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Kolinga en concert à l'Astrada / Jazz in Marciac

© Photo Y.P. -

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Le fond et la forme !

Ou quand une musique métissée, faite de couleurs, de soleil et de mélange se retrouve au service d’un message humaniste.

Un message dont nous avons un très grand besoin en ce moment.
Un message qui place l’être humain au centre d’une cosmogonie du quotidien, tel un vermisseau à la fois dérisoire mais tellement essentiel, un message qui nous rappelle que cet être-là doit se réclamer de ces valeurs fondamentales que sont l’altruisme et la fraternité.

Ce message, c’est le groupe Kolinga qui l’a délivré de bien magnifique façon, hier à l’Astrada.

Kolinga, ce groupe basque fondé par la chanteuse d’origine congolaise Rebecca M’Boungou et le guitariste Arnaud Estor compte aujourd’hui six membres.
Cinq musiciens, donc, qui avec des compositions très abouties, ambitieuses, aux arrangements sophistiqués, vont permettre à Mademoiselle M’Boungou de chanter ce qu’elle a à exprimer.

Ce qu’elle va nous dire, c’est sa double culture, elle dont les racines sont congolaises.
Ce n’est pas pour rien que le deuxième album du groupe, dont sera tirée la majorité des morceaux joués, ce n’est pas pour tien que cet album a pour titre Legacy. L’héritage.

La chanteuse reviendra à plusieurs reprises sur cet héritage, cette histoire de transmission à laquelle elle a été confrontée. Forcément.
Elle va nous dire comment étant française, elle relativise les problèmes hexagonaux, connaissant ceux du pays d’origine.
Relativiser. La misère n’est pas la même partout. La misère a des degrés.

Rebecca M’Boungou nous parlera d’elle, également.
Elle nous dira comment positiver, avec notamment un petit discours et une chanson intitulée Ca va aller, qui constitueront, je la cite, « un petit manuel pour aller bien ».
« Dépose ton armure, même si ton arme est un sourire… »

Oui, il est des destinations géographiques qui peuvent déboucher sur des voyages intérieurs.
Ces voyages-là ne sont pas les moins intéressants. Bien au contraire.

De sa voix chaude, ronde, suave, elle nous racontera  également « les femmes fatiguées qui luttent pour se libérer du joug du patriarcat », elle nous dira « ces femmes qui coopèrent au lieu de dominer ».

Voici pour le fond.

© Photo Y.P. -

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La forme n’est pas moins réjouissante.
Kolinga, ce sont des compositions ayant bien souvent pour support une rythmique des origines de la chanteuse.

En permanence, nous allons retrouver un groove profond, terrien, des rythmes ancrés sur la latérite écarlates, sur lesquels on peut danser en martelant le sol de nos pieds.
La danse africaine, centrée sur la terre, la danse qui vous emmène loin, le corps qui est sollicité au même titre que l’âme.

Parfois le propos rythmique sur une dimension fort réjouissante, un peu reggae, voire ska. Comment ne pas avoir envie de bouger !

Sur cette rythmique de braise, assurée notamment par Nico Martin à la basse et Jérôme Martineau-Ricotti à la batterie, vont venir se greffer des thèmes très aboutis, des mélodies sophistiquées, exigeantes mais toujours passionnantes.

Ce côté mélodique est assuré par la chanteuse et M. Estor à la guitare, lui qui bien souvent se lancera dans des solos remarqués.

De délicieux contrepoints, seront réalisés par deux musiciens qui vont donner une couleur tout à fait intéressante, et vont notamment assurer la couleur du métissage évoqué un peu plus haut.

Romain Thorel au cor d’harmonie et aux chœurs, Jérémie Poirier-Quinot à la flûte, au clavier et également aux chœurs, se chargent de ces lignes mélodiques qui viennent se poser en écho au chant.

En permanence, règne une véritable harmonie et une réelle osmose, au sein du groupe. On sent le plaisir de jouer, de délivrer ensemble ce message.
Le talent est manifeste, tant au niveau de l’écriture que des savoir-faire individuels.
La mise en place est irréprochable, et on ressent très vite une belle unité constituée d’individualités multiples.


Je ne voudrais pas passer sous silence le fait que Rebecca M’Boungou joue également de la guitare et du piano.
Lors du morceau
Les fantômes, elle utilise un système de looper, et fabrique en direct un climat un peu étrange fait de boucles et de d’ostinati numériques.

Lors du rappel, nous serons invités à danser, à partager debout, avec notre corps, ce sentiment de joie, de bonheur communicatif dont nous avons été destinataires durant une heure et trente minutes.
Votre serviteur ne sera pas le dernier à s’exécuter.

Kolinga. La double culture au service d'un propos universel d’une grande humanité !
Un concert mémorable !

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