16 Octobre 2024
The mythic twelve bars !
Les fameuses douze mesures !
Celles du blues du blues en général, et celle du Chicago blues en particulier.
Ce Chicago Blues dont Lizz Wright s’est approprié avec une voix et un talent merveilleux, elle, la fille de la petite ville d’Harira, dans l’état de Georgie.
L’instrumentation présente sur scène avant le début de set ne trompera personne : Télécaster et Jazz bass Fender, Orgue Hammond et piano, Batterie : nous allons entendre ce que nous allons entendre !
Lizz Wright, l’héritière.
Celle des grands noms de cette musique essentielle qu’est donc le blues, aux racines que l’on sait, l’héritière également des grands voix féminines de la Soul music américaine.
Durant tout le concert, nous penserons à tous ces grands aînés, dont elle est la fille spirituelle. Celles et ceux qui ont crié leur rage et leur amour.
Au fil de sa discographie, et ce concert en sera également une preuve vivante, nous découvrons donc que Miss Wright a su faire sienne cette musique en la teintant de colorations jazz et soul passionnantes.
Trop rare en France, cette tournée est comme un privilège. Les spectateurs tourquennois ne vont pas tarder à s’en rendre compte !
Lizz Wright, une voix ! Et quelle voix !
Une voix alto capable de monter haut, grâce à un large ambitus, teintée parfois d’un très léger souffle passionnant.
Voici ce qu’on pouvait lire voici quelques années dans le NY Times, concernant cette voix : « un alto doux et sombre possédant des qualités que l’on pourrait associer au bourbon vieilli en fût et au cuir doux comme du beurre. »
Un mélange de puissance et de délicatesse, donc, que nous ressentirons en permanence.
Fille d’un pasteur américain, elle a commencé à jouer du gospel à l’église, ayant appris le piano.
Elle étudiera plus tard le chant à l’université d’Atlanta et à la New-York School.
Et nous de nous rendre dès le premier titre de cette maîtrise technique et vocale irréprochable, associée à une immense sensibilité.
Nous allons passer un moment musical inoubliable.
Sweet Feeling débute le concert.
Un blues donc, qui nous donne immédiatement envie de bouger, de nous lever.
La voix profonde, intense, à la fois puissante et douce, nous plonge tout de suite dans un ravissement total.
Les musiciens qui entourent Liz Wright nous démontrent eux aussi leur grand talent.
Une rythmique de braise assurée par Ian Edwards à la batterie et de Ben Zwerin à la bass procure une grande assise de tous les instants, permettant aux deux autres et à la chanteuse de s’exprimer pleinement.
Adam Levy et sa Telecaster (ou sa guitare acoustique) nous délivrera des notes poignantes, claires ou un peu plus saturées.
Quant à Alexis Lombe, au piano ou à l’orgue Hammond, elle complète avec brio la quarter accompagnateur.
La musicienne aux pieds nus maîtrise à la perfection le Hammond. Les roues phoniques, les tirettes harmoniques, la cabine Leslie nous enchantent.
De très grands moments nous attendent.
Avec Sparrow, l’hirondelle, Lizz Wright rend hommage à sa famille, touchée par un ouragan états-unien.
Nous comprenons à demi-mot qu’un drame est survenu.
La très belle ballade, cette mélopée triste et mélancolique nous procure beaucoup d’émotions.
Une magnifique modulation en mode majeur nous fait comprendre que la lumière reviendra assurément.
« Remember the storm », reprendront les musiciens assurant également les chœurs.
Your Love, Imagination suivent, dans l’ordre de la set-list.
Et puis Old man. Poignant.
On devine évidemment qui est ce vieil homme.
Une puissance, une énergie se dégagent de la chanson, on comprend l’urgence et le besoin de l’interpréter.
« Old man take a look in my life », comme une demande de conseil, d’accompagnent.
La Télécaster crie, la basse au son rond Ampeg est bien au fond du temps.
Nous sommes véritablement emportés par les notes et les mots !
Chasing Stange, c’est un retour au calme. Un sentiment de grâce, de pureté nous saisit.
« Tell me, do you love me » telle est la question que pose la chanteuse à celui ou celle qu’elle aime.
Nous, en ce qui nous concerne, nous avons notre réponse si la question nous était adressée.
Le titre est enchaîné avec beaucoup de subtilité avec Confessing.
Lizz Wright rejoindra le clavier du Steinway & Sons pour Who knows.
Et nous de nous rendre vraiment compte de l’importance du Gospel. Ici, c’est une adresse à un être supérieur dont il est question.
Un dernier blues, avec Salt, permettra une dernière fois de faire vibrer les spectateurs, totalement conquis par le talent et le charisme de Mademoiselle Wright.
Standing ovation et applaudissement rythmés, bien entendu.
Nous tiendrons à ce que tous reviennent pour un rappel.
Walk.
Il faut continuer, avancer, marcher. Coûte que coûte. En toute liberté !
En sortant de la salle du théâtre Raymond-Devos, tous sommes conscients d’avoir vécu un magnifique moment musical, l’un de ceux qui comptent.
Un moment intense et délicat, de ceux qui vous procurent beaucoup d'émotions.
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