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Les pâtes à l'ail

© Photo Y.P. -

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Ces pâtes à l'ail, ce n'est pas de l'Anouilh !
C'est du Gaccio, du Giangreco et du Larrivé.


Bruno Gaccio et Philippe Giangreco se connaissent depuis 60 ans. Quant au troisième, Jean-Carol Larrivé, ça ne fait que depuis 35 ans.
Les trois nous proposent, avec cette écriture à six mains, un remarquable moment de théâtre.
Je le dis tout de go et comme je le pense !


Qui mieux qu'eux, qui mieux que ces trois-là pouvaient nous raconter cette histoire de potes, cette histoire d'une indéfectible amitié.
Indéfectible ?
Mais jusqu'où peut aller une amitié ? Que peut-on demander à son meilleur pote ?
Et ce pote-là, au nom de l'amitié, peut-il accepter la requête qu'on lui adresse ?


Cette requête, c'est un service. Un terrible service.
Peut-être le plus grand de tous, « celui qu'un homme peut demander à un autre, pour lui éviter la déchéance, la dépendance et l'oubli ». Je les cite.


C'est à ces questions que les deux comédiens et leur metteur en scène vont répondre.
A leur manière.
A leur formidable, drôlissime, émouvante et pudique manière !

 

L'une des grandes réussite de la pièce, c'est avant tout sa construction dramaturgique.
Les trois sont parvenus à nous montrer une alternance très aboutie de moments très drôles et des instants de grande tension, de grande émotion.
On rit énormément, on est bouleversé.

La drôlerie prépare à la plus grande des gravités, et réciproquement.
Comme tout ceci est habile !

Beaucoup d'émotion vous submerge, donc.
Une émotion vraie.

L'écriture du trio évite tout pathos de mauvais aloi, toute pleurnicherie déplacée, toute fausse compassion.
Le sujet est grave, mais il est brillamment traité, de façon à mélanger l'humour et la dérision à la gravité, au tragique même.
Parce que finalement, comme ils le disent si bien, « parler de la mort, c'est vital ! »
Il s'agit ici de dire à la mort et ceci en riant, de repasser plus tard !

Des formules percutantes et hilarantes (on connaît le style de Bruno Gaccio) émaillent la pièce. (Celle notamment concernant la neutralité des Suisses est drôlissime.)
Des situations vécues de l'enfance, de l'adolescence, des souvenirs qu'on ne peut pas inventer sont omniprésents.

Et puis, l'amour est évoqué.
Les différentes conceptions des rapports hommes/femmes.
Là encore, beaucoup de subtilité sous couvert d'une franche rigolade.

Sur le plateau, les deux comédiens vous attrapent dès la première minute, et ne vont plus vous lâcher.
Cette première minute, c'est la présentation des deux personnages, réalisé de manière très maligne. Je n'en dis pas plus...

 


Je défie quiconque de ne pas être complètement happé, « scotché » par ce que Bruno Gaccio et Philippe Giangreco nous montrent et nous disent.
Leurs deux personnages se complètent à merveille, et chacun des deux comédiens campe le sien avec une phénoménale justesse, mis en scène là encore très subtilement par Jean-Carol Larrivé.

Je peux vous assurer qu'à certains passages, il est très difficile de retenir une ou plusieurs larmes. D'ailleurs, il ne faut pas se retenir !
Parce que cette histoire nous concerne tous. Les réactions des spectateurs au sortir de la représentation le prouvent bien.

Le fin de la pièce, que je ne dévoilerai évidemment pas, est elle aussi très habile.
C'est un message d'espoir, de résilience.
Une très jolie déclaration d'amour de la vie.
Un peu comme dans les comédies italiennes des années 60.

 

Impossible alors de ne pas se poser la question suivante : « Qu'est-ce que je ferais, moi, à leur place ? »

Et quant aux amateurs de yoga, de chansons italiennes, de mocassins sans chaussettes, d'onanisme canin et de téléphones portables aux armes de l'A.S.S.E, alors ceux-là jubilent !
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Au sortir de la pièce, j'ai tendu mon micro à Bruno Gaccio, Jean-Carol Larrivé et Philippe Giangréco qui ont répondu de façon elle aussi drôle et émouvante à mes questions.
Ce sera pour les jours qui viennent.

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