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Chilly Gonzales en concert au festival Jazz in Marciac

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Comme à la maison !
A son habitude, Chilly Gonzales arrive d’un pas nonchalant sur le plateau, vêtu d’un peignoir sur un marcel blanc et une grosse chaîne de rappeur autour du cou, sans oublier le caleçon et les pantoufles UGG.

Jason Charles Beck, alias Chilly Gonzales, Gonzales tout court ou Gonzo encore plus court !
Le pianiste showman, iconoclaste, provocateur, l’entertainer, l’amuseur, l’empêcheur de musique à tourner en rond.
Comme une synthèse parfaite entre Michel Houellebecq, Philipp Katerine (J’adoooooooooooore), Glenn Gould et Dino (de Shirley et Dino)…

Durant une bonne heure et demi, l’artiste définitivement inclassable va nous présenter des titres de son dernier album en date, des reprises très attendues et va surtout se livrer à diverses facéties qui vont ravir les nombreux fans sous le chapiteau du festival.

Voici une petite liste non exhaustive de ces événements successifs auxquels nous avons assistés, parfois ravis, parfois amusés, parfois étonnés ou décontenancés.

Piano solo - CG nous montre avec Dot Point qu’il a étudié Erik Satie. Comme une gymnopédie.
Piano solo - CG nous montre avec Fidelio qu’il a étudié Gabriel Fauré. Comme un nocturne.

Stella Lepage au violoncelle et Yannick Hiwat au violon le rejoignent.
Puis, c’est le tour de Joe Flory (le sosie de Matt Damon) de rentrer en scène pour se diriger vers sa batterie.
Un premier titre techno à la pulsation binaire lourde, Advantage Points…
CG martyrise son clavier à grands coups d’accords furieux.

Ce sera pratiquement le point commun de tous les morceaux.

CG nous salue, et nous dit qu’il a une « fucking pression », qu’il attend de nous que nous aussi nous lui mettions la pression.
Il a chaud et nous le dit : « T’inquiétez-vous pas (sic), je suis un chaud-man ». Humour !

Il nous prévient en montrant des deux index le ciel : il est là « pour plaire aux dieux de la musique ».

CG entame un hip-hop, Take me on Broadway, avec une tentative de flow un peu malheureuse à mon sens. N’est pas Kendrick Lamar qui veut…
Le public participe activement et ne cache pas son plaisir. Les fans se lèvent, la pression évoquée plus haut monte.

CG nous dresse une liste de ce qui lui a manqué durant les deux ans passés.

La "Frantz liste", précise-t-il. Humour !

CG invite la jeune chanteuse Anita Blay à le rejoindre, pour une magnifique version en duo du célébrissime titre de Cindy Lauper Time after Time, enchaîné avec un moins sublime Gipsy Woman/Touch me.

Et puis voici Wonderfoule.
« C’est wonderful de pouvoir prendre un bain de foule ! ».
Et effectivement, CG ne va pas se faire prier pour descendre parmi les spectateurs, courant sautant dans tous les sens, reprenant, hurlant la phrase en italique ci-dessus...

C’est à ce moment que lui vient une idée qui ne sera pas celle du siècle, à savoir vouloir improviser un crowd surfing, se laisser choir parmi les spectateurs et se laisser porter en étant allongé par le public.

Las ! Le public marciacais ne semble pas familier du crowd surfing.
L’entreprise artistico-sportive ne sera pas des plus réussies, c’est un euphémisme, l’amuseur tombant même par terre.
Bon, il finira par rejoindre la scène, porté notamment par les bras musclés des agents de la sécurité.

Il félicitera la salle pour l’ambiance, mais pas pour la tentative assez échouée, il faut bien l’écrire…

Le temps des rappels est venu.

CG fera chanter au public du Michel Berger :
Message personnel...

Si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, oui cours jusqu'à perdre haleine
Viens me retrouver…


Bon, ça c’est fait…

Le vrai rappel arrive avec un Knight Moves des plus enfiévrés. Sous le chapiteau, c'est le feu !

Et puis, une première mondiale, nous précisera l’entertainer, en l’occurrence la première exécution du morceau Open the Kimono, un titre tiré d’un souvenir issu d’une obscure série TV.

Les fans, déchaînés, sont tous debout, dansent, trépignent, sautent sur place.
Et si finalement Gonzo perpétuait la grande tradition des grands clowns musiciens ?

Au final, tout le monde a passé un très bon moment, tout le monde s’est amusé, et tout le monde a pris beaucoup de plaisir à écouter la musique particulière et Chilly Gonzales, et surtout, surtout, tout le monde a beaucoup ri.

Et ça, par les temps qui courent, c’est toujours bon à prendre et ça n'a pas de prix !

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