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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Manu Katché en concert

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

On est là, on est là, et comme Manu le veut, nous on est là !


Manu Katché. Le batteur des stars, la star des batteurs.
L'un des musiciens français ayant le plus tourné dans le monde entier, avec notamment Peter Gabriel, Sting, Joan Armartrading, Joni Mitchell, Tears for Fear, Robbie Robertson, Paul Young, Youssou N'Dour, Joe Satriani, Tracy Chapman, sans oublier les artistes français Jonasz, Sanson, Cabrel, Voulzy, Eiicher ou encore le pianiste de jazz Michel Petrucciani.


La grande salle de la Scène nationale de Sénart s'obscurcit.
Une nappe synthétique grave monte du système audio. L'écran vidéo en fond de scène se met à rougeoyer.
En contre-jour, Manu Katché, casquette sur la tête, rejoint de sa démarche caractéristique, un peu voûtée, sa batterie rouge Yamaha, avec les deux célèbres petites cymbales bell 6 et 8 pouces.

Ses trois compères s'installent. Jérôme Regard, à la basse électrique, Patrick Manouguian à la Télécaster Fender et Jim Henderson, derrière son Norlead Stage rouge et son Piano électrique Rhodes.

C'est ce dernier qui a co-réalisé avec le batteur son dernier album The Scope.

Dès le premier titre, le public retrouve le phénoménal jeu de Manu Katché, avec notamment cette incroyable main droite, distillant tel un métronome les quadruples-croches sur la charleston fermée.
Les nombreux batteurs présents dans les gradins apprécient en connaisseurs.
Une incroyable délicatesse dans les frappes associée à un jeu très enraciné, une véritable élégance gestuelle, un groove immédiatement identifiable, des breaks inspirés, des relances épatantes, tout est là !

Ce sont les titres de The Scope qui vont servir de playlist à ce concert.
Mister Katché nous prévient juste après les deux premiers titres, après nous avoir souhaité la bonne année : il a voulu tenter une nouvelle direction, trouver de nouvelles pistes artistiques et musicales.

Cette nouvelle voie, c'est une production très électro, avec des machines, des samples, des loops.
Pour se confronter à la nouvelle génération, nous précise-t-il. Pour essayer autre chose.

Autre chose que le jazz.

Je dois vous avouer que certains titres m'ont paru assez froids, ne reflétant pas leur production sur l'album. Durant quelques morceaux, parfois se ressemblant assez, il ne régnait d'ailleurs pas une folle ambiance dans la salle, malgré les rythmes et pulsations presque disco, ou en tout cas très dance.
Ma voisine a même fort justement trouvé que Daft Punk n'était pas très loin, par moments.

Les trois musiciens ont toute leur place dans le show, avec de nombreux soli, dont un assez étrange de Jérôme Regard à la basse, qui terminera accroupi à régler ses différentes pédales d'effet.

Des invités seront présents, mais en vidéo seulement.
Il y aura notamment un titre hip-hop avec Jazzy Bazz, un rappeur de 26 ans, qui vantera avec le titre « Paris me manque », le « Paris d'avant ».
Juste un petit conseil, M. Katché : méfiez-vous du « C'était mieux avant ! ».

Et puis vient le moment tant attendu : le solo du patron.
Les baguettes se déchaînent, l'une se casse et finit par virevolter dans les airs.
Manu Katché rappelle à tout le monde pourquoi tous les artistes nommés ci-dessus l'ont appelé.
Quelle puissance, quelle finesse, quelle technique, quelle sensibilité !
Ce solo restera longtemps dans les mémoires des spectateurs qui réservent une véritable ovation au batteur.

Il faut noter que Manu Katché et le claviériste Jim Henderson s'emparent parfois du micro pour chanter, comme dans le titre Glow.

Le concert s'achèvera par la participation demandée au public.
« Les femmes » chanteront une ligne mélodique, « les hommes » un petit gimmick rythmique.

Les rappels arrivent.
Avec un dernier titre qui moi m'a fait retrouver le Manu Katché que je préfère : le jazzman.
Le monstrueux groove jazz-funk reprend tout ses droits, comme celui du concert au festival Jazz à Vienne auquel j'ai assisté en 2014, avec Richard Bona à la basse et Eric Legnini au piano.

Je n'aurai garde d'oublier de mentionner le très joli son FOH dû à Thibaut Joly, avec notamment la différenciation permanente dans la perception du kick et des basses.

Merci beaucoup M. Katché pour cette soirée, mais n'oubliez quand même pas le jazz.

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