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De la cour au jardin

Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Karine Dubernet, seule en scène dans Souris pas !

© photo Y.P. -

© photo Y.P. -

E.C.G.
Flat line !

Flash back !


1974... L'année des K, selon sa maman qui aurait préféré avoir un chien.
D'où Karine.... A quoi ça tient, tout de même...

Durant cette heure et quart, la désopilante Karine Dubernet va remonter le temps, un peu comme dans Retour vers le futur, pour s'arrêter sur une quinzaine d'années-charnière de sa vie.


Oui, désopilante ! Vraiment !
Vous en connaissez beaucoup, vous, des artistes qui réussissent le tour de force de plonger la très difficile salle du Point virgule dans un fou-rire généralisé ?

Ce fut le cas, hier, pour cette première tant attendue par Melle Dubernet de la reprise de son spectacle.

Quelle vis comica ! Quelle force comique émane de cette jeune femme, dans sa pourtant très classique robe-bustier noire.

Une solide formation clownesque (elle en parle) explique sans aucun doute cette réelle capacité à nous faire beaucoup rire. A ce sujet, elle nous en présente un surréaliste, de clown, ce qui aboutit au fou-rire déjà mentionné.

A partir d'un texte très écrit, très construit, (Ah ! Mais comme ça fait du bien de constater qu'un seul-en-scène peut être très bien écrit, avec un vrai style à quatre mains, puisque co-écrit avec Carole Greep, avec de vraies formules, des métaphores irrésistibles et autres vannes drôlissimes), la comédienne va raconter sa vie, certes, mais ce faisant, elle va surtout mettre en évidence des problèmes et des faits de société qui se sont posés à elle.

De ses expériences vécues, Karine Dubernet va nous amener à réfléchir sur la différence et l'altérité.
Une vraie réflexion concernant la condition féminine, l'homosexualité en général et féminine en particulier nous est proposée, mais sont également évoqués le poids de la religion, certains génocides, sans oublier la suprématie masculine dans bien des domaines.

De jubilatoires moments concerneront également les intermittents du spectacle, et leur exode avignonais.
Une bonne dose d'auto-dérision est là pour nous montrer qu'elle sait rire d'elle-même, pour faire ensuite fonctionner nos zygomatiques à plein régime.

Autre talent de la demoiselle : les accents.

Durant le spectacle, elle incarne de multiples personnages qui ont jalonné son existence.
C'est notamment par le biais des accents juif séfarade, allemand, yougoslave, ou encore camerounais (le père Zéphyrin est irrésistible...), qu'ils prennent corps devant nous, ces personnages importants dans la construction de la petite Karine.

Mais attention !
Derrière le rire, pointe souvent beaucoup d'émotion. Parfois, nous n'en menons pas large...
Ce rire serait-il un bon moyen de conjurer de grandes peines ?
Allez savoir...

En tout cas, ce qui est certain, c'est que la comédienne ne se ménage pas.
Mise en scène par Philippe Awat, elle n'arrête pas. Que d'énergie, que d'engagement ! Comme tout ceci est physique !
Elle finit complètement en nage. Nous voyons bien la sueur qui coule.

Les utilisations de sa robe sont également très judicieuses, et servent complètement le propos.

Oui, ces soixante-quinze minutes sont très souvent hilarantes.
Il est d'ailleurs un signe qui ne trompe pas : Anne Bigou, à la technique (coup de chapeau à elle, car cerise sur le gâteau, ce spectacle comporte une multitude d'événements lumineux et sonores), Anne Bigou, donc, rit de ce qu'elle voit, elle qui connaît pourtant bien le spectacle.

Je vous conseille vraiment ce seule-en scène.
Remarquablement co-écrit (je me répète), interprété avec un réel talent, le spectacle de Karine Dubernet fait partie de ceux qui vous procurent un vrai rire à la fois sain et salvateur.

Et vous qui habitez Montluçon, et qui plus est, aimez le Bordeaux et les devinettes concernant les cow-boys, je vous le conseille doublement !

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