée toute de gospel teintée.
Le pianiste chante également, et s’engage avec « la patronne » dans un duo jubilatoire.

Cécile McLorin Salvant, celle qui arrive souvent là où l’on ne l’attend pas.
Démonstration avec une incroyable version de I feel love, de Donna Summer, pour le rappel.
Un groove magnifique s’enclenche. Le public est alors en transe, comme pour libérer toute l’attention et la concentration du concert.

Tous ici sommes bien conscients d’avoir vécu un moment musical rare, dans cette 45ème édition du festival.
Cécile McLorin Salvant, ou la Grâce incarnée, n’en finis-je pas de vous répéter.

© Photo Y.P. -

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