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Room

© Photo Y.P. -

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Tous les chemins mènent à Room !

The room. La chambre. Un lieu. Un espace.
Qu’il faut investir, qu’il faut conquérir, et qu’il faut vaincre.
Un boulot sur mesure pour James Thierrée !

A-t-on vraiment besoin de demander des explications à M. Thierrée concernant le propos dramaturgique qu’il a voulu insuffler à l’un de ces spectacles ?
Il nous le rappellera, d’ailleurs : pourquoi vouloir rentrer chez soi avec une réponse à la question « quel était le propos ? »

Ici, encore et toujours, le dramaturge suisse va nous plonger dans un tourbillon, un maelström, à la fois fou et baroque, simultanément intense et doux, hilarant et grave.
Au fond, ce qui compte, c’est le lâcher prise, c’est se laisser embarquer dans l’univers thierresque, dans la folie de cet homme capable de beaucoup de choses.

Ce soir, il sera une sorte de clown-blanc, jouant le rôle d’architecte théâtral, aux prises avec de multiples éléments, contraintes et avanies, un MC James charger d’ambiancer deux heures de spectacle.

A ce propos, une vraie réflexion sera proposée, concernant ce monde étonnant dans lequel il s’agit de monter sur une scène pour jouer.
Un « méta-théâtre » sera mis en œuvre, comme par exemple cet échange avec l’ingénieur-lumière de la salle, ou ces échanges avec une sorte d’assistant surmené...

Dans ce spectacle, cohabitent beaucoup de disciplines et d’aspects artistiques.
Le tout premier qualificatif qui me vient à l’esprit, c’est l’adjectif burlesque.

Durant deux heures, des comédiens, des danseurs et des danseuses, des chanteurs et des chanteuses, et surtout des musiciens et des musiciennes, tout ce petit monde va nous proposer un moment où les corps vont être soumis à de multiples tourments, vont chuter, vont se relever, vont s’attirer, se repousser.

Le corps, instrument premier de la comédie, le corps, vecteur de toutes les émotions.
Sans ce corps, pas de spectacle possible.

Oui, nous allons assister à des scènes dignes d’Harold Lloyd, Buster Keaton, nous allons voir des clowns sur scène, nous allons frissonner devant des acrobaties au sol ou en l’air, nous allons nous régaler à hurler de rire devant les facéties de ce créateur hors-norme à la chevelure blanche et hirsute.

Ce qui se joue devant nos yeux souvent ébahis, c’est une suite de tableaux imbriqués parfois même les uns dans les autres.
Le liant, c’est la musique.
Un grand nombre d’instruments de musique seront présents sur le plateau, parfois joués par le même musicien.

James Thierrée chante, également. Il a composé pour l’occasion plusieurs chansons. On peut donc parler de spectacle musical.

Mais spectacle multiple, surtout.
De remarquables danseuses investissent le plateau, pour d’étranges et jubilatoires chorégraphies, des contorsions étonnantes ou des mouvements impossibles au commun des mortels.

Le patron n’est pas en reste, qui est capable d’utiliser son corps pour danser, mimer ou encore s’envoler dans les airs.

Le chant lyrique ne sera pas oublié, avec les remarquables interventions de Sarah Manesse !

Nous allons rire. Beaucoup. Enormément.
La farce est là, permanente, avec tous ce qui fait ses spécificités. La farce maîtrisée de bout en bout, la farce qui vous plonge dans un ravissement permanent. Les facéties clownesques qui font fonctionner vos zygomatiques à plein régime.

La scénographie contribue de façon très importante à la réussite de ce spectacle, avec de grands pans patinés représentant les murs de ce lieu.

Ces grands panneaux seront à plusieurs reprises "manœuvrés" par les comédiens ou des techniciens , créant ainsi une magnifique et surréaliste chorégraphie.
Cette chambre bouge, se transforme, est animée par une vie propre. Le lieu est sans aucun doute le personnage principal de ce spectacle.

Les magnifiques costumes de Laurette Picheret et Sabine Schlemmer prennent également une part prépondérante et essentielle dans la réussite de cette entreprise artistique.

Dès les lumières revenues une fois le spectacle terminé, la salle du Châtelet se lève comme un seul homme et comme une seule femme pour saluer ce spectacle hors-norme.
C’est beau, c’est drôle, c’est burlesque, c’est loufoque, c’est déjanté, c’est malin, c’est intelligent !
C’est James Thierrée et sa compagnie du Hanneton !

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