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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Virginie Hocq ou presque

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Mais trêve de carabistouilles, sais-tu !
Ah ça ! Mais les services diplomatiques du roi Philippe auraient-ils décidé d'implanter une ambassade de Wallonie au Tristan Bernard ?

Pour ce nouveau spectacle de la nivelloise Virginie Hocq, c'est la voix du Bruxellois Stromae qui nous accueille dans les enceintes acoustiques du théâtre.
« Papa où t'es ? »

Le papa en question, celui de Melle Hocq, il a glissé, nous apprendra-t-elle. Il est parti en lui laissant le soin organiser une cérémonie funèbre comme peu de cérémonies funèbres sont organisées.

Et donc forcément, elle doit déménager l'appartement paternel.
D'où sa présence devant nous, cheveux relevés en chignon, au milieu d'un vrai foutoir de cartons et d'objets plus hétéroclites les uns que les autres.

Pour un spectacle qui déménage, c'est un spectacle qui va déménager !

Avec déjà cinq one-woman-shows à son actif, la comédienne-humoriste a décidé de nous proposer une heure et trente minutes des plus originales.
Un spectacle qui tiendrait à la fois du plus déjanté et du plus drôlissime seul en scène, mais aussi de la confession, et peut-être même d'un début de psychanalyse sauvage.

Virginie Hocq va évoquer les grandes étapes de sa vie, parce que ces étapes qui sont siennes sont également les nôtres.

Elle va nous parler du temps et de l'âge qui passe, (mais pas pour elle évidemment...), du vieillissement qui nous attend tous, (sauf elle, bien entendu...), du refus de la déchéance (elle, elle veut « continuer à se laver le kikounou toute seule ! »...), du départ inéluctable de chacun (excepté sa pomme...).

Le départ du papa est le prétexte à une forme de catharsis et d'exutoire.

Mise en scène par Johanna Boyé, l'humoriste va s'en donner à cœur joie.
Il faut dire que les deux demoiselles se connaissent bien.
Déjà ici même, au Tristan Bernard, je vous avais narré leur fructueuse collaboration, en compagnie de Zinedine Soualem, dans C'était quand la dernière fois.

Cette fois-ci, le plateau est divisé en trois parties, (à jardin l'espace « jeu et concours », à cour le coin « confession », et au milieu une tournette faisant apparaître différents espaces, au dessus de laquelle est suspendue une grosse ampoule très symbolique et qui a une fâcheuse tendance à prendre de la hauteur.

Grâce à la précision de la metteure en scène, à son sens du placement et du déplacement d'un corps sur un plateau, grâce également à la faculté qu'a Johanna Boyé à instiller une fluidité dans la mécanique dramaturgique, différentes séquences vont pouvoir se succéder, toutes aussi hilarantes les unes que les autres...

Nous allons faire la connaissance de personnages hallucinés, nous saurons les problèmes de l'adolescence, de la couche confiance de certaines pensionnaires en EHPAD.
Nous jouerons, également. Si.

Certains d'entre nous repartiront même avec de magnifiques cadeaux, tirés du déménagement, forcément, comme hier soir une lanterne rouillée, ou encore un ustensile pour se masser le crâne.

On connaît la formidable vis comica, l'énergie, l'abattage, l'immense force comique de l'humoriste. Elle, son truc, c'est de jouer avec le public.
Une nouvelle fois, elle ne va pas se priver de dialoguer avec les spectateurs.
Une nouvelle fois, elle va nous faire hurler de rire.

On sent de manière on ne peut plus palpable le plaisir, le bonheur et sans doute le besoin de communiquer avec le public, la nécessité de lancer la balle, d'établir des ponts, des passerelles, des liens, des aller-retours, souvent.

 

(Votre serviteur ne s'en est pas privé. Alors qu'elle demandait si nos connaissions son surnom, enfant, j'ai proposé « La bique »... La bique Hocq me paraissait un bien beau sobriquet maison...
Elle a ri et noté mon calembour. J'étais fier, vous pensez bien...)

Ses adresses à nous autres qui sommes pris à partie, ses ruptures, ses regards et autres double-takes, ses allusions à la sexualité la plus débridée, ses double-sens, ses sous-entendus grivois mais hilarants, son accent qu'elle force parfois, tout ceci est épatant de drôlerie, d'humour souvent corrosif, toujours spirituel.

Oui, pour rire, nous rions ! Et qu'est-ce que ça fait du bien !

Et puis au moment où l'on s'y attend le moins, une véritable émotion, vraie, juste, prend le dessus. Un moment très touchant, d'une grande sincérité.

Il faut noter que pour ce spectacle, la comédienne n'est pas seule sur scène.
A ses côtés nous n'allons pas tarder à découvrir...
Eh ! Oh ! Et puis quoi encore ! Hashtag #NousOnSait !

Ah oui, a...ors, ...'est u...e ...u...ain de ...elle ...oi...ée ...ui ...ous a...end au ...héâ...e i..an ...e...a...d !

Et les consonnes, me direz vous ?
Allez applaudir Virginie Hocq ! Vous saurez alors !


Et sinon, vous, vous êtes plutôt Méphisto ou Birkenstock ?

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