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Vanessa Collier en concert au Jazz Club Etoile

© Photo Y.P. -

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She’s a so saxy girl !

Celle qui vient d’être nominée trois fois aux prestigieux Blues Music Awards 2025 (Meilleur musicienne catégorie cuivre, meilleure artiste féminine, et meilleur album féminin (Do it my own way), celle-ci jouait pour la première fois à Paris, sur la scène du prestigieux Jazz Club Etoile.

Du blues, du blues, du blues, mais pas que !
Vanessa Collier, qui maîtrise parfaitement la musique au cycle de douze mesures, nous propose également un passionnant et fulgurant groove soul et funk.
Les spectateurs venus en nombre hier soir (la salle affichait complet) ont découvert une musique intense et lumineuse, faite de multiples influences et d’une passionnante forme métissée.

Oui, pour groover, ça allait groover !
En témoigne le premier titre qui immédiatement vous prend aux tripes. Run Around.
Et nous nous laissons littéralement envahir par cette pulsation de braise, avec une rythmique au fond du temps qui vous donne envie de bouger, de taper du pied ou des mains.

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Vanessa Collier est une étonnante et talentueuse poly-instrumentiste, qui captive dès les premières mesures son auditoire.

Elle chante le blues et la soul. Et très bien. Très très bien, même !
D’une voix chaude, veloutée, sans forcer dans le style éraillé ou tomber dans une caricature de « growl » malvenue), elle interprète ses propres chansons, avec des textes qui nous rappelleront ses influences, son enfance, qui nous diront combien sa maman compte pour elle (notamment avec le titre Two parts of sugar, one part of lime).
C’est un vrai bonheur de l’écouter et de la voir jouer et vivre sa musique, avec intensité, profondeur et en même temps une dimension aérienne fort réjouissante.

La technique vocale est impressionnante, toujours au service d’une émotion à délivrer. La sensibilité de la musicienne est en permanence mise en évidence, avec souvent des moments de grâce épatants.

Vanessa Collier est une saxophoniste émérite, qui va nous démontrer son talent à arpenter les gammes pentatoniques de sa musique.
Oui, pour jouer, elle joue ! Vite et bien ! Mais là encore, sans jamais rien de gratuit. Toutes les notes sont au service du propos et du discours musical.

Une évidence m’est apparue : l’influence d’un certain Cannonbal Adderley.
Miss Collier possède elle aussi cette expressivité de jeu qu’avait le grand jazzman, notamment lors de sa dernière période artistique, dans laquelle il s’était tourné davantage vers le funk.

Et puis bien entendu, comment ne pas penser à l’immense Macéo Parker.
Le saxophone alto de celle qui a fréquenté la prestigieuse école Berkley College Music se transforme parfois en véritable lance-flamme musical, avec de magnifiques et lyriques envolées dans les hyper-aigus !
La virtuosité de la musicenne est alors fascinante !
(Un petit cocorico : elle joue sur un saxophone Selmer équipé un bec Syos tout aussi tricolore (même s’il est vert…), imprimé en 3d.)

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Comme si tout ceci ne suffisait pas, Vanessa Collier est également guitariste. Le cuivre, oui, les cordes également !

Elle est entourée sur scène de trois musiciens eux aussi très talentueux.

A la guitare, « Mighty » Mike Schermer nous ravira avec ses solos eux aussi très techniques et très inspirés.
La virtuosité du guitariste n’est plus à démontrer mais tous, nous restons bouche bée devant sa dextérité et surtout un lyrisme qui toujours est mis en valeur.

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La rythmique est assurée par le taciturne mais lui aussi talentueux Justice Guevara à la basse et l’épatant Byron Cage à la batterie (et à la casquette à la Dennis Chambers).
Les deux compères s’entendent comme larrons en foire à délivrer une pulsation d’enfer, une magnifique assise rythmique tellurique qui permet aux deux autres musiciens de pouvoir s’exprimer totalement.
Le bassiste et le batteur assurent également les chœurs sur certains titres.

Les quatre musiciens se connaissent bien, et une véritable complicité est en permanence palpable. Les sourires, les clins d’œil, les plaisanteries qui fusent ne laissent planer aucun doute.
Le quatuor est d’une totale et parfaite homogénéité.

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Les morceaux vont s’enchaîner sans temps mort, avec à chaque fois ou presque un petit laïus explicatif de la « patronne ». (Elle a beaucoup d’humour, et son rire clair vous procure bien des frissons…)

De très beaux moments musicaux nous seront réservés.
Whisky, un blues pur et dur, Beautiful qui nous installe dans une douce sérénité, avec une sorte de force tranquille qui émane de Vanessa Collier.
Le boogie endiablé de Two parts…, l’une des chansons préférées de Miss Collier, When it don’t come easy, qui lui permet de nous délivrer un solo d’anthologie, T-Bone, un autre blues très rapide..
Et puis le magnifique Icarus, aux deux tempo alternés, qui nous rappelle le danger de se rapprocher du soleil…

Avec Wild, nous voici dans un titre très slow, style années 80. On pense évidemment à Marvin Gay.

Le concert se terminera avec deux reprises.
Vanessa Collier se confronte à Tongue Tied, repris lui aussi en son temps par un certain James Brown. Le funk est bien là, à la fois intense et profond.
Et puis, en guise de rappel, le célèbre I can’t stand the rain, dans une version passionnante.
En faut-il du talent pour se confronter à un standard de la soul popularisé par Tine Turner.

Une standing ovation saluera la prestation des musiciens. Et ce n’est que justice !
Vanessa Collier, dont c’était son tout premier concert parisien, était visiblement émue.
Elle poursuit sa tournée mondiale, avec des dates notamment en Allemagne, en Suède puis au Canada, avant de retrouver de grandes salles au pays de l’oncle Sam.

Moi, je pourrai dire qu’à ce premier concert dans notre capitale, j’y étais !
Un magnifique et rare moment musical !

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Vanessa Collier en concert au Jazz Club Etoile
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