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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Samara Joy en concert au Duc des Lombards

© Photo Y.P. -

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Joy over the Duke !


Ou comment, à 21 ans, Samara Joy a plongé le mythique club de jazz parisien dans la félicité la plus totale.

Samara Joy, l’héritière des plus grandes.
La fille spirituelle et artistique de Sarah Vaughan et Carmen Mc Rae.

La jeune chanteuse à la voix de velours est venue nous présenter quelques titres de son premier album, dans lequel elle est accompagnée par le Pasquale Grasso Trio, ainsi que des standards on ne peut plus célèbres du Great American Songbook.

 

Miss Joy a grandi à New-York, dans le quartier de Castle Hill, dans le Bronx. Elle y réside toujours, d’ailleurs.
Elle a baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance, notamment grâce à ses grands-parents qui dirigeaient dans les années 50 le groupe de gospel The savettes of Philadelphia.

A la maison, on écoutait Stevie Wonder, George Duke ainsi que de nombreux artistes de gospel et de R&B.

Après avoir découvert les comédies musicales au collège, elle a rejoint la chorale de son église, chantant jusqu’à trois fois par semaine pendant près de deux ans.


A la Suny purchase University, elle a été acceptée dans le cursus jazz qui intègre de nombreux et célèbres professeurs.

Le déclic : la version de « Lover Man » de Sarah Vaughan !

Après ses études, elle participera au concours international de jazz chanté Sarah-Vaughan, (il n’y a pas de hasard…) dont elle remportera le premier prix.

 

La carrière est lancée. Une tournée européenne l’a conduite à Paris pour deux soirs.

Ce qui frappe immédiatement, en entendant chanter Samara Joy, c’est la délicatesse, la suavité de sa voix.
Le timbre est clair, posé, la tessiture est impressionnante. Très impressionnante.

Avec une capacité assez rare : elle monte haut dans les aigus de façon très douce, sans forcer le volume, comme nombre de ses consœurs, avec un naturel confondant.

Une impression de douceur permanente se dégage de son style, même si cette douceur peut être parfois trompeuse.

 

Ce soir, elle est accompagnée par trois musiciens très talentueux, Ben Paterson au piano, Malte Arndal aux drums, et Mathias Allamane à la contrebasse.


Les soli des trois guys forceront le respect, notamment celui du contrebassiste qui va se lancer dans un hallucinant jeu au pouce, tout en bas du manche de son instrument. (On se rappelle que c’est lui qui jouait ici même avec Melody Gardot, voici quelques mois.)

 

Les titres vont d’enchaîner de brillante façon, des standards très connus, ou moins célèbres.

C’est sa version de Stardust qui va enflammer la salle. La jeune chanteuse démontre véritablement tout son talent, générant beaucoup d’émotion dans son interprétation.

Les connaisseurs savourent ce magnifique moment musical.
 

Samara Joy ne manquera par de rendre hommage au compositeur de cet immortel standard, à savoir le trompettiste Bix Beiderbecke, décédé à l’âge de vingt-huit ans.

Autre grand moment, ‘Round Midnight, qui ravit le public.
Sans jamais forcer, sans growl, toujours avec cette magnifique technique vocale et cette grande clarté dans le phrasé et les modulations, elle confère au titre de Thelonius Monk un charme et une délicatesse remarquables.

Et puis, à la demande de votre serviteur (si si…) ce sera Lover Man, le célèbre titre écrit par Jimmy Davis, Roger Ramirez et James Sherman pour Billie Holiday.
La salle retient son souffle en écoutant cette magnifique version. L’un des derniers moments du concert.

Alors bien entendu, pour l’heure, Miss Joy ne nous propose pas de compositions personnelles.
Entendrons-nous un jour ses propres chansons ?
Je serais prêt prendre tous les paris.

Retenez bien le nom de celle qui, dans les années à venir, deviendra une figure incontournable du jazz vocal.
Samara Joy.

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