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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Dean Brown & The groove warriors en concert au New Morning

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Du groove, du groove, du groove, chantait naguère Michel Jonasz

Du groove, les heureux aficionados présents hier au New Morning en voulaient, ils ont en eu !

Dean Brown et ses trois compères avaient en effet posé leurs flight-cases dans les coulisses de cette mythique salle parisienne pour dispenser leur message et leur art !

Du groove et du meilleur, croyez-moi !

Dean Brown.
Ou comment faire chanter, crier, hurler, murmurer, comment malmener pour la bonne cause une stratocaster Fender.

Celui qui a joué avec Marcus Miller, Eric Clapton, Billy Cobham, George Duke, Victor Bailey ou encore les frères Brecker et bien d’autres, celui-là va une nouvelle fois démontrer sa virtuosité et son impressionnante propension à tirer de la Fender en question des rythmes en béton à base d’accords complexes, des riffs hallucinants, des improvisations très inspirées.

Dean Brown, celui qui vous démontre tout ce qu’on peut faire avec une guitare électrique.

Armé d’un impressionnant pedal board, il utilise toutes les possibilités techniques, le fuzz, le phasing, la reverb, le wah-wah par moment, pour nous démontrer qu’il est encore et toujours l’un des techniciens les plus doués de cet instrument.


De plus, c’est un vrai bonheur de le regarder jouer, avec ses mimiques, ses grimaces, ses petits pas de danse, ses coups de pieds en l’air.


Bien entendu, cet homme sait s’entourer, avec également trois pointures, trois des plus grands spécialistes de leur instrument dans leur domaine.

C’est l’immense Dennis Chambers en personne qui va ouvrir le feu.

Avec un magistral coup de kick, suivi d’un premier groove incandescent. D’entrée de jeu.
Lui, fait en sorte que dès la première mesure du premier titre, vous soyez pris dune irrésistible envie de bouger, de danser.

Lui aussi a déjà joué avec beaucoup de monde : John Scofield, Tom Coster, George Duke, Carlos Santana, John Mc Laughlin, Mike Stern, Parliament/Funkadelic, j’en passe et non des moindres.

Dennis Chambers, l’un des batteurs les plus doués techniquement parlant, Dennis Chambers est pour moi un mystère.

Comment peut-il, avec la sérénité qui est la sienne, avec cette impression de tranquillité, de délicatesse, comment peut-il délivrer ces rythmes incandescents, monstrueux de groove brûlant.
Dennis Chambers, la force tranquille.

Ce qu’il va une fois de plus nous montrer et nous faire entendre va sidérer le public en général et les nombreux batteurs présents dans la salle en particulier.
Hallucinant de technique, de précision, de feeling, de rigueur métronomique, cet homme serait-il le rythme incarné ?

Coups de grosse caisse au fond du temps, breaks jouissifs, descentes des cinq toms grandioses, roulements et frisés impressionnants, capacité de transcender la mesure, ce homme est lui aussi une bibliothèque de toutes les possibilités de la batterie.
De plus, il est complètement ambidextre, ce qui procure des images stupéfiantes.

C’est un véritable bonheur de le regarder et de l’écouter.

© Photo Y.P. -

Tout comme son camarade bassiste, un certain Victor Wooten, celui qui participa voici quelques années à une tournée mondiale en compagnie de deux de ses collègues, Stanley Clarke et Marcus Miller.

Lui aussi va nous sidérer.
Avec sa basse pourvue d’une manette de vibrato (c’est rarissime), avec ou sans looper, il va nous ravir et nous impressionner durant l’heure et demie que va durer le concert.

Le duo Chambers/Wooten va nous donner bien des fourmis dans les jambes et des frissons dans tout le corps.
Ces deux-là s’entendent comme larrons en foire pour délivrer ce groove infernal et si jubilatoire.

Aux saxophones ténor et alto, Bob Franceschini n’est pas non plus un manchot.

Ses soli, ses lignes mélodiques s’inscrivent parfaitement dans le discours musical du groupe.

C’est lui qui se charge des mélodies harmoniques des différents titres, arc-bouté comme un boxeur prêt à en découdre à chaque instant.
Lui aussi a « électrifié » ses instruments grâce à tout un panel de pédales d’effets.


Le quatuor nous propose donc une dizaine de titres, tous plus inspirés les uns que les autres.

Les tempi sont variés.
Lors du rappel, Denis Brown nous demandera de choisir : « slow or fast ? »
La réponse unanime permettra de conclure le show avec le titre Hail à la furieuse vélocité.

Tout le public ressort du New Morning complètement sonné et dans un état de félicité avancé.

Ce quatuor est de ceux pour lesquels nous ne pouvez vous empêcher de penser : «mais comment font-ils donc, comment peut-on jouer de cette façon, ces quatre types-là sont-ils humains ? »

Un immense moment musical !

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