28 Octobre 2024
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Vincent, Ivan, Sophie, Claude et les autres…
Les autres, c’est nous, les spectateurs du théâtre de l’Œuvre qui avons assisté à un nouveau et remarquable spectacle de la Compagnie J’y retourne immédiatement.
Le premier d’une série de trois spectacles musico-dramaturgiques dans lesquels sont mis en parallèle et en abîme la correspondance de grands compositeurs du début du XXème siècle et leurs œuvres. Avant Fauré puis Ravel, c’est Claude Debussy qui ouvrait le bal, en ce dimanche 27 octobre.
Une musicienne et un musicien, deux virtuoses.
Au violon, Sophie Lemonier-Wallez. Au piano, Vincent Leterme.
Un comédien, bien connu des fidèles de ce site : Ivan Morane.
Au cours de cette heure et vingt minutes passionnantes, nous allons écouter des extraits à la fois épistolaires et musicaux de celui que l’on réduit trop souvent à la composition de La Mer et du Prélude à l’après-midi d’un faune.
Ce faisant, nous allons découvrir des facettes insoupçonnées de la personnalité du grand musicien.
Quand on pense à Debussy, les mots rêverie, mélancolie, impressionnisme, méditation viennent immédiatement à l’esprit.
Ici, à l’écoute de certains courriers, nous découvrons un homme plein de malice et d’humour, usant de formules réjouissantes. Un esprit vif, enjoué, n’hésitant pas à se moquer de certains de ses contemporains et collègues (N’est-ce pas Gustave Charpentier ? N’est-ce pas Hector Berlioz ?)
Claude Debussy est aussi très au fait de son talent et, disons-le, de son génie. Certaines missives adressées à son éditeur Durand ne laissent planer aucun doute. On peut même penser que la modestie n’est pas la première de ses qualités ! Qu’importe, avec tant d’œuvres passées à la postérité et étudiées par tant de jeunes apprentis pianistes.
Ces œuvres, justement, nous allons en écouter, ou tout du moins des extraits, pas moins d’une quinzaine. Si l’on connaît bien, évidemment, la Rêverie, Golliwogg, le Clair de lune, en revanche, des morceaux comme La fille aux cheveux de lin, Hommage à S.Pickwick, Pour invoquer Pan… sont beaucoup moins dans l’oreille de la majorité des spectateurs.
Tout en délicatesse et grâce, le duo piano/violon offre un paysage qui nous plonge instantanément dans les volutes debussystes.
La violoniste concertiste nous captive par son jeu, sa présence et souvent par son tempérament. Celle qui est régulièrement invitée dans les plus prestigieuses salles de concert à travers le monde parvient à travers les mélodies intimistes, ondoyantes ou les envolées plus fougueuses et d’une grande vitalité rythmique à nous donner une vision fascinante d’une œuvre majoritairement écrite pour piano.
Au piano, justement, un autre artiste régulièrement présent dans les colonnes de ce site, Vincent Leterme, dont on n’en finirait pas d’énumérer ses participations musicales ou scéniques, à la Comédie Françaises ou dans d’autres théâtres.
Le duo fonctionne à la perfection. La complicité musicale est immédiatement perceptible et ce, notamment, dans les pièces les plus vives et dynamiques.
Ce qu’ils nous donnent à écouter relève à la fois d’une grande précision et d’une grâce de tous les instants.
Et puis, les textes.
Les lettres, tirées de la nombreuse correspondance de Debussy éditée chez Gallimard.
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Nous y sommes, dans ce début du siècle passé. Outre le caractère personnel et intime de ces échanges, nous sommes plongés dans toute cette époque pré-Grande Guerre dans laquelle nous côtoyons l’Orient Express, la Vienne des années 1910 avec, déjà, ses soldats omniprésents.
Debussy nous parle de ses amours, défuntes (une déchirante lettre de séparation) ou nouvelles (un délicieux courrier dans lequel il évoque le manque de sa bien-aimée, Emma et de leur fille, Chouchou).
Chouchou, que nous entendrons par la voix-off de Marie-Christine Barrault en introduction du spectacle.
Ivan Morane, donc.
Quelle joie de retrouver ce conteur, ce diseur, qui avec volupté et souvent malice, nous immerge dans les mots, ces mots qui trouvent, et réciproquement, un réel et judicieux écho dans les notes du compositeur.
Celui qui nous donna une magnifique version de La Chute de Camus, nous ravit une nouvelle fois de son art de dire. Nous sommes véritablement au-delà de la lecture. Ivan Morane incarne Claude Debussy, en habit de soirée, de façon habitée et on ne peut plus convaincante.
Ses ruptures, ses adresses au public (et au pianiste), la façon dont il met en scène les déplacements de la violoniste, tout ceci est particulièrement réussi.
Tout comme sa sortie de scène, très émouvante.
Un autre talent du comédien participe également pleinement à la réussite du spectacle : Ivan Morane signe la mise en lumières, qui met magnifiquement en valeur non seulement les trois artistes mais également le plateau et le mur du lointain. Visuellement parlant, c’est très beau. Aussi.
Vous l’aurez compris, cette délicieuse entreprise artistique est de celles qui procurent à toute une salle un sentiment de bonheur permanent, et qui perdure bien après la sortie du théâtre.
Ne manquez pas les deux prochains opus dimanche 24 novembre et dimanche 15 décembre. Ravel et Fauré seront au programme.
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Compagnie Théâtrale | J'y retourne immédiatement
Le projet de la compagnie J'y retourne immédiatement !
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CHEFS D'OEUVRE - 27 OCT - Le Théâtre de l'Œuvre
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