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Robin McKelle en concert au Festival Django Reinhardt

© Photo Y.P. -

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Robin McKelle en concert au Festival Django Reinhardt

Sans barque, mais dans un groove infernal, Robin McKelle nous a fait passer la STAX !

La STAX, c’est cette mythique entreprise d’enregistrement et de distribution de disques Satellite Records, créée en 1958 à Memphis Tennessee par Jim STewart et sa sœur Estelle AXton.


Principale concurrente de l’autre mythique MOTOWN company, la STAX va promouvoir la musique noire dès 1959.
La musique de la Deep Soul, de la Southern Soul, en opposition aux sons du nord des USA, venus de Chicago ou Detroit.
Une musique dont les principaux compositeurs et interprètes seront par exemple Issac Hayes, David porter, Wikson Pickett, Otis Redding, Sam & Dave ou encore Steve Crooper.

C’est donc à ce véritable mythe que Robin McKelle et son groupe The Flytones vont rendre hommage durant ce mémorable concert, réglé au millimètre, comme seuls les Américains savent faire.

Les Flytones, ce sont eux qui pénètrent sur la scène Django.
Et vous de comprendre que vous allez assister à un grand et inoubliable moment.
Leur look annonce les couleurs : le noir et le blanc. Costume cravate pour les messieurs (il ne manquerait plus que les lunettes noires pour nous retrouver dans Men in Black), et tenues de scène elles aussi noires et blanches pour les choristes.
La classe ! On comprend que nous n’avons pas affaire à des amateurs, et qu’on n’est pas là pour rigoler.

Ici, il est question de faire le show ! D’en mettre plein les oreilles et plein les yeux !
De porter à nos cœurs, nos âmes et nos corps la soul et Le rythm’n blues

Seuls, sans la patronne, ils lancent l’indicatif des concerts d’un certain James Brown.
Dès les ultra-célèbres treize première notes d’introduction, jouées à l’unisson par la section cuivre, l’orgue, la guitare et la basse, je défie quiconque de ne pas avoir immédiatement envie de se lever et de danser.
Et les boys and girls des Flytones de chauffer le public pour préparer le terrain à la chanteuse, et porter très rapidement l’ambiance jusqu’à l’incandescence.

Présentée de façon tonitruante par Sax Gordon (je vous laisse deviner de quel instrument il joue…), la voici qui rentre à cour, elle aussi en noir et blanc, perchée sur d’impressionnantes platforms-boots.


Robin McKelle, la voix !

 

Une voix chaude, rauque, éraillée, comme celle de ses grandes et illustres sœurs que furent Aretha Franklin ou Tina Turner…

Ou encore la voix d’une autre légende, qui ne jouait pas exactement dans la même cour : Miss McKelle de façon troublante et sidérante serait-elle la réincarnation vocale de Janis Joplin ?

 

Je ne connais qu’une autre artiste qui ait pu à ce point reprendre le timbre, la sauvagerie intrinsèque, les cris déchirants de la grande Janis : ce fut Bette Midler pour le film « The Rose ».

Robin McKelle, en très grande forme, reprend cette façon viscérale, organique de chanter, cette manière d’utiliser à pleine puissance le souffle, les cordes vocales plus ou moins enfumées, l’énergie brute du corps pour asseoir l’interprétation des grandes reprises du répertoire.

© Photo Y.P. -



Tous les codes musicaux et culturels des années 70 vont être mis en œuvre , pour le plus grand plaisir du public : la section de cuivres (Sax Gordon (qui fera le clown musical dans un solo d'anthologie...) et Alan Cazcarra à la trompette), les sonorités des claviers Hammond, Farfisa ou Fender Rhodes (l’excellentissime Ben Stivers), les cocottes de la guitare d’Al Street, Les choristes, avec la formidable Sabreen Staples.
Sans oublier la section rythmique de braise, avec Bill Campbell à la batterie et le frère de Robin à la basse Fender, Matt Brandau. (là encore un frère et une sœur… )

Une section qui délivre un groove ultra-puissant, au fond du temps, un rythme et une pulsation qui feraient se lever un cul-de-jatte !

 

Les principaux standards de l’époque seront repris, Robin McKelle et les Flytones nous présentent également des compositions de leur album que je vous recommande chaudement : Heart of Memphis.

Au fur et à mesure que se déroule ce concert, la fièvre et la température vont croissant, le public se masse devant les crash-barrières, les spectateurs sont sommés de bouger, de groover eux aussi, sur une chorégraphie dictée par la chanteuse.
Le gros son est là, Les décibels s’accumulent, avec des pointes à 120db devant les clusters Codia Acoustics. (Pour autant, le rendu est impressionnant de finesse et de précision, les sondiers s’étant surpassés!)

 

Une ambiance électrique s’est installée, même Delphine, l’épatante attachée de presse du festival et sa pote Miss Bright (Monsieur Poueiiiiiiilllllllle…) se sont mises à danser de façon effrénée (si si, j’ai des preuves…)

Alors certes Miss McKelle sait travailler son public et distiller une ambiance électrique, mais avant tout, elle nous a démontré ce soir son immense talent digne des grandes figures nommées ci-dessus, cette capacité à s’approprier les standards de la soul et du rythm’n blues, à nous rappeler ces grands moments musicaux qui font partie du patrimoine de l’humanité.

La demoiselle à la voix rauque est véritablement impressionnante.
Et au passage très drôle : son "Oui papa !" à mon conseil d'aller vite se couvrir une fois sortie de scène pour ne pas attraper froid, ce "Oui papa !" avec les petites tapes sur mon épaule me resteront longtemps en mémoire !

Ce concert est de ceux qui vous font un bien fou.
Avec un sentiment de revenir aux fondamentaux, ces bases qui vous permettent de vous défouler, de bouger, de danser, de laisser s’exprimer une douce folie, de ressentir la musique de façon organique.

 

Je ne sais pas quel sera le prochain ministre de la santé, mais à sa place, je ferais rembourser les concerts de Robin McKelle pour cette tournée française par la Sécurité Sociale !

© Photo Y.P. -

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