10 Juillet 2022
Toute la musique qu’il aime,
Elle vient de là, elle vient d’où vous savez !
Du blues, du blues, du blues !
Avec cette nouvelle tournée et un nouvel album (qui vient s’ajouter à une longue liste), Popa Chubby fête ses trente ans de carrière.
Avant de passer notamment au Cabaret Sauvage, à Paris, le 22 juillet prochain, il a posé sa Stratocaster vieux rose au vernis écaillé et ses amplis Marshall et Fender sur la scène du Parc, au Saveurs Jazz festival de Segré.
Une tournée qui se poursuivra avec notamment trois mois ininterrompus de concerts dans tous les Etats-Unis.
Popa Chubby.
Theodore Joseph Horowitz sur son passeport.
Une légende, presque un mythe dans le monde assez restreint des guitar-heroes qui enflamment encore et toujours les amateurs de la musique aux douze mesures qu’est le blues.
Popa Chubby, celui qui continue à entretenir la flamme.
Popa Chubby. Une silhouette caractéristique, reconnaissable entre toutes.
Il arrive sur scène, tranquillement, avec son fidèle Amar, son roadie et technicien personnel.
Il s’installe sur son tabouret, à jardin.
Avec lui, trois compères musiciens. La sainte trinité de la rythmique blues : basse batterie piano/orgue.
Il jauge la salle. Une première fois. Un coup d’œil à ses compères.
Il compte.
One, two, one two three and…
Et la braise de déferler sur la pelouse du parc de Bourg Chevreau.
Dès le premier accord, dès les premières notes du titre qui ouvre le nouvel album Emotionnel gangster.
Le son saturé caractéristique, la puissance, l’énergie communicatrice vous cueillent de plein fouet.
Une onde de choc qui submerge les spectateurs pour leur plus grand plaisir.
Ou comment donner envie à tout un public de bouger ensemble, en rythme, pour débuter cette messe païenne qui verra communier ensemble tous les amateurs de riffs distordus et de sons lourds.
Même après trente ans, Mister Chubby nous prouve immédiatement qu’il faut toujours compter avec lui.
Il n’a plus rien à prouver, le guitariste new-yorkais, plus rien à démontrer si ce n’est son envie toujours intacte de jouer la musique qu’il affectionne et qu’il défend depuis si longtemps.
Il nous démontre immédiatement ses immenses technique et sensibilité, histoire de remettre les choses à leur place. Ce garçon est un indéniable virtuose, nourri des influences de grands anciens, tels que Willie Dixon ou Albert King.
Et puis Hendrix, bien entendu, même si ce n’est pas lui qui a composé le standard du rock qui va suivre.
La version qui suit sur la set-list du célébrissime « Hey Joe » enflamme les spectateurs. Tout ce qui fait la substantifique moelle de ce morceau inscrit au patrimoine musical mondial est là.
C’est un vrai régal, un grand bonheur que d’entendre de la sorte, aussi intense et profonde, la grille, les riffs et surtout la mélodie au refrain repris en chœur.
La strato hurle, les longues notes saturées, maintenues au moyen de la sustain, les accords parfois jouées avec une pédale wah-wha, tout ceci a une dimension viscérale, qui vous prend aux tripes.
Le blues, le rock, des musiques qui parlent peut-être autant au corps qu’à l’âme.
La voix éraillée, grave et chaude du guitariste nous chante les malheurs de ce Joe en cavale vers le Mexique.
Cette voix est de celles qui vous procure nombre de frissons dans le dos.
(Il faut au passage noter la grande qualité du son-façade, certes fort, mais d’une grande précision.)
Popa Chubby, c’est aussi le regard et la mimique qui se veulent méchants et sauvages. Pour exprimer toute la force du jeu et tout ce qui est intimement mis en œuvre pour délivrer ce message incandescent.
Un regard qui semble vous foudroyer si vous le croisez.
Tout au long du concert, Popa Chubby jouera encore cette fois-ci de cet air de mauvais garçon issu du Bronx.
Le blues et le rock ne sont pas des musiques d’enfants de chœur, semble-t-il nous dire en permanence.
Le guitariste sait comme personne travailler son public, jouer avec lui, le faire participer à la transe qui est en train de se jouer.
Le patron laissera beaucoup de place à ses musiciens, à qui il donne la parole musicale d’un regard entendu. On sait qui est le boss.
Les solos des trois guys sont à la hauteur du jeu à la guitare !
Stefano Giudici à la batterie, Luca Chiellini aux claviers et Mike Merritt à la basse sont en totale osmose et ne démériteront jamais.
Deux reprises incontournables, sont très attendues par les fans.
La musique du Parrain, composée par Nino Rota, façon hard boogie, est copieusement applaudie dès la première ligne mélodique.
Et puis un sublime arrangement de Over the rainbow restera un grand moment du concert, avec le soleil se couchant sur le parc.
Et puis Dust my broom. Wille Dixon. Encore et toujours.
Les deux heures ininterrompues du concert seront saluées comme il se doit par une véritable ovation du public.
Une fois de plus, Mister Chubby, en véritable et charismatique prophète qu’il est, aura délivré son message musical.
Blues and Rock are not dead !