Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Mozart Group, Globetrotters

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Mozart… Vous avez dit Mozart ?
Comme c’est Mozart !

Ils sont de retour à Bobino, les quatre musiciens virtuoses du Mozart Group !
Un quatuor déjanté et ô combien talentueux, qui va nous prouver une nouvelle fois que Mozart mène à tout à condition d’en sortir.

Et quand on a le formidable sens de l’humour de ces quatre-là, c’est encore mieux !

Sur le plateau, nous attendent quatre chaises. Normal.
Quatre pupitres. Normal aussi.

Une bouilloire rouge qui dépasse un peu.
Beaucoup moins normal, déjà, en ce qui concerne un concert d’un quatuor de musique de chambre.

Ils arrivent enfin, les compères polonais.
Filip Jaslar, premier violon, Michal Sikorski, second violon, Pawel Kowaluk à l’alto et Boleslaw Blasczyk au violoncelle.

Cette fois-ci, l’argument du spectacle repose sur leurs vingt-cinq années de métier à jouer dans le monde entier, à savoir plus de cinquante pays.
Ils nous proposent un voyage musical en quatre-vingts… minutes, mais avec néanmoins un certain Jules Verne à la voix off.

C’est l’Italie qui est le premier pays visité.
Et nous de comprendre immédiatement à qui nous avons affaire.

Ces quatre-là sont des virtuoses, vraiment, tous diplômés des prestigieuses académies de musique de Varsovie et de Lodz.

La technique instrumentale irréprochable est bel est bien là.
Pour vous donner un ordre d’idées, interpréter le début du caprice N° 13 de Paganini, même avec des cornes lumineuses sur le tête, ceci n’est pas donné aux élèves de première année de violon…

Mais ne nous y trompons pas. I
Ils vont jouer, certes, du Mozart, mais pas que, et surtout, ils vont nous faire rire !

Enormément rire !

Parce que tous ces tubes de la musique classique archi-connus, ils vont les détourner, les interpréter à leur manière, les incorporer à des musiques beaucoup plus modernes, les parodier, mais également parfois les écorcher volontairement.

Pour vous donner un exemple, on peut être quatre musiciens à cordes et quatre garçons dans le vent. (et je n’en dis pas plus...)

Il faut beaucoup de pratique, de technique et de conscience musicales, pour jouer faux volontairement.
Jouer faux, tout le monde peut y arriver, mais jouer faux volontairement, et à chaque concert la même fausseté, c’est une autre paire de manches blanches à boutons de manchettes.

Ces quatre gaillards ont plusieurs cordes à leur arc. Ce sont également des comédiens, des mimes, des artistes polyvalents et accomplis.

Le concert, burlesque, enchante les spectateurs qui vont découvrir que l’on peut également jouer d’étranges instruments : on peut jouer du pupitre, de la flute à coulisse, du révolver (la scène est d’une troublante actualité et fait un peu froid dans le dos…), et d’autres divers ustensiles que je ne vous révélerai évidemment pas.

Une séquence musico-sportive est hilarante. (Avec un coup de chapeau à l’ingénieur du son qui a dû sonoriser une….. Non, n’insistez pas, vous n’en saurez pas plus…)

Une grand moment du show est consacré à la musique française, qui nous prouve l’étendue du répertoire des quatre compères : Bizet, Satie, Kreutzer, Offenbach, Gounod, Ravel, sans oublier, et comme j’en fus heureux, Stéphane Grappelli.

Comment parler musique sans aborder les musiques actuelles : le rap et le hip-hop sont également au programme, dans une séquence délirante de drôlerie.
Nous comprendrons au passage qu’on peut scratcher avec un tout autre accessoire qu’une platine Technics 1200…

La covid est passée par là, depuis leur dernière venue en France.
Johann Strauss a du s’en apercevoir, là où il est, avec cette version désopilante du Beau Danube (et du masque) bleu.

Et puis, un peu de science-fiction ne peut pas nuire. Que se passerait-il si un système informatisé par GPS faisait office de chef d’orchestre ?
Filip, Boleslaw, Michal et Pawel y ont songé pour nous.

Et puis, qu’ils en soient remerciés, nous allons faire de fulgurants progrès en ce qui concerne l’apprentissage de leur langue d’origine. Crocodile !

Durant cette heure un quart, les fou-rires gagnent la salle en permanence, les éclats de rire montent à tout moment.
Les spectateurs sont sidérés et totalement séduits par ce magnifique mélange de virtuosité musicale et de comédie burlesque.


Nos zygomatiques sont mis à très rude épreuve !

Ne manquez pas ce spectacle irrésistible de drôlerie qui vous fera réviser vos classiques de façon on ne peut plus passionnante.

Ogromne podziękowania kieruję do czterech muzyków grupy Mozart !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article