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Paris la grande

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Paris sera-elle toujours Paris ?
En tout cas, son Paris à lui d’aujourd’hui n’est plus son Paris à lui de naguère…

Lui, c’est mon maître en radio, mon modèle absolu, celui à qui je dois tant, celui que je n’ai jamais osé déranger au sortir du studio de sa mythique émission « La prochaine fois je vous le chanterai », moi tapi dans un coin de la régie…


Philippe Meyer !

Celui qui j’irais applaudir même s’il lui prenait l’idée de chanter et de commenter l’annuaire inversé des entrepreneurs de pompes funèbres de Seine-et-Marne…

LE Philippe Meyer, celui qui manque tant à nos oreilles également aimables…

Ce passionnant conteur, cet infatigable diseur, l’un des plus fins connaisseurs de la chanson française, celui-là est nostalgique.
Du Paris à jamais perdu de son enfance, de son adolescence, de sa jeunesse…

Ce concept de nostalgie, il va nous le définir.

Pour mettre les points sur les i, et pour qu’aucune méprise ne s’installe entre nous et lui.
Le nostalgique est tout le contraire du réactionnaire. La nostalgie, c’est certes se remémorer des souvenirs et des émotions disparues, mais seulement pour mieux avancer.
La nostalgie, ça sert à progresser !

Voici tout le propos de ce spectacle, qui va mélanger des textes savoureux, des moments d’érudition toujours passionnants et jamais rasoirs, des anecdotes pédagogiques, des citations d’illustres auteurs, et surtout des chansons.
Parce qu’au fond, comme il nous le dira si bien, les chansons sont « les réceptacles des émotions que procure Paris... »

Ces chansons, une petite quinzaine plus un rappel dont je vous reparlerai, ces chansons qu’il a choisies vont nous évoquer ce Paris perdu, ce « Paris la Grande », par opposition probablement à ce technocratique et pharaonique projet qu’est « Le grand Paris ».
Paris est féminine ! Définitivement et à jamais !

On ne change pas une équipe qui gagne.
Toujours mis en scène par Benoît Carré, Philippe Meyer retrouve sur la scène son accordéoniste de prédilection, l’excellent musicien qu’est Jean-Claude Laudat.
Nous les avions laissés ici même, au Lucernaire, dans un déjà fort savoureux spectacle.

Les deux camarades entrent immédiatement dans le vif du sujet en en annonçant la couleur, avec la chanson que Berthe Silva chantait en 1929, sur l’air du tango « Adios Muchachos ».
Cette chanson, c’est « Adieu Paris », avec laquelle nous comprenons immédiatement l’attachement à la capitale et l’amour inconditionnel pour Paname.
Une capitale que l’on voudrait paradoxalement quitter mais que l’on ne peut se résoudre à abandonner.

Le conteur commence à évoquer son Paris…
Et nous d’être embarqués dans une vertigineuse peinture impressionniste de cette ville, avec l’intelligence, la finesse, le malicieux humour qu’on lui connaît.
Une fresque qui va quand même nous faire remonter jusqu’aux tout premiers débuts du bas moyen-âge.

Nous voyageons dans l'histoire parisienne, avec de grands moments drôles, distillés avec jubilation par Oncle Philippe.
Saviez-vous le pourquoi de la rue du Pélican, dans le 1er arrondissement ?
Connaissiez-vous M. d’Argenson, et son célèbre « bout » ?

Nous rions énormément en apprenant les réponses délicieusement grivoises à ces questions…

D’autres moments plus graves sont évoqués, comme la sanglante répression des insurgés de la Commune.
Une émotion réelle s’empare de la salle lorsque nous est remis en mémoire le scandale de la démolition des Halles Baltard.

De grands et désopilants moments de sociologie appliquée nous attendent également, comme la description des « nouveaux parisiens », ou encore la définition de cette merveilleuse création de la technocratie française : la S.E.M., la Société d’Economie Mixte. Je n’en écris pas plus…

Philippe Meyer se garde bien de tout angélisme béat : il sait bien que Paris fut également synonyme de solitude, de pauvreté, de grande misère, notamment pour nombre de femmes.

Et puis les chansons, donc…
Ces petits instantanés musicaux qui de tout temps ont véhiculé l’esprit frondeur du Parisien.

Parmi ces titres, des petits bijoux, comme La Chabraque, de Guy Béart, Les vieux messieurs du Luxembourg, des Frères Jacques, La Joconde, que chantait Barbara sur des paroles d’un certain…. Philippe Meyer… Si si…), Paris Jadis, du grand Jean-René Caussimon, popularisée par Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, Madame Arthur, écrite par Paul de Kock et mise en musique par Yvette Guilbert en 1892...

Des joyaux de notre patrimoine culturel.

Et puis, le rappel, dans lequel les deux compères nous entrainent dans une ronde endiablée, composée d’extraits de pas moins de quarante-huit chansons consacrées à Paris… Vous avez bien lu : quarante huit fragments musicaux à la gloire de notre capitale.

Une nouvelle fois, Philippe Meyer a fait en sorte que nous sortions de son spectacle , tout comme c’était le cas en éteignant notre poste après ses émissions, en ayant l’impression d’être plus cultivés et plus intelligents que lorsque nous y sommes entrés.

Ne manquez pas ce passionnant et délicieux spectacle, de ceux qui se dégustent avec la plus grande des gourmandises.
Avec un goût de trop peu et de revenez-y.

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