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Faada Freddy en concert au Festival des deux Rivières.

© Photo Y.P. -

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Freddy ou les riffs de la nuit.

Premier grand moment hier du Festival des deux Rivières, à la Ferté-sous-Jouarre.
Premiers grands frissons sous le chapiteau dressé pour l’occasion de cette 12ème édition de ce rendez-vous musical incontournable du nord de la Seine-et-Marne.

Le chanteur, rappeur sénégalais a purement et simplement enflammé le cœur et l’âme des spectateurs.
Et ce, au cours d’un show survitaminé, boosté à l’énergie et au charisme de cet artiste qui a conquis dès ses premières notes l’ensemble du public, les fans, bien entendu, mais également ceux qui avaient la chance de le découvrir.

Un premier étonnement les accueille, ces newbies en la matière : en arrivant sous la grande toile bleue, l’on ne peut qu’être étonné par ce que nous voyons sur le plateau.
Ou plus exactement par ce que nous ne voyons pas.

Sur la scène, nimbée d’une lumière bleue, seuls cinq micros sur pieds sont disposés de jardin à cour.
Nous n’allons pas tarder à comprendre pourquoi.

Une bande son très funk années 80 pré-concert chauffe le public.
Voici, beaucoup plus fort, Thriller, de Michaël Jackson. Les projecteurs blinders s’allument sur le public.
La pression monte.
Soudain, éclairés en contre par les multiples led, cinq musiciens entrent à cour. Pour rejoindre chacun leur poste.
Toujours aucun instrument de musique.
Ces musiciens sont des vocalistes et des percussionnistes corporels.

Avec leur voix, avec leurs mains et leurs corps,

Et puis le boss arrive.
Charismatique ! Félin ! A la démarche un peu chaloupée, tel un dandy des temps modernes.
Au look immédiatement frappant : pantalon coloré, gilet à grands carreaux, fins dread-locks et chapeau melon.
Dès ses premiers mots, il nous cueille pour ne plus nous lâcher.

Faada Freddy ou le groove à l’état pur, mâtiné de gospel funky, à moins que ce ne soit le contraire.
De sa voix de velours, souvent un peu penché sur le côté gauche, il semble manifestement prendre beaucoup de plaisir à interpréter les titres de son dernier album en date, Tables Will Turn, avec le tube planétaire (si si…) et éponyme.

Oui le charisme. Fascinant de voir comment ce garçon sait mettre un public de son côté, avec une remarquable économie de moyens.

En effet, j’ai paradoxalement retrouvé l’esprit d’un groupe de jazz vocal composé de six merveilleux chanteurs : Take 6.
Ici, le principe relève du même procédé artistique.

Les voix remplacent les instruments, les corps assurent certains rythmes, certaines percussions.
Pour autant, Faada Freddy a su actualiser
le propos musical : ces cinq musiciens et lui placent leurs voix sur des samples et des grooves pré-enregistrés, qui pour pulser, pulsent !
Je défie quiconque de rester de marbre devant ce show. On ne peut qu’avoir envie de bouger, de remuer, de danser.
Le corps compte autant que l’âme.

Les arrangements sont somptueux. Les vocalistes nous transportent avec leurs délicates harmonies, leurs beats groovy et leur énergie communicative.
Le leader n’a « plus qu’à » poser sa voix et ses mots sur ces nappes vocales.


Le public ne boude pas son plaisir.
Il faut dire que cet artiste brille par sa générosité, son total engagement. Il ne ménage vraiment pas sa peine.
Tout au long de cette heure un quart de spectacle, le chapiteau devient bouillant, l’ambiance ne cesse de monter, de s’échauffer.
Il faut beaucoup de présence et de talent pour arriver à parvenir en très peu de temps à survolter son monde.


Pour autant, Faada Freddy va nous démontrer très finement son talent, avec un titre plus lent, moins groove.
Pour l’occasion, d’une
remarquable tessiture de haute-contre, il va se lancer dans des vocalises éthérées, presque élégiaques.
Le propos a radicalement changé, mais la cohérence artistique est pourtant entière.

Le stomp ne sera pas oublié, les percussions corporelles avec les pieds ravissent tous les festivaliers.

Un sentiment de fête totale se dégage de ce concert, une communion allant au-delà des différences et des frontières. Au fond, un vrai sentiment de bonheur passant par un partage de groove, de hip-hop, de funk se dégage de tout ceci.

Oui, un vrai bonheur.
C’est ce qui se dégage de ce concert qui aurait bien pu durer deux fois plus longtemps,
même si parfois, le son très très très fort, avec notamment des infra-basses omniprésentes, peut se montrer un peu éprouvant

Nous avons vécu hier le premier grand moment de cette 12ème édition du festival des deux rivières.

© Photo Y.P. -

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