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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

[Reprise] Une histoire de France I & II

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Rançon du succès oblige, Maxime d'Aboville, en instituteur-hussard noir de la troisième République, retrouvera ses plumes Sergent-Major, sa blouse grise et sa carte Vidal-Lablache, et ce, tous les samedis du 29 février au 27 juin au Poche Montparnasse.

Il y redonnera ses deux leçons d'Histoire de France, à 15h00 pour la première et à 16h30 pour la seconde.

Qu'on se le dise !
Voici ce que j'écrivais en février 2018.

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C'est une célèbre carte Vidal-Lablache représentant l'évolution du territoire français de 981 à 1871 qui attend les spectateurs sur le plateau du Poche-Montparnasse.


Le décor est ainsi planté, nous voici dans une salle de classe, nous sommes des élèves de CM1 qui attendons M. d'Aboville, l'Instituteur sévère mais juste, vaillant hussard noir de la troisième République.


Il entre côté cour, (forcément...), en blouse grise, gilet de flanelle et nœud papillon.
Son tout premier regard est magnifique et nous dit tout : il fronce les sourcils, il jauge sa classe.
C'est lui le Maître, et de ce premier regard, il s'assure du silence et de l'attention de ses ouailles.

La leçon peut commencer.


Ce n'est donc pas un one-man-show dans lequel le comédien raconterait SON histoire de France.
Non. Le filtre du théâtre est bel et bien là : c'est un instituteur qui donne sa leçon. Mieux, qui vit les grandes
heures de notre patrimoine historique.


Cet enseignant va vibrer pour nos héros nationaux, il se voit sur les champs de bataille, il mime de sa férule les combats et autres assassinats qui émaillent notre histoire.
Sa blouse lui sert de bouclier, de manteau, et simule parfois un corps à terre.


Maxime d'Aboville a repris ce spectacle composé (pour l'instant?) de deux parties : la première court de l'an Mil à Jeanne d'Arc, la seconde que j'espère voir devenir deuxième couvre la période allant de 1515 à la mort de Louis XIV. Voir les deux épisodes à la suite est une très bonne idée.


Le comédien-auteur a utilisé les textes de grands écrivains et/ou historiens tels que Michelet, Saint-Simon, Dumas, Chateaubriand, ainsi que d'autres et non des moindres.
Il a écrit les transitions, il a parsemé le texte de bons mots, de références actuelles.
Tout devient ainsi très vivant, très drôle aussi, créant une véritable épopée.


Comme il l'écrit dans le dossier de presse, « [..] on peut parfois contester la valeur scientifique des écrits des grands historiens du XIXème siècle [...] »
Maxime d'Aboville donne dans le roman national, pour reprendre un concept cher aux actuels jeunes historiens-chercheurs, par opposition à leur conception d'un rigoureux enseignement scientifique de l'Histoire de France.


Qu'importe : ici, je le répète, c'est bien un instit' laïcard de la troisième République qui enseigne.
J'en veux pour preuve le runing-gag concernant les « photos » montrées au public. Les amateurs de planches Rossignol (de Montmorillon) se régalent !


Le comédien est véritablement excellent, incarnant ce Maître d'école passionnant et passionné.
Il faut voir son air jovial et exalté, l'oeil brillant lorsque les troupes françaises collent la pâtée à la perfide Albion !
En revanche, Crécy (1346), Azincourt (1415) le plongent dans le désespoir le plus profond, il est au bord des larmes...
Ces moments-là sont purement et simplement jubilatoires !


Il prend également le public à partie, jouant avec les élèves que nous sommes, nous posant des questions concernant les dates ou les grands évènements, apostrophant certains « cancres » n'ayant pas éteint leur téléphone.


Il bondit sur scène, il mime les charges de lourdes cavaleries, il pourfend l'air de sa terrible et redoutée baguette !
Le rythme, la fougue, le panache sont omniprésents.
On rit énormément, il est vraiment très drôle, très spirituel.


Tout ceci est de la très belle ouvrage.
C'est un moment de théâtre qui rappelle à certains bien des choses, c'est un spectacle un peu nostalgique et en même temps très actuel.
M. d'Aboville, Maitre du CM1 de l'école Poche, Monsieur l'Inspecteur de l'Education nationale chargé de la Circonscription Montparnasse augmentera à coup sûr votre note pédagogique.

Maxime d'Aboville, votre leçon d'histoire de France est assurément une leçon de théâtre !

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