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Drum brothers

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

La batterie n’est pas en danger !
 

On connaissait les trois sœurs, mais on en savait un peu moins quant aux trois frères.
Les trois frères Colle vont nous démontrer qu’en matière de fûts, de caisses, qu’elles soient claires ou grosses, de cymbales et de cowbells, l’important n’est pas forcément d’en jouer de façon la plus traditionnelle qui soit.

Non, on ne peut pas dire que ces trois-là soient des batteurs et des percussionnistes conventionnels.

Durant une heure et quart, Clément, Cyril et Stéphane Colle nous proposent un sidérant et passionnant spectacle mêlant musique, jongleries, créations visuelles, vidéo, et surtout humour burlesque.
Dans un cocktail détonnant mêlant toutes ces disciplines, nous allons passer un moment de pur ravissement en compagnie de ce trio de brillants musiciens-circassiens.

Mis en scène de façon millimétrée par Eric Bouvron, dont tout le monde ici se souvient notamment de ses adaptations des Cavaliers, de Joseph Kessel, et de Lawrence d’Arabie, les Colle nous
scotchent à nos fauteuils !

Trois créatures fantastiques armées de baguettes et de boucliers-cymbales pénètrent sur le plateau du mythique Bobino, trois corps humains, chacun surmonté d’un tom medium noir.
Ils se lancent dans une savante chorégraphie percussive, tourbillonnant et produisant un rythme endiablé.
Comme entrée en la matière, le show ne pouvait démarrer de façon plus percutante !

Puis, il sera question de construire la batterie de Clément dont les éléments sont éparpillés sur la scène.
Une fois le set remis en place par les deux autres frangins, nous comprenons que nous avons affaire à un sacré virtuose de l’instrument.
Son groove, ses descentes de fûts, ses roulements, ses breaks nous donnent des fourmis dans les jambes et nous donnent envie de nous lever pour bouger en rythme.

Le rôle des trois est bien défini.
Clément sera le clown blanc-batteur-guitariste, Stéphane sera principalement l’auguste-jongleur, le "maladroit", celui qui anime les gags, et Cyril sera le jongleur-musicien celtique.

Les trois ont un délicieux petit côté « old school », en costume trois pièces, des silhouettes un peu décalées qui participent à l’humour de la soirée.
Avec également une caractéristique de plus en plus rare : les trois artistes ne prononceront aucun mot.
Ce qui compte, ici, c’est ce que nous voyons et nous entendons.

Différents numéros burlesques et musicaux vont se succéder. Les gags seront nombreux et feront mouche à chaque fois.

Vous avez toujours rêvé de jouer à trois sur une seule batterie ?
Les frères Colle vont vous donner une leçon en la matière.

Vous pensiez qu’il était possible de jouer de la batterie avec des massues de jonglage ?
Vous aviez raison, les trois artistes nous le prouvent avec un grand talent.
Les spectateurs n’en croient pas leurs yeux : les massues blanches semblent avoir leur vie propre pour venir frapper les peaux des toms-basse.
Ou quand le jonglage s’allie à la percussion pour un formidable numéro de music-hall.

Vous imaginiez qu’on pouvait jouer de flûte et de la derbouka dans d’improblables positions acrobatiques ?
Là encore, vous étiez dans le vrai.

Vous avez toujours trouvé qu’on pouvait souffler dans une cornemuse autrement qu’avec vos poumons ?
Un jeune spectateur invité sur le plateau vous en fera la démonstration.
Ce moment du spectacle est hilarant.
C’est principalement à cette occasion que la vis comica des trois est mise en avant.
Personne ne peut résister à cet humour visuel si drôle, personne ne peut retenir son fou-rire dans ce sketch musical et burlesque.
Dieu que le son de la cornemuse est long, le soir au devant de scène !

D’autres jongleries se dérouleront devant nos yeux ébahis, alors que Clément nous montrera qu’il a plusieurs cordes à son arc.
En l’occurrence, les six cordes de sa guitare, avec laquelle il crée des boucles rythmiques au moyen d’un looper et d’autres effets numériques.

Et puis voici un remarquable numéro visuel, avec des projections vidéo sur de grands parapluies.
Quelle originalité, quelle précision dans la création !
Ou quand la technique est mise au service du propos artistique.
Un grand coup de chapeau à Nicolas… Colle.
Les trois frères Colle seraient-ils quatre, comme les héros d’Alexandre Dumas ?

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner l’ingénieur du son Jérémie Leclerc qui doit se débattre avec pas moins d’une quarantaine d’entrées sur sa console, pour amplifier tous les tambours et les autres instruments du spectacle !

Une unanime et on ne peut plus méritée standing ovation sera réservée au trio.
Ne manquez surtout pas cet époustouflant et ébouriffant spectacle hors du commun, original au possible !
Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

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