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Robert Charlebois en concert à Provins

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Crisse de crisse de Tabarnak ! Câlice !

Voici qu’il a quitté sa Belle Province pour la belle ville de Provins, afin de démarrer une tournée sur notre vieux continent !

Lui, c’est une légende, une icône de la chanson francophone.
Lui, on l’aime depuis plus de cinquante ans.
Lui, on fredonne et on chante ses refrains, comme s’il faisait partie de la famille.
Un cousin éloigné venu tout droit de Montréal, un cheum qui viendrait vous payer une tournée de bière au sirop d’érable !

Robert Charlebois revient chez nous pour chanter, bien évidemment, mais aussi et surtout nous parler de poésie.
La poésie qu’il a mise en musique.
Ce faisant, il va mettre notamment à l’honneur l’écrivain, poète, parolier, sculpteur québecois Réjean Ducharme, (1941-2017), qu’il a côtoyé et bien connu.
Ducharme lui a écrit une trentaine de chansons, dont celles que nous entendrons ce soir, comme Mon pays (ce n’est pas un pays, c’est un job), J’veux d’l’amour, Heureux en amour, ou encore Je l’savais.
Ce nouveau spectacle est d’ailleurs appelé « Charlebois, Ducharme et les autres ! »

D’autres poètes seront évoqués, comme Arthur Rimbaud, Gilles Vigneault, et puis bien sûr Charlebois lui-même, qui a écrit des chansons qui appartiennent définitivement au patrimoine culturel mondial.

Ce faisant, le Québécois va se pencher sur sa longue carrière, en nous offrant durant presque deux heures vingt-deux chansons, des tubes qu’il serait impensable de ne pas interpréter ou des petits bijoux pourtant beaucoup moins connus.

Au fond, il sera question pour le chanteur québécois de se pencher sur sa carrière, mais surtout sur ses racines qui ont fait qu’il est devenu ce qu’il est, sur les rencontres humaines et littéraires qui ont abouti à la création de tant de succès.
Sur scène, seront projetés des souvenirs personnels, des extraits de film (le chanteur a également joué la comédie au cinéma).
La scénographie est très réussie, avec une création lumière mettant particulièrement en valeur les œuvres chantées.


Ses cinq musiciens arrivent sur scène, s’installent, et le voici, le grand Robert.
Dans une forme époustouflante. (Je vous conseille d’aller jeter un coup d’œil sur sa fiche Wikipedia pour découvrir sa date de naissance. C’est hallucinant !)
Filiforme, svelte, marchant d’un pas décidé et assuré, il se plante devant le micro. Nous regarde tous, jaugeant la salle de cet air malicieux qu’on lui connaît.

Et puis la voix !
Inimitable, reconnaissable entre toutes. Une voix à l’accent si délicieux, une voix un peu éraillée, une voix qui n’a rien perdu de sa tonicité et de sa puissance, même si parfois, et c’est bien normal, le timbre sera un peu moins étendu que par le passé, l’obligeant à prendre certaines fins de chansons à l’octave inférieur.
Il n’est pas le seul à devoir procéder de la sorte, et au moins lui n’utilise pas les correcteurs numériques en live, comme une certaine consœur canadienne…
Le premier titre sera Le mont Athos, écrit avec un autre poète, Marcel Sabourin.
Car comment voulez-vous c'que vous voudrez
Quand la vie s'en est allée sans vous en parler
Su'l mont Athos
Y a une punaise, moi...


L’envie de chanter, de dire les mots, de raconter des histoires sont toujours là.
Intactes, présentes, palpables.
Cet homme est toujours aussi amoureux des mots et des mélodies qu’il a composées.
Et pour nous, c’est toujours un bonheur de les retrouver vivants, ces mots et ces mélodies.

L’osmose entre les six musiciens présents sur le plateau du Centre culturel Saint-Ayoul est elle aussi palpable et omniprésente.
Et pourtant, au moins trois des musiciens jouent avec lui pour la première fois, sans même avoir répété nous apprendra fièrement Robert Charlebois.
Le band est amené par le guitariste virtuose Daniel Lacoste, qui sillonne les routes avec lui depuis presque vingt ans.

Le show sera à la fois très musclé, avec une belle énergie et une coloration très rock, comme dans Mon rock’n’roll, Mon pays ou Lindberg, très attendu (au passage, le chanteur siffle toujours aussi bien…)
Dans ces moments, Charlebois se saisit de sa belle Gretsch et ce sont donc trois guitares électriques qui participent à une rythmique et une pulsation on ne peut plus tonique, voire musclée.

D’autres moments délicats et d’une belle douceur nous attendent également, lorsqu’il s’agit d’interpréter les ballades que tout le monde attend, comme la merveilleuse et éternelle Je reviendrai à Montréal, reprise en chœur par toute la salle.

Charlebois n’est pas avare d’anecdotes, notamment concernant la relation qu’il a nouée avec un certain Léo Ferré, lorsqu’il fit sa première partie.
Ce moment du spectacle est très émouvant.

Et puis bien entendu nous retrouvons le Charlebois drôle, plein d'un humour parfois grinçant. Dans une espèce d’anaphore délicieuse et très espiègle, il s’en prendra à la « chanteuse » Taylor Swift, la singeant, rappelant quelques une de ses paroles « niaiseuses », et surtout dénonçant le prix exorbitant de ses places de concert.
Chaque intervention consacrée à ce sujet est drôlissime !

Mais bien entendu, ce que chacun retriendra avant tout, c’est la capacité du montréalais à continuer à nous charmer, nous rendant toujours aussi admiratif et heureux de retrouver son univers, ses chansons, ses textes et sa poésie à nulle autre pareille.

Robert Charlebois reste pour toujours un immense artiste. C’est un privilège que de pouvoir l’applaudir dans ce concert empli de beaucoup d’émotions.
Ne manquez pas d’aller à sa rencontre, à Bobino, le 9 décembre prochain !

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