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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

La Cerisaie

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Serf, serf, affranchis-toi,
Ou le présent ne changera pas…

Oui, le changement, c’est maintenant.
Le changement, maître-mot de Tiago Rodrigues, concernant sa plus que déconcertante et déroutante Cérisaie.

Une version qui m’a fait me poser nombre de questions parmi lesquelles les trois suivantes...

Pourquoi Tiago Rodrigues essaye-t-il de nous faire rire avec des artifices totalement gratuits, comme dans cette scène où cet acteur se plante devant nous et remonte tout à coup avec application et délectation la fermeture éclair de sa braguette ?
Qu’est-ce que ceci peut bien apporter à ce chef-d’œuvre, comme nombre d’autres situations gratuites dont sont émaillées les cent-cinquante minutes de ce spectacle ?

Pourquoi Tiago Rodrigues chahute-t-il à ce point le grand Tchekhov ?
Les grands auteurs sont faits pour être chahutés. La n’est pas le problème.
En revanche, encore faut-il que ce chahut-là respecte le propos du texte et les intentions de l’auteur en question.
Le futur patron du festival d’Avignon prend beaucoup trop de libertés par rapport aux intentions du grand Anton.
Oui, la Cerisaie est une comédie. Certes. Mais c’est avec ce qu’a écrit et voulu Tchekhov que nous devons rire. Et seulement ce qu’il a écrit et voulu.

Pourquoi, une nouvelle fois, Isabelle Huppert semble-t-elle être livrée à elle-même, minaudant, poussant des petits cris, des petits rires, trépignant, geignant, paraissant même incarner par moments un personnage ivre ? (C’est vraiment ce que j’ai ressenti…)

Heureusement, les quelques minutes des deux heures trente que dure la pièce où Marcel Bozonnet intervient, ces quelques minutes-là sont merveilleuses.
L’ancien patron de la Comédie Française campe un bouleversant Firs.

Il faut noter également la jolie scénographie de Fernando Ribero, avec des arbres métalliques dont les fruits sont non pas des cerises, mais de magnifiques lustres tous différents les uns des autres.

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