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Georgia Cécile en concert au Duc des Lombards

© Photo Y.P. -

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Goan take a keek oot the windoe, Georgia Cécile sang in the Duc des Lombards !

 

L’Ecosse ne produit pas que des kilts, des cornemuses et des monstres dans les Lochs, le pays des Highlands est également la terre natale d’une jeune chanteuse qui se place résolument comme l’un des phares de la nouvelle vague d’artistes de jazz britanniques. On n’est pas lauréate du prix « U.K. Jazz Act of the Year » et « Vocalist of the Year » au Jazz F.M Awards 2022.

 

Originaire de Glasgow, ayant baigné dans le jazz depuis sa tendre enfance, son premier album intitulé Only the lovers sings, sorti en 2021, a été l’un des albums les plus en vue cette année-là en Grande-Bretagne.

Gregory Porter l’a choisie pour assurer sa première partie au Royal Albert Hall, s’il vous plaît, Jamie Cullum lui a ouvert les portes de la BBC.

 

Celles et ceux qui ont eu la chance d’assister à l’un de ses quatre concerts parisiens vont très vite comprendre pourquoi un tel engouement de l’autre côté du Channel.

 

Une voix. A la clarté lumineuse.

Une voix qui vous prend et vous emmène du côté des grandes aînées. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si dans la set-list d’hier soir figuraient en bonne place deux titres immortalisés l’un par Dinah Washington, « Teach me tonight » et surtout par Ella Fitzgerald, « Body and Soul ».

 

Nous allons retrouver la clarté du timbre, la technique vocale irréprochable, les inflexions et les nuances délicates, sans oublier la capacité à maîtriser les aigus de ces chanteuses légendaires.

 

Pour autant, miss Georgia n’est pas dans le registre de la copie ou de la contrefaçon musicale. Elle a su s’approprier un style, celui de la fin des années 60, tout en y apportant sa personnalité, sa délicatesse et un univers qui lui est propre.

 

Elle est venue défendre sur le continent son deuxième opus « Sure of you ».

A ses côtés, Aleph Aguiar à la guitare et Ferg Ireland à la contrebasse.

 

Dès les premières notes, le charme opère, nous voici subjugués par la voix sincère et franche de celle qui est montée sur scène en ayant choisi un code vestimentaire représentatif du jazz classique : la robe longue satinée à bustier et les grands gants noirs impressionnent.
 

© Photo Y.P. -

Avec les titres « Come Summertime » et « Harpoon », nous comprenons sa grande et irréprochable maîtrise vocale, avec notamment une tessiture importante et de remarquables pianissimo. Les notes tenues en fins de phrases sont à couper le souffle.

 

Dans « Smooth saving », au phrasé beaucoup plus swing, chabada, elle démontre également sa capacité à scater. Autre référence à la grande Ella.

 

Voici venir « In New-York », dans un registre plus R’n’B, presque funk, un peu à la George Benson. Le vibrato, dont elle use à bon escient, ravit le public de connaisseurs.

 

Une autre reprise, « My one and only love », écrite par John Coltrane et Johnny Hartmann, nous fait comprendre combien l’artiste est capable de s’approprier un standard. Mademoiselle Cécile est véritablement habitée par ce qu’elle chante. Elle parvient sans peine à communiquer beaucoup d’émotion dans la salle.

 

Il en sera de même pour le « Body and Soul », qu’elle aborde avec une approche rythmique proche du boléro. Le parti-pris fonctionne à la perfection. Miss Ella n’est pas trahie.

 

A la guitare, Aleph Aguiar nous démontre quant à lui son grand talent, que ce soit en matière d’accompagnement rythmique ou bien de passages en solo très virtuoses. Ses chorus seront applaudis chaleureusement.
 

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Ferg Ireland à la contrebasse n’est pas en reste avec lui aussi des soli impressionants avec, notamment, des sauts de registres grave/aigu et une grande technique de jeu au pouce.
 

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Les deux garçons s’empareront quelques fois d’un micro pour assurer les choeurs.

 

La trio fonctionne à la perfection. Les trois musiciens sont heureux de jouer ensemble, c’est évident.

Il y a des rires et des sourires qui ne trompent pas.

 

Le set se poursuit avec une magnifique composition dédiée à son père : Georgia Cécile, avec « He knows how to love », rend hommage à celui qui était un pianiste de jazz réputé. Le contrebassiste s’est emparé de son archet et le guitariste, grâce à des pédales d’effets, joue des nappes sonores envoûtantes et sensuelles.

 

Le public participera à sa mesure au concert en reprenant, à l’invite de la chanteuse, des morceaux de phrases et en rythmant plusieurs mélodies.

 

La chanteuse sera rappelée pour un « encore ». Il était hors de question de laisser le trio regagner ses loges. Les trois artistes seront très applaudis, ce qui ne sera que justice.

 

Dans les années à venir, il va falloir compter sur Georgia Cécile. Je vous conseille de bien retenir son nom : ce qu’elle nous a montré ce soir présage une grande carrière internationale.

Nous pourrons dire : nous y étions, ce soir-là, au Duc des Lombards.

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