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Les sœurs Bienaimé

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Mes bien chères sœurs, mes bien chères sœurs,

Reprenez ce vieux toit toutes en chœur ?

 

Pas si simple...

Bienvenue en pays cévenol !

Bienvenue dans cette vieille bergerie ayant connu des jours meilleurs, et qui appartient aux sœurs Bienaimé.

Michèle et Pascale.

Deux frangines qui ne se sont pas vues depuis une vingtaine d’années, séparées en assez mauvais termes.

Michèle, infirmière, est restée sur place, pas très loin de la propriété familiale.

Pascale a gagné la capitale, a épousé un galeriste.

Mais aujourd’hui, Pascale revient. Avec de nouveaux projets.

Seulement Michèle ne sera pas forcément en phase avec sa petite sista.

Entre les deux filles, nous ferons la connaissance de Rémy Fouillard, copain d’enfance, berger-éleveur de chèvres de son état.

Brigitte Buc a écrit une comédie douce-amère, dans laquelle elle va nous présenter trois personnages hauts en couleurs et fort attachants.

Durant une heure et demie, nous assistons à des retrouvailles, certes géographiques, mais également et peut-être surtout familiales des deux frangines. Une sororité au sens premier du terme à retrouver.

Des non-dits, des rancœurs, des rancunes mêmes peuvent exister, et en l’occurrence existent.

On peut être sœurs, avoir été très proches, avoir passé ensemble la même enfance, avoir eu les mêmes parents, les souvenirs que l’on de cette enfance-là peuvent fortement différer.

Avec une écriture qui va distiller petit à petit les principales informations concernant les trois personnages, l’auteure nous propose trois beaux portraits humains.

Certes, nous allons rire, souvent même, mais nous ne pourrons faire autrement que de ressentir beaucoup d’empathie pour ces deux femmes, et ressentir un grand intérêt pour découvrir petit à petit leur histoire.

Car Brigitte Buc nous distille au compte-goutte ce que nous avons à savoir. Les morceaux du puzzle se mettent en place au fur et à mesure…
En compagnie de Gersende Michel, elle assure la mise en scène, dans une belle scénographie, où le monde de l’enfance sera évoqué de bien belle façon.

La progression dramaturgique est réussie, même si l’on sait ici que je ne suis pas plus fanatique que cela des noirs-plateau. Pour autant, les judicieux parti-pris fonctionnent bien.

Pour son retour sur les planches, Valérie Lemercier campe avec la présence, le charisme et également la vis comica qu’on lui connaît cette sœur aînée.

Cependant, elle nous démontre une nouvelle fois sa capacité à dépasser « la grosse cavalerie » pour interpréter avec beaucoup de subtilité et de finesse cette Michèle-là.

Bien entendu, ses ruptures, ses mimiques et sa gestuelle toujours étonnantes et irrésistibles, sa capacité à camper un personnage souvent un peu « limite », tout ceci tire bien des rires aux spectateurs, mais ici, la comédienne a su dépasser tout ceci pour donner une vraie profondeur psychologique à sa Michèle.

Son duo avec Isabelle Gélinas fonctionne à la perfection.

Melle Gélinas est en effet l’autre sœur, celle qui est partie, celle qui revient, parce qu’elle ne peut finalement faire autrement.

Elle aussi va faire fonctionner les zygomatiques des spectateurs, elle aussi va nous rappeler sa grande capacité à faire rire, tout en nous intéressant au passé de son personnage.

Au delà de leurs différences, tout le propos pour les comédiennes est de montrer au fur et à mesure de ces quatre-vingts minutes ce qu’elles ont en commun.

Et puis au milieu des deux filles, Patrick Catalifo est parfait dans son personnage de paysan bourru, ronchon, peinant à avouer ses sentiments.

Le comédien est lui aussi épatant dans son rôle qui consiste à tenter de faire le lien entre les deux, à servir de «tampon » entre les deux, brinquebalé entre les deux sœurs…

On passe donc un très bon moment au Théâtre Antoine, avec ce trio de personnages qui nous réserve bien des surprises, et ces comédiens dont l’excellence n’est plus à démontrer...

Sinon, les amateurs de pull Jacquard, de flamenco, de castagnettes et surtout de sirtaki se régalent !

Es la historia de un amor,
Como no hay otra iguál,
Que me hizo comprender...

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