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Anaïs Nin au miroir

© Photo Y.P. -

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Pour une bonne idée, ce fut une bonne idée que celle d’Agnès Desarthe de traduire les ouvrages de jeunesse d’Anaïs Nin que sont L’intemporalité perdue et autre nouvelles, pour le compte des éditions NIL.

Ces nouvelles de jeunesse s’éloignent en effet des clichés habituels rattachés à cette auteure majeure, vue essentiellement comme une sorte d’aventurière des années folles, précurseure en matière de littérature érotique féminine.

Les textes qui composent ce recueil de textes courts vont nous faire découvrir une Anaïs Nin âgée de vingt-cinq ans, éprise de poésie, avec pour thèmes principaux l’enfance, la relation à l’art, l'amour, ou encore la nécessité de création.

Elise Vigier, en le découvrant, a voulu prolonger cet ouvrage par une adaptation au théâtre. Comment résister à l’envie et au besoin de porter sur un plateau ces textes qui résonnent comme autant de passerelles entre les rêves et la matérialité du quotidien ?

Bienvenue donc dans un monde fantastique, onirique, où l’auteur de cet ouvrage de jeunesse pourra apparaître, et ce, dans une tenue blanche immaculée.
Ce monde, c’est celui du théâtre. Des actrices et des acteurs répètent des textes d’Anaïs Nin.

Nous comprenons bien vite que spectacle reprendra donc le principe et les codes du théâtre dans le théâtre.
Un théâtre, ses comédiens, avec leurs rêves, leurs aspirations, mais également sa technicienne de surface, sa femme de ménage qui débarque de la salle à cour, un balai à la main.
Une femme de ménage amatrice ou amateure de calembours et de la chanson L’internationale. Je n’en dis pas plus...

Une succession de scènes va se dérouler durant les deux heures et quart que dure le spectacle.
Ces scènes seront complétées en quelque sorte par la projection video de magnifiques séquences en noir et blanc, filmées un peu à la manière expressionniste.

Sur le plateau, on trouve des miroirs symbolisés par de grands cadres lumineux devant ou derrière des tables oblongues.
Sur l’une d’entre elles, figure l’œuvre littéraire d’Anaïs Nin.

Spectacle de théâtre donc, mais qui va s’approprier bien d’autres disciplines artistiques.
Elise Vigier a en effet opté pour des séquences de comédie, certes, mais nous allons découvrir également des moments de chant, de danse, de music-hall, parfois, et même de magie.
En ce sens, ce spectacle est un spectacle total.

De plus, il fait également appel à l’âme des enfants que nous devrions tous être restés. Le monde de l’enfance aura en effet une part prépondérante, ce monde où tout peut arriver : on dirait que l’on ferait ci, on dirait que l’on serait ça…
Un monde où l’on peut vraiment couper en deux une personne, par le biais d’une boîte magique et d’une grande scie passe-partout.

De très beaux moments vont se succéder, avec pour commencer une sorte de danse de Shiva, magnifique, où les bras des comédiens derrière Ludmilla Dabo vont s’agiter très gracieusement, au son de la guitare électrique et des effets de Marc Sens.

Ludmilla Dabo, donc.
Les fidèles de ce site savent bien mon admiration envers la comédienne et le grand intérêt que je porte à son travail.

Cette fois-ci encore, Mademoiselle Dabo va illuminer le plateau de sa présence, de son charisme, de son talent.
De sa voix grave un peu éraillée, elle incarne ce personnage qui au fond va fédérer toutes ces variations sur un thème. Un thème majeur, celui de l’amour.
Elle est drôle, avec des répliques définitives qui clouent parfois le bec aux autres personnages, elle est omniprésente, dansant et chantant.

Une nouvelle fois, dans une chanson magnifique, un poème érotique de l’auteure mis en musique, elle m’a purement et simplement transporté, comme tous les spectateurs retenant leur souffle durant ce bouleversant moment musical.

Il est à noter que la maman de Melle Dabo en personne jouera un rôle important dans le spectacle. Là encore, je vous laisse découvrir.

Dea Liane est Anaïs Nin en personne revenue des limbes pour dialoguer avec les comédiens de ce théâtre. Nous la verrons filmée en très gros plan et nous ne pourrons que tomber sous le charme de ses grands et très beaux yeux.
Il faut noter que sa ressemblance avec l’écrivaine est troublante !

Ces deux personnages féminins seraient-ils finalement les deux facettes de l’auteure de ces nouvelles ?

Le reste de la distribution est à l’avenant, avec notamment Louise Hakim qui se montre très impressionnante dans une magnifique scène de danse.
Nicolas Giret-Firmin lui aussi nous amusera beaucoup.

On sort de La tempête avec des images plein la tête, (ah ! cette scène des roses !...) et une perception originale et peut-être inédite d’Anaïs Nin.
C’est un fort beau moment de théâtre, qu’ont notamment pu apprécier comme il se doit Carmela et Olga, avec leurs camarades d'un GRETA au sein duquel elles ont décidé de reprendre leurs études, elles qui n’avaient jamais assisté auparavant à un spectacle théâtral.

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