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Fred Hersch - Breath by breath

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

A un, c’est très bien.

A deux, c’est bien mieux,

A sept, c’est plus chouette !

 

Pour ce deuxième concert exceptionnel au Bal Blomet, Fred Hersch a entrepris de nous présenter son nouvel album, enregistré avec un quatuor à cordes et une section rythmique contrebasse-batterie.
Vous avez recompté ?
Sept musiciens étaient donc sur la scène de cette salle parisienne, que le pianiste apprécie tout particulièrement.

 

Cet album, Breath by Breath a été enregistré durant la pandémie, en août 2021, à l’hôtel Astoria de New-York
Suite à « dix-huit mois d’impermanence collective », nous dit Mister Hersch, au cours desquels il a trouvé refuge dans la pratique de la méditation, un refuge propice à la composition de nouveaux morceaux.
Il sera question de souffle, de respiration...

Huit mouvements constituent la Sati suite, chacun inspiré de sa longue pratique de la méditation Vipassana, dont ils sont le reflet musical.

C’est le quatuor Desguin, qui va jouer aux côtés du grand musicien. 
Wolfram Van Mechelen et Ludovic Bataille sont au violon, Rhea Vanhellemont est l’alto et le pupitre de violoncelle est tenue par Pieter-Jan de Smet.

Le contrebassiste Clemens Van der Freen et le batteur Jonas Burwinkel complètent la distribution.
 

Le quatuor ouvre le bal, pour la première pièce Awakened Heart .

Immédiatement, ils vont installer le climat de cette suite. Un climat où va régner une magnifique sérénité, avec parfois une inspiration issue de la musique française du début du XXième siècle, et notamment Maurice Ravel.

Un dialogue délicat, précis se met en place : ici, le discours musical sera très équilibré, entre les notes éthérées du pianiste, les belles nappes des cordes, et la rythmique.
Le swing ne tarde pas à débuter, notamment grâce à la pulsation générée par le batteur, totalement habité par son rôle.

Un sentiment de plénitude règne, dans ce début de concert. Un sentiment d’une totale communion entre les sept musiciens.
Fred Hersch dirige discrètement ses camarades d’un soir,  qui ferment souvent les yeux lorsque le piano prend un solo, comme pour mieux ressentir les notes.

 

Nous sommes priés de ne pas applaudir entre les huit mouvements, mais il est très difficile de résister à la tentation.

 

Parfois, une couleur venue d’Amérique latine vient teinter délicieusement le concert, avec un rythme très chaloupé, des cordes parfois très légèrement (et volontairement) dissonantes.

Fred Hersch, outre son talent de pianiste, nous démontre également qu’il sait admirablement composer une partition pour un ensemble à cordes.
On connaît le mélodiste, on connaissait moins ses talents de compositeur pour une petite formation que l’on rencontre habituellement dans le monde de la musique dite « classique ».

Il faut dire que durant son enfance, il a été baigné par l'écoute de nombreux quatuors classiques.

On comprend ceci, en écoutant attentivement toutes les subtilités des beaux contrepoints au dessus de partie du piano, et des figures stylistiques en jeu.
 

Une magnifique pièce, Mara, sera entièrement interprétée par les cordes, dans une inspiration très musique romantique.

La pièce donnant son titre à l’album est interprétée au moyen de pizzicati, les instruments se passant le relai pour les jouer, dans un très bel effet de latéralisation.
Les spectateurs apprécient pleinement.

 

Après cette suite, les sept musiciens interpréteront notamment une adaptation de la Pastorale de Schumann et une version orchestrée du célèbre Valentine.

Les six instrumentistes seront très chaleureusement applaudis, laissant « le patron » seul derrière son clavier.

 

Fred Hersch poursuivra seul son clavier, pour quatre rappels, pas moins.
Le public pourra une nouvelle fois s’émerveiller du toucher, de la sensibilité, de la délicatesse uniques de cet immense artiste, avec notamment une merveilleuse version de Blue Monk.

Une nouvelle fois, celui qui figure parmi les plus grands pianistes de jazz actuels aura envoûté son auditoire.
Une nouvelle soirée sous le signe de la plus grande beauté musicale.

Le troisième et prochain concert sera quant lui consacré au Brésil d’un certain Antonio Carlos Jobim. Retour donc en Amérique du Sud.
A suivre...

Fred Hersch - Breath by breath
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