Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Isabelle Masséï, Jacinto Herrera et Lorenzo Cipriani en concert à l'Eglise protestante unie de Courbevoie

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

En ce dimanche 18 septembre, à l’occasion de la Journée du Patrimoine, les responsable de la paroisse de l’Église luthérienne de Courbevoie-La Garenne Colombe avaient eu l’excellente idée de programmer un concert de musique baroque.

Au programme, des airs sacrés allemands, comprenant des œuvres de Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel et Georg Philipp Telemann.

Sous la direction de l’organiste Lorenzo Cipriani, deux autres excellents musiciens allaient rendre un magnifique hommage à ce répertoire de la première moitié du XVIIIème siècle : la soprano Isabelle Masséï et le hautboïste Jacinto Herrera.

Pour notre plus grand plaisir, les volutes des notes et des ornementations du trio allaient s’envoler vers la voûte de l’église, constituée d’une toiture de tuiles en carène au motif de résille, qui confère au lieu une magnifique acoustique.

Lorenzo Cipriani nous annonce la teneur du programme, très pédagogue, avant de rejoindre les deux autres musiciens à la tribune.
Le diplômé du Conservatoire d’État « Giuseppe Verdi » de Milan et qui a étudié à Vienne l'orgue à la Musikhochshule avec Rudolf Sholz entame l’un des huit Airs allemands de Telemann.

L’organiste fait chanter l’instrument construit par Erwin Muller installé en 1955 ; des tuyaux en cuivre, bois et étain s’échappent la basse continue et le support harmonique de la première pièce.

Son toucher, à la fois léger, affirmé, lui permet de jouer avec beaucoup de délicatesse mais aussi une épatante rigueur cette partie musicale sur laquelle les deux autres musiciens vont pouvoir poser la voix et le contrepoint.
Cette rigueur va contraster avec le baroque du chant et du contrepoint.

La soprano Isabelle Masséï, qui a étudié le chant à la Schola Cantorum à Paris et ensuite a continué à se former avec Timea Bata et Laurence Labbé, nous démontre immédiatement à la fois son irréprochable technique, sa sensibilité et son lyrisme.

C’est un véritable ravissement que d’entendre ses notes, ses subtiles ornementations qui rendent parfaitement le caractère méditatif et contemplatif de ce premier aria.

 

Jacintho Herrera entre en lice également, avec son hautbois au timbre très complémentaire de celui de Mademoiselle Masséï.
La velouté et la suavité de la voix cohabitent parfaitement avec le son caractéristique de l’instrument à vent.

Le baroque, terre de contrastes permanents.

El señor Herrera est également un virtuose.
Originaire du Vénézuéla, formé dès sa plus tendre enfance au sein des orchestres de jeunes musiciens, très nombreux en Amérique latine, puis au Conservatoire de musique de Caracas, le musicien va nous ravir.
Lui aussi possède une technique impressionnante. Sans jamais tomber dans la surenchère, le musicien sait jouer vite mais toujours avec beaucoup de sensibilité.

Son legato est absolument merveilleux, ses nuances provoquent beaucoup d’émotion.

Pour la petite histoire et les amateurs de précisions, il fabrique lui-même ses anches doubles, au moyen d’outils très particuliers et de bambou cultivé dans le sud-est de France.

Le dialogue entre la soprano et l’hautboïste se révèle être passionnant, avec des échanges, des croisements mélodiques ou parfois des tuilages harmoniques du meilleur effet.

Tous les spectateurs sont captivés par le discours musical de ces trois musiciens qui les plongent dans ce monde baroque contrastant avec le caractère un peu austère du temple protestant.
Oui, la musique transcende les lieux et les espaces.

Une véritable osmose, une cohésion de tous les moments entre les instrumentistes se dégagent en permanence.

Une très belle « pâte sonore et musicale » est délivrée, magnifiée par la belle acoustique du lieu.

Le programme se déroule ensuite avec deux extraits des cantates de Bach, dont celle du Nouvel an.
Là encore, les trois artistes enchantent le public, avec ces pièces à la fois austères et joyeuses.


Lorenzo Cipriani nous offrira ensuite un intermède à l’orgue avec une pièce de l’un de ses compositeurs favoris, le jésuite italien Domenico Zipoli, qui en 1717 deviendra missionnaire en Amérique du Sud.

Deux autres cantates de Bach suivront, dont celle de la Pentecôte et un extrait du seul recueil édité du vivant du Cantor de Leipzig.
« Viens, douce mort », une aspiration au bonheur lorsqu’on rejoint son créateur.


Une dernière œuvre de Telemann viendra clôturer cette heure passée décidément trop vite.

Pour reprendre les mots d’une des responsables de la Paroisse, la musique baroque de ces grands compositeurs jouée par Lorenzo Cipriani, Isabelle Masséï et Jacinto Herrera, nous permettra de repartir avec le cœur rempli de joie, en ayant fait une belle provision de force et d’énergie.
Comme elle avait raison !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article