3 Juillet 2022
Vous prendrez bien un glaçon ?
Un petit, alors…
Axel Dhrey et les membres de la compagnie Les moutons noirs ont encore frappé !
On connaît leur belle et intelligente propension à revisiter les grands classiques pour en tirer des farces et des pochades on ne peut plus drôles et jubilatoires.
En s’attaquant à ce drame maritime, la petite troupe parvient une nouvelle fois à nous faire rire.
Et même beaucoup rire.
Mais pas que…
Ici, il va être question de détourner tout en lui étant fidèle d’un point de vue dramaturgique le célébrissime et éponyme film de James Cameron, sorti en 1997 et qui nous remettait en mémoire ce drame maritime symbolisant bien entendu les luttes sociétales de ce monde d’avant-guerre…
Camarade, tu ne peux choisir le pont sur lequel tu rejoindras (peut-être) New-York City), et peut-être n’auras-tu pas ta place à bord des canots de sauvetage…
Le spectacle commence bien avant d’entrer dans la salle.
Un somptueux décor rappelant les quais de Southampton emplit le hall de Théâtre de la Renaissance.
Des malles d’époque, des bouts, (non, je n’ai pas écrit le mot défendu…), des boulines, des bouées de sauvetage, des affiches de la White Star line, des objets de marine, j’en passe et non des moindres…
Nous comprenons très vite que nous ne sommes plus des spectateurs, mais des passagers en attente d’embarquement.
D’autant que rapidement, l’équipage de l’insubmersible paquebot nous accueille.
Une passagère prolétarienne cherche même un billet (de 3ème classe, le billet…)
Et comme de bien entendu, les musiciens jouent pour nous mettre dans l’ambiance.
Si le décorum est imposant dans le hall et le grand escalier du théâtre, il n’en sera pas de même sur la scène, où sont installés simplement deux bastingages.
Pas de décor, les accessoires entreront en jeu au fur et à mesure du déroulé de l’action.
L’écriture percutante et très souvent hilarante d’Axel Dhrey, le talent des comédiennes et des comédiens (sans oublier celui des musiciens), seront suffisants !
Et nous de retrouver les personnages que l’on connaît bien, avec notamment le couple interprété par qui vous savez, mais également des créations : des personnages ont été inventés, pour faciliter la dramaturgie. (Et non, vous n’en saurez pas plus...)
L’auteur est parvenu à mixer plusieurs parti-pris dramaturgiques. Le scénario de Cameron, bien entendu, mais également des références aux grands classiques que sont Feydeau (oui, les portes vont claquer…) ou Edmond Rostand (oui, le panache sera bel et bien de la partie...).
Parfois, on retrouve également quelques évocations des films de Wes Anderson, et notamment The Grand hôtel Budapest, ou La vie aquatique.
Le tout pour en faire un objet théâtral très cohérent, avec plusieurs niveaux de lecture.
La petite troupe va nous faire beaucoup rire.
Tous sur scène sont dotés d’une véritable vis comica. Tous sont très investis, et ne ménagent ni leur énergie ni leur sueur. (Au passage, hier, deux représentations devaient se succéder...)
L’humour est omniprésent, que ce soit dans le texte, bien entendu, avec des formules percutantes au possible, mais également avec des scènes de comédie drôlissimes, avec un vrai sens du comique de situation.
De très grands moments nous attendent !
Les scènes cultes du film seront détournées de façon désopilante, dans des parodies qui déclenchent les fou-rires des spectateurs.
Un formidable running-gag va concerner l’incontournable scène du couple à la proue du navire, les bras écartés.
J’aurais très envie de développer, tellement tout ceci fonctionne à la perfection, mais il me faut vous laisser découvrir tout ceci.
Un hommage à Cyrano sera rendu, avec un très joli palimpseste de la tirade «Non merci ! ». Encore une scène très réussie.
Nous serons entraînés dans la fête irlandaise du troisième pont, nous pénétrerons dans la salle des machines aux couleurs de feu, nous nous retrouverons sur l’océan glacial…
La troupe nous fait beaucoup rire, certes, mais nous est rappelé le terrible bilan final de ce drame, ainsi ainsi que les enjeux politiques et sociétaux de ce qui s’est passé.
Je vous conseille vivement cette comédie estivale très réussie, tant sur le fond que sur la forme.
C’est un spectacle très malin qui en plus de faire fonctionner nos zygomatiques à plein régime, délivre un joli message très positif.
Et chacun de fredonner en sortant du Théâtre de la Renaissance la célèbre scie de Céline…..
« You're here, there's nothing I fear
And I know that my heart will go on »
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Titanic, la folle traversée - Théâtre de la Renaissance
Distribution : Mathieu Alexandre, Roland Bruit, Florence Coste, Camille Demoures, Axel Drhey, Julien Jacob, Jonathan Jolin, Yannick Laubin, Vianney Ledieu, Bertrand Saunier, Paola Secret et Jo ...
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